« La Foire du Puy-en-Velay est un rendez-vous incontournable, qu’il fasse beau ou pas ! », lance, sans hésiter, Raoul, 64 ans et fidèle exposant au Puy depuis plus de quatre décennies.
Au-dessus de son étal de chaussettes, il ajoute : « Ici, nous avons des clients fidèles. Parfois, ils sont pénibles, c’est vrai, mais parce qu’ils sont exigeants. Et c’est très bien ainsi. Il faut savoir les contenter, chose que l’on fait depuis trois générations dans la famille ».
À la question de savoir s’il remarque une baisse de fréquentation ou d’achat au fil des années, Raoul répond : « La conjoncture est compliquée pour tout le monde. On essaie d’arranger tout le monde avec des fins de séries. On arrive toujours à trouver une solution pour les clients ».
Raoul a fait 2h30 de route pour être fin prêt à la grande foire de la Toussaint.
Photo par Nicolas Defay
« C’est un vrai plaisir de voir tout ce monde »
Du côté de Sarra et Karima, mère et fille de l’entreprise lyonnaise « K$S Les Délices », le sourire est constant. « Nous préparons des spécialités orientales, salées et sucrées, explique Karima. Cela fait quelques années que nous proposons nos produits maison à la Foire du Puy ».
Sous un visage radieux, elle assure : « Il fait froid, mais les gens sont là. L’année dernière, il avait plu énormément. Aujourd’hui, c’est un vrai plaisir de voir tout ce monde ».
Des sourires sucrés/salés pour Karima et Sarra, rayonnantes exposantes lyonnaises.
Photo par Nicolas Defay
L’emplacement des 300 exposants forme d’innombrables ruelles d’étals sur la place Michelet et l’avenue Victor-Hugo. Vêtements, camelots, fromages, miels, outils… Les articles se suivent mais ne se ressemblent pas, attirant toutes les générations et les sensibilités.
« Ce que je trouve beau dans cette foire, c’est le côté tradition qui ne s’est pas éteint ». Christiane de Craponne-sur-Arzon
Sur la place Saint-Laurent, le marché aux bestiaux bat son plein, également. Des dizaines de bovins, de génisses et de vaches dévoilent leurs plus belles lignes aux nombreux visiteurs présents.
« Je regarde simplement, partage Christiane, une habitante descendue exprès de Craponne-sur-Arzon. Ce que je trouve beau dans cette foire, c’est le côté tradition qui ne s’est pas éteint ».
Elle ajoute en ce sens : « Même si le vrai métier d’agriculteur semble disparaître à cause de la grande distribution et de la consommation de masse, il existe encore ces traditions « vraies », comme jadis. C’est beau de voir que ces coutumes traversent le temps et résistent encore aux changements d’époque ».
À noter que la Foire de la Toussaint du Puy-en-Velay existe depuis plus de 150 ans. Le marché aux bestiaux avait dû être annulé l’année dernière à cause de la maladie « dermatose nodulaire contagieuse », mal qui avait touché de nombreux cheptels de bovins en France.
Sur l'avenue Victor Hugo, il fallait jouer des coudes pour se frayer un passage.
Photo par Nicolas Defay