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Éducation nationale : « Tant que je serai à ce poste, la règle sera ainsi »

Par nicolas@zoomdici.com lun 05/09/2022 - 06:00 , Mise à jour le 05/09/2022 à 06:00

Marie-Hélène Aubry, Directrice académique des services de l’Éducation nationale de Haute-Loire, a visité plusieurs établissements scolaires en ce 1er jour de rentrée. L’école de Fay-la-Triouleyre a été l’une des étapes de son marathon. Entre sourires et crispations…

Sourires...

L’école de la Sumène, implantée dans le paisible village de Fay-la-Triouleyre (commune de Saint-Germain-Laprade), se pare d’une 4ème classe pour cette rentrée scolaire 2022. « Nous sommes actuellement à 88 élèves de la maternelle au CM2 avec une moyenne de 23 élèves par classe, explique Audrey Uggeri, rayonnante Directrice de l’établissement. Et au mois de janvier, les effectifs atteIndront 91 enfants ».

Elle rappelle qu’en 2019, l’école a bénéficié d’une rénovation et d’un agrandissement important de son espace. Au cœur d’un village fort d’environ 900 habitants (3 700 habitants au total à Saint-Germain) et où les maisons poussent comme des champignons un mois de novembre, l’école de la Sumène ne cesse ainsi d’attirer parents et nouveaux parents.

Une commune qui a le vent en poupe

Le maire Guy Chapelle rappelle également que toutes les écoles de la commune, publiques comme privées, ont la côte. « Pour satisfaire la demande croissante des gens qui désirent habiter à Saint-Germain-Laprade, nous avons un projet de construire 60 nouveaux logements d’ici 2025. Et nous souhaitons bien entendu que les enfants de ces futurs foyers suivent leur scolarité dans la commune ». Agrandir l’une des cinq écoles, en construire une sixième...l’heure est pour l’instant à la réflexion.

Pour cette rentrée 2022, deux écoles ont ainsi vu leur équipe s’étoffer d’un enseignant pour s’occuper des nouvelles classes créées. Tout comme Fay-la-Triouleyre, l’école de Dunières a suivi le même chemin.

Des futurs architectes à l'œuvre dans l'une des 4 classes de l'école saint-germinoise Photo par Nicolas Defay

...et crispations.

« Regardez comme je suis bien accueillie dans cette belle école, intervient Marie-Hélène Aubry, Inspectrice d'’académie. Tout le monde est content. C’est une rentrée ensoleillée et sereine ».

Certes. Mais sûrement qu’à l’autre bout du département, la température devait être un peu plus fraîche pour ce premier jour de septembre. Les écoles de Bas-en-Basset et de Craponne-sur-Arzon ont, elles, perdu chacune une classe. Un système de vase communiquant que Marie-Hélène Aubry espère entretenir tant qu’elle occupera son siège actuel.

« L’école en Haute-Loire est maintenant propre »

« Chaque ouverture doit être gagée par une fermeture, tranche-t-elle. Tant que je serai à ce poste, la règle sera ainsi. C’est comme ça. Depuis 3 ans, j’ai réussi à remettre de l’ordre dans tous les temps qui étaient dus à nos professeurs. Toutes les décharges sont désormais couvertes à hauteur de ce qu’elles doivent. Ce qui n’était pas le cas à mon arrivée ».

Elle analyse alors : « Ce travail d’ajustement réglementaire est terminé. L’école en Haute-Loire est maintenant propre. Maintenant, compte tenu du nombre d’élève qui a été perdu dans le département depuis 2010, chaque ouverture égale une fermeture. C’est comme ça que le rééquilibrage devra désormais tout le temps fonctionner. »

« Nous avons un taux d’encadrement qui nous place dans les 10 meilleurs départements en France. Ceci n’est pas dû au hasard. C’est grâce à l’action que je mène et que je continuerai à mener ». Marie-Hélène Aubry

D’après Marie-Hélène Aubry, la Haute-Loire a perdu 2 130 élèves depuis 2010. « Et pourtant il n’y a eu aucun poste d’enseignant retiré, souligne-t-elle. Notre taux d’encadrement a du coup largement progressé car ça fait environ 100 postes sauvegardés pour s’occuper de moins d’élèves ».

« Il est grandement temps que tout le monde travaille sur ce modèle de rationalisation des moyens »

L’Inspectrice explique le pourquoi des fermetures des deux classes. « Les communes concernées étaient au courant depuis plus de trois ans de la situation de leur école respective ! Pour le prouver, j’ai tous les comptes-rendus des inspecteurs et des enseignants. Et tout le monde savait que ces territoires étaient dans une déprise démographique permanente ».

« À Craponne, il y avait 70 élèves pour 5 classes à la précédente année scolaire !, lance-t-elle. Tout ça fonctionne très bien avec 4 classes. Pour Bas-en-Basset, il n’appartient pas à l’Éducation nationale de se substituer au rôle de la collectivité pour l’accueil d’enfants tout petits. Dans cette école, nous étions à 30 élèves en dessous du seuil de fermeture. 30 ! Nous sommes même à la limite de fermer deux classes avec ce constat ».

Elle termine par ces mots : « Il est grandement temps que tout le monde travaille sur ce modèle de rationalisation des moyens et l’accepte. Tant que je serais la Directrice académique des services de l’Éducation nationale de Haute-Loire, la règle sera ainsi ».

L'école de Fay-la-Triouleyre de plus en plus sollicitée au fil des rentrées.
L'école de Fay-la-Triouleyre de plus en plus sollicitée au fil des rentrées. Photo par Nicolas Defay