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Chemin de Saint-Jacques : dans les yeux des pèlerins

Par maceo.cartal.3… lun 15/08/2022 - 06:00 , Mise à jour le 15/08/2022 à 06:00

On ne présente plus le Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle. Chaque année, ce sont des milliers et des milliers de pèlerins qui empruntent notamment la « Via Podiensis », au départ du Puy. Malgré les fortes chaleurs, ils sont encore nombreux à se lancer dans plusieurs jours, voire plusieurs semaines, de marche sportive ou spirituelle. L’occasion pour nous de partir à leur rencontre.

Il est à peu près 8h, ce dimanche. Contrairement au reste de la semaine, il pleut, il fait frais, et le ciel est assombri par l’épaisseur des nuages qui ont illuminé la nuit en Haute-Loire quelques heures auparavant. 8h, et le ventre de la cathédrale s’ouvre : les pèlerins viennent d’assister à la messe, suivie de leur bénédiction pour l’épreuve qui les attend.

« Il se passe toujours quelque-chose en nous sur ce chemin »

Paris, Amiens, Orléans, ou même la Suisse ou la Belgique, les courageux s’attaquant au fameux Chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle viennent d'au-delà de nos frontières et plus encore. Le Chemin de Saint-Jacques, on ne le fait jamais sans raison ou par simple envie de marcher. Que ce soit la foi religieuse ou le besoin de se retrouver, le GR65 semble procurer un sentiment bien particulier. Caz et Bertrand viennent de Chartres, et ils n’en sont pas à leur coup d’essai. Pour Bertrand, cela fait plus de 20 ans qu’il sillonne les différentes étapes du Chemin, et même s’il refait parfois les mêmes étapes, il retrouve toujours cette dimension profonde d’un voyage intérieur. « Je pourrai simplement  partir en balade, mais sur ce chemin, il y a vraiment quelque chose de spécial », confie-t-il.

Caz et Bertrand, rechargés à bloc pour le départ !
Caz et Bertrand, rechargés à bloc pour le départ ! Photo par M.Cartal

Florence part trois jours pour la première fois sur le Chemin de Saint-Jacques, Benoît, lui, en est à son deuxième départ, pour un périple de deux semaines. « Il y a une dimension de contemplation, de méditation […], une volonté de se détacher du matériel, du quotidien », telle est l’expérience que vit Benoît au travers ce chemin. Pour Justine aussi, tout juste 20 ans, qui nous vient de chez nos voisins helvètes, traverser ce chemin de Saint-Jacques lui permet de se retrouver intérieurement, comme si elle ne partait pas seule mais avec elle, son double, sa petite voix intérieure. 

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Justine, la jeune suisse à l'assaut du Saint-Jacques pour la première fois Photo par M.Cartal

Se retrouver avec soi-même semble être le maître-mot de ce voyage, mais ce pèlerinage constitue un lien entre tous les marcheurs, et la rencontre peut créer la surprise le long du voyage. C’est le cas de Clotilde, originaire du sud de la Belgique, qui est partie seule la première fois sur le GR65. « Je ne m’attendais pas à rencontrer des personnes et marcher plusieurs jours avec elles. Je pensais plutôt rencontrer des gens mais continuer à marcher toute seule », expose-t-elle. Et cette rencontre, c’est Anne-Lise, venue d’Orléans. Elle est catholique pratiquante, et a fait ce voyage par foi mais aussi par soif d’aventure. Clotilde n’est pas croyante, et elle est partie à l’aventure après avoir découvert la marche suite au confinement. Deux profils très différents, mais qui n’ont pas empêché les deux jeunes femmes à se donner rendez-vous l’année prochaine pour continuer leur périple. 

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Un voyage, et une amitié qui se noue... pour longtemps peut-être Photo par M.Cartal

La cathédrale du Puy : un majestueux tremplin vers le périple

Qu’ils rentrent de voyage ou qu’ils y partent, le passage à Notre-Dame-du-Puy donne toute une dimension magistrale au départ. « J’ai ressenti comme un élan, se confie Florence, on est poussé par la foi. Tout à l’heure, avant la messe, je n’avais pas forcément l’énergie, mais là maintenant ça y’est ! On l’appelle comme on veut mais il y a quelque chose », nous confie Florence. « Cette descente des marches de la cathédrale, c’est très spécial », ressent Bertrand. « C’est comme une sorte de tremplin vers ce qui nous attend », ajoute Caz. Le descente de ces 134 marches, la vue que l’on a du porche principal donne en effet une impression de puissance et d’un nouvel horizon.

Et d’ailleurs, en Haute-Loire, nous pouvons être fiers d’être l’un des départ, si ce n’est le plus connu, des Chemins de Saint-Jacques-de-Compostelle. Un passage à la bénédiction au sein de la cathédrale marque le point de départ du voyage, même pour ceux qui ne sont pas croyants.

Certains prennent le temps de contempler, comme si la cathédrale donnait une puissance Photo par M.Cartal
Certains prennent le temps de contempler, comme si la cathédrale donnait une puissance Pho Photo par M.Cartal
Certains prennent le temps de contempler, comme si la cathédrale donnait une puissance, Photo par M.Cartal

Comment arriver à marcher sans souffrir de la chaleur ? « Il faut partir le plus tôt possible pour éviter le moment les plus chauds », nous dit-on sous le porche de la cathédrale. Anne-Lise par exemple, explique souvent partir vers 6h30 du matin pour profiter des premiers rayons de soleil et de la fraîcheur matinale.

Mais si certains usent de stratagèmes pour pallier la chaleur, d’autres ont préféré reporter leur périple. À La Malle Postale, même si la fréquentation reste plus que correcte, on nous explique que beaucoup de pèlerins ont annulé au dernier moment leur voyage. La meilleure période, et les chiffres de fréquentation le montrent, reste le printemps, où les températures sont plus douces et le temps suffisamment agréable pour se lancer sereinement.