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Le grand appel à manifester du 29 septembre

Par nicolas@zoomdici.com jeu 22/09/2022 - 16:00 , Mise à jour le 22/09/2022 à 16:00

Hôpitaux à bout de souffle. Burn-out du secteur public comme du privé. Peut-être est-ce le même diagnostic d’année en année établi par les syndicats hospitaliers. « Mais l’heure est grave, autant pour les professionnels que pour les usagers ! Et il est nécessaire de nous mobiliser sans relâche ! », insistent-ils. Le jeudi 29 septembre à 10h30, place Cadelade...lieu de toutes les crispations.

« De moins en moins de lits ». « De moins en moins de soignants ». « Des salaires gelés depuis des années ». « De plus en plus de contractuels à la place de titulaires ». « De plus en plus de désertions, de reconversions professionnelles, de congés maladie...». Les militants CGT Hospitalier publics et privés 43 déroulent une liste de symptômes qui semble toucher tout le corps de santé, selon eux.

« C’est vous, c’est nous, ce sont tous ceux qui utilisent le système de santé en France »

« Aujourd’hui plus qu’hier encore, nous nous dirigeons tout droit vers une véritable catastrophe, craint Amandine Rabeyrin, CGT hospitalière Emile-Roux. Les soignants, les infirmières, les ASH et autres n’en peuvent plus. Le manque de moyens, les conditions de travail qui se dégradent à une vitesse folle, le manque de considération et la perte de sens des métiers...ce n’est pas que le soignant qui en fait les frais. C’est vous, c’est nous, ce sont tous ceux qui utilisent le système de santé en France. C’est tout le monde ! »

« Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons stopper ce déni, cette surdité, cette mise à mort lente de notre système de santé ! » Amandine Rabeyrin

De gauche à droite, Patricia Bénézit, Amandine Rabeyrin et Jean-François Vissac.
De gauche à droite, Patricia Bénézit, Amandine Rabeyrin et Jean-François Vissac. Photo par Nicolas Defay

« Que toutes et tous viennent en blouse blanche »

Pour signifier leur colère et leur désarroi face à l’inaction des dirigeants politiques, l’Union Syndicale Départementale CGT Santé et Action Sociale 43 des établissements publics et privés appelle tous les personnels du secteur à faire grève et se mobiliser en masse le 29 septembre à 10h30 sur la place Cadelade au Puy-en-Velay.

« Que toutes et tous viennent en blouse blanche, propose Amandine Rabeyrin. Et que tous les usagers des hôpitaux et des centres de soins nous rejoignent le plus nombreux possible. Ce n’est qu’ensemble que nous pourrons stopper ce déni, cette surdité, cette mise à mort lente de notre système de santé ! »

« Il y a un tel état d’épuisement que les personnels sont plus dans la fuite que dans la révolte. Pourtant, il ne faut pas baisser les bras. Il faut continuer à nous battre tous ensemble car c’est un sujet qui concerne absolument tout le monde, de l’enfant pas encore né à la personne en ces derniers jours de vie ». Amandine Rabeyrin

« On mettra fin à cette situation totalement ubuesque »

À ses côtés, Jean-François Vissac, de la CGT à l’hôpital Sainte-Marie au Puy, met en exergue l’absurdité de la machine sociale conçue par le gouvernement. « Depuis le 1er août 2022, le Smic a augmenté de 2,01 %, décrit-il. Soit 1678,95 euros brut. C’est bien en soit. Mais cela a eu des conséquences salariales affligeantes pour une cinquantaine de métiers à Sainte-Marie. Tous ceux ayant le coefficient 377 passent désormais sous la barre du Smic.»

Il précise  : « Il y a certes des rattrapages qui sont procédés pour que les personnels en question atteignent le Smic. Mais quel est le sens de cette solution ? Il faut une revalorisation du point Fehap (Fédération des Établissements Hospitaliers et d’Aide à la Personne privés solidaires) afin qu’aucun salaire ne soit en dessous du Smic. On mettra fin à cette situation totalement ubuesque ».

« L’accès aux soins quels qu’ils soient est gravement remis en cause ! »

Au delà des hôpitaux et des cliniques, ce sont les secteurs de la santé, de la protection de l’enfance, du handicap et du grand âge qui semblent naviguer à vue dans une tempête sociale sans cesse plus intense. « Ces travailleurs voient de moins en moins de sens dans leur métier, affirme Amandine Rabeyrin. Avec la casse de la Fonction publique hospitalière et des établissements du sanitaire, du médico-social et social ainsi que les difficultés grandissantes des établissements et des hôpitaux associatifs non lucratifs à l’instar de Sainte-Marie, les missions de service public ne sont plus remplies. L’accès aux soins quels qu’ils soient est gravement remis en cause ! »

« Les jeunes diplômés restent bien moins longtemps à présent »

D’après Amandine Rabeyrin, l’espérance de vie professionnelle d’une infirmière était en moyenne de 7 ans il y a quelques années de cela. « La précarité de l’emploi, les bas salaires, les conditions de travail extrêmement détériorées, les heures supplémentaires accumulées par manque d’effectif et non prises en compte par les directions...Tout ça font que les jeunes diplômés restent bien moins longtemps à présent. Et beaucoup effectuent carrément une reconversion professionnelle dans un secteur d’activité différent. »

« On ne quitte jamais sans raison son poste dans lequel on a investi des années de formations pour y accéder ». Jean-François Vissac

Une contagion de démissions

Jean-François Vissac expose de son côté un exemple de désertion au sein de l’Association hospitalière Sainte-Marie. « Au Centre hospitalier de Rodez, il y a eu 6 démissions en une seule journée. À Privas, même constat ». Il termine en ces mots : « On ne quitte jamais sans raison son poste dans lequel on a investi des années de formations pour y accéder ».

Selon un article du 22 juin paru dans Le Dauphiné à Privas : « une action de mobilisation commune était organisée dans l’ensemble des établissements de l’association Sainte-Marie, mardi 21 juin. (…) Les salariés présents, à Privas, ont pointé « des conditions de travail qui se dégradent ». Nathalie Gaillard, délégué syndical UNSA (Union nationale des syndicats autonomes) avait alors déclaré : « En quatre mois, il y a eu 23 démissions dont 12 infirmiers. On demande toujours plus au personnel avec moins de moyens ».