Le choix de l'espèce n'a rien d'anodin. Le ginkgo biloba, dont les feuilles en éventail évoquent de petits cœurs, est apparu sur Terre il y a des millions d'années : c'est l'un des plus anciens arbres encore vivants, souvent surnommé « arbre aux quarante écus » ou « fossile vivant ». Mais c'est surtout sa résistance qui en fait un symbole puissant : des ginkgos ont survécu au bombardement atomique d'Hir
L'arbre choisi est un ginkgo biloba.
Photo par MN
oshima en 1945 et ont reverdi sur un sol dévasté.
Une vie plus forte que la destruction, l'image exacte que porte le don d'organes, où la mort de l'un permet de sauver la vie de l'autre.
Une démarche de sensibilisation
La plantation s'inscrit dans une dynamique déjà bien ancrée dans l'établissement ponot, labellisé « Établissement promoteur de santé » (EPSa), où les élèves de terminale ST2S, encadrés par leurs professeurs, mènent chaque année des projets de sensibilisation au don d'organes, en lien avec les infirmières coordinatrices du centre hospitalier Émile-Roux et l'association France Adot 43. La Ville du Puy-en-Velay s'était elle-même engagée dans cette voie en plantant un premier arbre de vie, un ginkgo aussi, sur le site de la halle multisports de Quincieu, lors d'une précédente journée du don d'organes.
Enraciné dans la cour du lycée, cet arbre de vie est fondé sur trois notions fortes : l'anonymat, la gratuité et le volontariat.
Une cérémonie rythmée par les témoignages
Moment le plus fort de la cérémonie : les témoignages. Cathy Laurent a livré son histoire liée au don d'organes, rappelant que derrière chaque greffe il y a des familles et des vies transformées. Marion Norro, elle, est venue parler de la greffe par donneur vivant, une voie encore trop méconnue, qui a pourtant franchi un cap en France avec plus de 600 greffes rénales de ce type en 2025.
La proviseure du lycée, la présidente de l'association Adot 43, Brigitte Fromager, représentant la mairie du Puy-en-Velay, ont réaffirmé leur engagement et remercié Laure Ferry, infirmière coordinatrice pour le prélèvement d'organes au centre hospitalier Émile-Roux, pour son engagement de terrain aux côtés des équipes hospitalières et des familles de donneurs.
La symbolique prend tout son sens à l'heure où la France a franchi, en 2025, un cap historique avec 6 148 greffes d'organes réalisées, soit environ 17 par jour selon l'Agence de la biomédecine. Un record qui ne doit pas masquer l'ampleur des besoins : plus de 23 000 patients restent en attente d'une greffe, et des centaines meurent encore chaque année faute de greffon.
Si huit Français sur dix se déclarent favorables au don de leurs organes, l'opposition aux prélèvements demeure élevée, souvent nourrie d'idées reçues. C'est précisément contre cela que luttent les initiatives comme celle du lycée Simone-Weil : faire de la sensibilisation un geste quotidien, au pied d'un arbre qui, espérons-le, offrira dans quelques semaines son feuillage aux lycéens.