Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur

« Les vieux soldats ne meurent jamais, ils disparaissent simplement »

Par nicolas@zoomdici.com ven 26/08/2022 - 06:00 , Mise à jour le 26/08/2022 à 06:00

108 ans. C’est ce qui nous sépare du 25 août 1914. Ce jour-là, 670 soldats de la Haute-Loire tombent durant les combats du Pont Baccarat. Au terme de la Grande Guerre, 11 000 noms s’inscriront alors sur le marbre des morts. 11 000 enfants du pays.

Ne pas oublier. Ne pas penser que des gerbes de fleurs sur un bloc de pierre n’est qu’une tradition perpétrée d’année en année, encore et encore, comme une ritournelle fatigante et dépassée. Ne pas laisser tomber dans la poussière des drames passés tous ces noms, toutes ces femmes, tous ces hommes, tous ces héros de jadis. Se rappeler que nous sommes dans un pays libre. Grâce à eux.

Le Préfet Eric Etienne rendant honneur à tous ceux tombés durant la bataille.
Le Préfet Eric Etienne rendant honneur à tous ceux tombés durant la bataille. Photo par Nicolas Defay

« Défendre leur pays et leurs familles contre l’agression de l’Empire allemand »

« Le mercredi 5 août 1914, le 86e Régiment d’infanterie, le Régiment du Velay, entièrement mobilisé quittait la caserne Romeuf sous une pluie torrentielle pour embarquer en gare du Puy à destination des frontières de l’Est, décrit le Général Henri Delolme, Vice Président De L’union Départementale Des Combattants De La Haute Loire (Udac43) durant ce jour de commémoration. Les 3 200 soldats du régiment sont animés d’une froide résolution pour défendre leur pays et leurs familles contre l’agression de l’Empire allemand ».

Le Général Henri Delolme.
Le Général Henri Delolme. Photo par Nicolas Defay

« Le 21 août, l’armée allemande lance une violente offensive »

Aux côtés d’Henri Delolme, les porte-drapeaux se tiennent droits et fiers. Le récit du Général se déroule dans un silence seulement perturbé par les voitures qui passent sur le pont Baccarat. « Dès le 10 août, le 86e RI entre en campagne. Six jours après, il s’avance jusqu’à Sarrebourg. Les premiers combats contre les troupes allemandes occasionnent déjà des pertes importantes. Le 21 août, l’armée allemande lance une violente offensive qui contraint le 86e RI à se replier vers le sud jusqu’à la ville de Baccarat que des unités allemandes vont occuper partiellement ».

Photo par Nicolas Defay

« Le 25 août, à 4 heures du matin, les soldats du 86e RI attaquent à la baïonnette »

Têtes baissées, élus, militaires, associations ou juste citoyens s’imprègnent des morceaux d’histoire tachés de sang et de bravoure. « À Baccarat, le pont sur la Meurthe qui verrouille le passage vers le sud est un enjeu militaire important, souffle Henri Delolme. Le 24 août au soir, le 86e RI reçoit l’ordre de reprendre à tout prix ce pont avec l’appui de son binôme, le 38e RI de Saint-Étienne où sont mobilisés de nombreux altiligériens. Le 25 août, à 4 heures du matin, les soldats du 86e RI attaquent à la baïonnette pour reprendre les lieux qui est sous les feux des mitrailleuses allemandes ».

« Chaque année, la cérémonie du pont de Baccarat honore la mémoire de ces soldats de Haute Loire qui ont défendu héroïquement notre pays et ses valeurs de liberté, d’égalité et de fraternité au prix de leur sang ». Le Général Henri Delolme

Au centre, Michel Chapuis, Maire du Puy-en-Velay.
Au centre, Michel Chapuis, Maire du Puy-en-Velay. Photo par Nicolas Defay

« Ces assauts désespérés resteront sans succès »

Certains ferment les yeux, d’autres regardent la stèle de mémoire posée discrètement dans un coin de bitume. Tous écoutent le carnage : « De 4 heures du matin à 22 heures, pendant 18 heures, va se dérouler une furieuse bataille où les soldats du 86e RI tentent à de multiples reprises de prendre le pont, partage le militaire. Ces assauts désespérés resteront sans succès ».

Il déplore alors : « Au soir de la bataille, 94 morts et autant de blessés seront relevés sur le pont de Baccarat. Pour le régiment, le bilan définitif de ces combats sera très lourd. 670 soldats tués, blessés, portés disparus ».

Photo par Nicolas Defay

11 000 morts. 8 000 mutilés.

Pour la Haute-Loire, la Grande guerre fut une hécatombe. 11 000 soldats sont morts au combat ou de maladie pour 44 000 mobilisés soit un sur quatre. Plus de 8 000 mutilés. Des milliers de veuves et d’orphelins. « En ce jour de commémoration du 108 e anniversaire de la bataille du pont de Baccarat, notre devoir de mémoire s’étend à tous les soldats de la Haute Loire morts sur le Front de France et aux morts sur le Front d’Orient aux Dardanelles et dans les Balkans, qui sont inhumés en terre étrangère loin de leur patrie et de leur famille », insiste Henri Delolme.

Photo par Nicolas Defay

« Ils ne meurent jamais lorsque leur souvenir est présent dans nos cœurs »

Il termine par ces quelques mots mots qui résument le sens et l’importance du souvenir. « Old soldiers never die they simply fade away. Les vieux soldats ne meurent jamais, ils disparaissent simplement. C’est un vieux chant de marche de nos alliés les soldats britanniques pendant la Grande guerre. Les vieux soldats ne meurent jamais. Ils ne meurent jamais lorsque leur souvenir est présent dans nos cœurs comme aujourd’hui à cette cérémonie commémorant l’un des plus grands combats d’autrefois ».

Photo par Nicolas Defay