Abandon des armes : "Des gens nous ont même ramené des fusils chargés !"

Par Nicolas Defay lun 05/12/2022 - 12:00 , Mise à jour le 05/12/2022 à 12:00

Du 25 novembre au 2 décembre, une Opération nationale d'abandon simplifiée d'armes à l'Etat a été menée dans le département altiligérien. Résultat ? Impressionnant ! 1 000 armes et 35 000 munitions cédées. Parmi elles, une grenade en état de marche et des fusils...chargés.

Vous faites peut-être partie de ceux qui regardiez jadis le fusil du papi, accroché là, un peu trop haut sur le mur. Vide de cartouche mais empli d'histoire. Et peut-être même que, sur la pointe des pieds, vous l'avez décroché ce fusil, le métal lourd et froid entre vos mains de 8 ans. À ce moment là, vous posiez la cross par terre, appuyiez de toutes vos forces d'enfant pour armer les chiens, puis vous visiez un ennemi invisible qui courait devant vous. Alors venait le fameux "clic", ce bruit que produisait l'impact du fer contre le fer après que votre index ait pressé la détente. Vide de cartouche mais empli de souvenirs.

"C'est vrai que c'est essentiellement des fusils et des carabines issus d'héritage qu'on nous a confiés durant l'opération, explique l'un des policiers présent durant la semaine d'Abandon des armes au Commissariat du Puy-en-Velay. Nous avons récolté chez nous au Puy précisément 367 armes longues,152 révolvers et plus de 16 000 munitions. Sincèrement, nous ne pensions pas à un tel engouement de la part des gens à s'en débarrasser."

Il ajoute en ce cens : "En fait, pour certains, ils ne savaient simplement pas quoi en faire. Pour d'autres, notamment les dames, la motivation était la peur de posséder une arme qui pouvait être potentiellement dangereuse".

Au total, d'après les chiffres de la Préfecture, environ 1 000 armes et 35 000 munitions ont été ainsi confiées dans le cadre de cette action. En parallèle, la détention de 500 armes a été régularisée.

"À l'intérieur, une grenade nous attendait, intacte"

Dangereux est le bon qualificatif pour certaines "prises". Et grandes ont été les surprises qui se cachaient sous les emballages de papier kraft ou les couvertures enroulées. "Nous avons été confrontés en effet à de drôles de découvertes, partage le policier. Des propriétaires sont venus avec des fusils alimentés et chargés ! À chaque fois, nous étions partagés entre la stupéfaction et l'inquiétude."

Autre cadeau loin d'être banal...une vraie grenade : "Une personne est venue cette semaine là avec un carton, poursuit-il. À l'intérieur, une grenade nous attendait, intacte." Les policiers vont prendre également en charge des explosifs et plusieurs obus où aucune mention n'indiquait leur démilitarisation ou pas. "Toutes ces armes sont bien évidement parties au service de déminage", précise-t-il.

Des révolvers calibre 38, des pistolets 9 mm Parabellum, des carabines 22 Long Rifle...

Le dispositif continue ▼

Si vous avez loupé l'Opération nationale d'abandon simplifié d'armes à l'Etat, vous pouvez encore les confier aux brigades de gendarmerie ou au Commissariat de police du Puy-en-Velay.
Pour la régularisation des détentions d'armes, vous pouvez passer par le site du gouvernement ou prendre rdv en préfecture et sous-préfecture de la Haute-Loire.

"Nous n'avons pas eu le cœur de mettre à la destruction quelques spécimens"

Mais dans cet amas de canons, de douilles et de chargeurs, des pièces ont échappé aux concasseurs. "La plupart des fusils abandonnés sont celui du papi, à une époque où presque tout le monde chassait en Haute-Loire, confie le policier. C'était pour beaucoup des armes de moyenne qualité, confectionnés par l'entreprise stéphanoise Manufrance dans les 1950 ou 1970. Par contre, nous n'avons pas eu le cœur de mettre à la destruction quelques spécimens".

D'après le fonctionnaire de police, un monsieur est arrivé au commissariat avec un vieux fusil à silex datant de la fin du XVIIIème siècle. "Celui-là sera par exemple remis à un musée, livre-t-il. Tout comme les quelques armes de la 1er et 2ème Guerre mondiale que nous avons récupérées à l'instar d'un Mauser modèle 1898, fusil standard de l'armée allemande en ce temps".

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1 commentaire

mi

mar 06/12/2022 - 09:48

Le gouvernement a peur du soulèvement de la population sur le plan économique et que la justice ne fait plus correctement son travail par débordement ( augmentation des délits , manque de moyen par l'appauvrissement du pays )