Allier / Loire amont : seuls 28 % des eaux de surface sont en bon état écologique

Par Annabel Walker sam 29/05/2021 - 12:00 , Mise à jour le 29/05/2021 à 12:00

Jusqu’au 1er septembre prochain, chacun peut participer à la consultation sur le nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux sur le bassin Loire – Bretagne. Objectif : lutter contre les micropolluants, restaurer la qualité des eaux, s'adapter au changement climatique, rendre les seuils franchissables et protéger les zones humides.

« En une heure, à une vingtaine de volontaires, on a ramassé 150 kg de déchets le long de la Loire à Pont de Lignon, dont 70 % de plastiques. » Anaëlle Marot raconte son étape du 16 mai dernier à la centaine de participants du débat sur l’eau organisé en-ligne et en présentiel par l'association SOS Loire Vivante avant son assemblée générale le 18 mai dernier. Partie du mont Gerbier de Jonc le 2 mai, elle a rejoint Pont de Lignon à pied, avant de descendre toute la Loire jusqu’à Saint-Nazaire en kayak pour une excursion militante de trois mois en revenant à la source du fleuve à vélo (le projet Azur). Chaque dimanche, elle invite les associations locales et les citoyens lambda à ramasser les déchets sur son passage. « Il n’y a pas que des écolo, c’est ça la force du projet », lance-t-elle avec un enthousiasme communicatif malgré le distanciel en visio.

> Lire le compte-rendu d’AG de SOS Loire vivante :

Car l’eau est un bien précieux et c’est à chacun de le préserver. « Le plastique ne dépend pas de la politique de l’eau, informe Aymeric Dupont, responsable planification et stratégie à l’Agence de l’eau, mais la qualité chimique et les micropolluants sont une thématique sur laquelle le nouveau schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (Sdage, Ndlr) 2022-2027 insiste fortement ». Ce projet de Sdage Loire-Bretagne a été approuvé en comité de bassin le 22 octobre dernier. Jusqu’au 1er septembre prochain, chacun peut participer à la consultation qui s’y rapporte ainsi qu'au Pgri (Projet de plan de gestion du risque inondation 2022-2027).

> Répondre au questionnaire en ligne sur sdage-sage.eau-loire-bretagne.fr

« Certains élus nationaux veulent sacrifier nos rivières pour une production d'hydroélectricité dérisoire, certes bas carbone, mais le plus souvent très destructrice et au profit d’intérêts privés ! Il s’agit d’une offensive historique contre les rivières vivantes ! » SOS Loire vivante

Le Sdage prévoit aussi un plan d’adaptation au changement climatique depuis 2018. Plan renforcé dans la nouvelle monture. Il vise également à rendre tous les seuils franchissables. Il s’appuie sur le principe de non régression environnementale issu de la loi biodiversité et entend protéger les zones humides et restaurer la qualité des eaux. En termes d’ambitions, le Sdage Loire-Bretagne vise 61 % de masses d’eau de surface en bon état écologique, contre 24 % en 2019. « On repousse toujours un peu plus les objectifs, regrette Roberto Epplé, le président de SOS Loire Vivante, en 2000 nous avions tous cru en l’objectif de 100 % de la loi directive eau à échéance 2015 et aujourd’hui on n’en est même pas à la moitié ! »

Sur la portion Allier / Loire amont, l’objectif est de 72 % de masses d’eau de surface en bon état écologique, contre 28 % aujourd’hui.
Actuellement, les zones critiques en Haute-Loire se situent entre Langeac et Brioude, vers Yssingeaux et à l’approche de Saint-Etienne. Le bassin du Puy-en-Velay, le Haut-Lignon et le Langeadois sont, eux, classés médiocre ou moyen.

Photo par Agence de l'eau

Pour les masses d’eaux souterraines, l’objectif est de 90 % en bon état chimique sur le bassin Loire-Bretagne, contre 64 % actuellement (sur la portion Allier / Loire amont, ce chiffre atteint 85%).

Face à ces constats, que faire en tant que simple citoyen ? S’assurer que ses élus connaissent les outils mis à leur disposition. Car « la France est en avance par rapport à ses voisins en termes d’outils mais pas forcément en termes d’application », remarque Roberto Epplé. « Tous les élus ne maîtrisent pas forcément le sujet, réagit Celline Gacon, conseillère municipale d’opposition du Puy-en-Velay (EELV) et unique élue à avoir pris la parole dans ce débat, j’en suis la preuve vivante. » Et de regretter le « lobbying de Laurent Wauquiez (président de région, Ndlr) auprès des maires pour créer des retenues collinaires demandées par certains agriculteurs, mais ces réserves d’eaux de pluie s’évapore l’été contrairement aux nappes phréatiques ; alors qu’il faudrait passer à des pratiques moins gourmandes en eau. »

« Les choses évoluent petit à petit, notamment avec la PAC (Politique agricole commune, Ndlr), nuance Aymeric Dupont, même s’il reste des progrès à faire sur la biologie des corus et les pratiques agricoles en particulier. »

Photo par Agence de l'Eau

 

 

 

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