9 mois ferme pour l’ancien SDF à Langeac

Par Nicolas Defay mar 21/12/2021 - 15:30 , Mise à jour le 22/12/2021 à 04:00

Précisément, ce sont 15 mois d’emprisonnement dont 6 avec un sursis probatoire, et maintien en détention. L’ancien sans-abris de Langeac a payé ainsi pour ses accès de violences envers sa compagne et les trois gendarmes présents pour le contenir.

L’histoire se passe le 16 décembre 2021 dans la cité langeadoise. D’après le récit partagé par le prévenu, sa compagne a souhaité voir son ex-compagnon afin qu’ils s’expliquent sur un fait passé de tromperie avec son beau-frère. Elle reste ainsi une grande partie de l’après-midi chez ce monsieur qui habite un logement voisin pendant que le prévenu attend dans l’appartement de sa partenaire. Agacée de ne pas la voir revenir, il la rejoint au domicile du voisin. Toujours selon les dires du prévenu, il est alors accueilli avec un couteau de 30 centimètres.

« Elle s’en va 12 heures, chez son ex ! Normal que je sois énervé, non ? »

Il rejoint de nouveau l’habitation de sa compagne et patiente. Aux alentours de 2 heures du matin, elle rentre enfin mais dans un état apparemment très alcoolisé. « Elle était totalement bourrée !, assure le prévenu. Et c’est vrai que nous avons aussitôt commencé à nous disputer. Elle s’en va 12 heures, chez son ex ! Normal que je sois énervé, non ? ».

Le voisin, ex-partenaire de la femme du mis en cause, constate du remue-ménage chez sa voisine. « Devant la furie de ma femme, je l’ai enfermée dans sa chambre pour qu’elle se calme, continue le prévenu. Puis elle a fini par s’endormir ».

« Elle m’a tout de suite battu au visage et sur tout le corps »

Mais c’est trois heures plus tard que commence une rixe plus sérieuse entre le couple. « À 5 heures du matin, j’ai ouvert sa porte pour qu’on parle, indique l’homme. Elle m’a tout de suite battu au visage et sur tout le corps. Moi, par contre, je ne l’ai pas frappée ! » La présidente du Tribunal soulève alors : « La victime portait pourtant des traces de coup et plusieurs marques violettes sur elle ».

Le prévenu de se défendre : « Mais madame ! Quand on vous tape sur le visage, vous êtes bien obligés de vous défendre ! Je l’ai surtout maintenue par les poignets, simplement ! ». « Alors c’est vous qui êtes la victime, finalement, ironise la présidente. Pourquoi n’avez-vous pas appelé les gendarmes ? » Le mis en cause la regarde fièrement et assène : « Car ce n’est pas mon style de procéder comme ça ».

L’arrivée des gendarmes fait exploser la situation

D’après le rapport, le couple se dispute une grande partie de la journée du 17 décembre. Des coups de pieds et de mains sont échangés, des tirages de cheveux, des cannettes en verre qui volent dans l’appartement comme autant de projectiles. Le voisin, inquiet des bruits qui proviennent de chez sa voisine, finit par alerter les gendarmes. Les militaires arrivent à 15h35.

Et c’est là que commence la seconde étape de l’histoire. Ils mentionnent qu’eux-mêmes entendent bien une violente dispute derrière la porte. Une fois à l’intérieur, l'homme semble intensément excédé. Les gendarmes séparent les deux partenaires et restent avec lui pour tenter de le calmer. C’est l’effet inverse qui se produira.

« Connard ! Fils de pute ! Bande de cons ! »

« Tu vas voir quand tu feras tes courses au Super U, je vais te monter en l’air ! » Les insultes fusent contre les militaires. « Il était extrêmement énervé, affirme l’un des trois gendarmes qui ont porté plainte. Nous avons dû nous contraindre à le menotter ». Le prévenu, son chien avec lui, intime à son labrador/boxer d’attaquer. « Le chien était tout sauf méchant, admet un gendarme. Il était même littéralement terrorisé. Le problème est que monsieur ne voulait pas lâcher la laisse. Et son chien commençait à étouffer ». L’intervention se muscle de plus en plus. Mais les gendarmes parviennent enfin à le maîtriser.

« Je regrette cette parole mais les outrages n’avaient pas de fin »

« Nous avons l’habitude de nous faire insulter, confie l’un des gendarmes. Mais en général, ça ne dure pas. Là, à l’appartement, pendant le trajet, et durant la garde à vue, nous avons été menacés et injuriés sans cesse. » À la barre, un militaire avoue : « C’est vrai que je lui ai répondu de fermer sa gueule. Je regrette cette parole mais les outrages n’avaient pas de fin. » Des outrages que le mis en cause reconnaîtra. « Néanmoins, je m’oppose au fait que j’ai menacé de mort qui que ce soit, avertit l’homme inculpé. Que ce soit l’ex de ma femme ou les gendarmes, je leur ai juste dit que j’allais leur casser la gueule, c’est tout ! »

Les délibérations...

Après trois heures d’audience, la présidente requalifiera les menaces de mort en menaces de déni contre les personnes visées. 9 mois de prison ferme avec maintien en détention plus 6 mois de sursis probatoire sont prononcés. Le prévenu devra également suivre des soins en addictologie ainsi qu’une formation professionnelle pour, à terme, trouver un travail. Il devra enfin verser 500 euros à chacun des trois gendarmes.

« L’énervement de monsieur peut se comprendre parfaitement ! »

Isabelle Mabrut, avocate du prévenu, soulève : « C’est vrai que cette dispute n’aurait jamais dû aboutir à cette extrémité. La compagne de mon client est manifestement la victime. Mais elle a tout fait pour provoquer son partenaire alors que lui mettait en œuvre son possible pour que leur couple dure et évolue dans le bon sens ».

Elle continue : « Pendant qu’elle était chez son ex-compagnon, lui attend sagement chez elle. Quand elle rentre, elle est complètement ivre et déclare l'avoir trompé. L’énervement de monsieur peut se comprendre parfaitement ! » Elle martèle alors : « Je pense que les deux sont responsables de ce qui est arrivé ce 17 décembre. La bagarre n’est pas que le fait de mon client. Il faut que le tribunal prenne en compte cette réalité pour ses délibérations ».

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