Mise en place en 1978 afin d'aider au désenclavement du territoire, la ligne Le Puy-Paris effectue en 2026 un aller-retour dans la journée, 3 jours par semaine, pour une heure de vol. La ligne affiche un objectif de 6 000 passagers par an... pas encore atteint.
C'est dans ce climat d'incertitude quant à l'avenir et la non-rentabilité de la ligne que le ministre Philippe Tabarot s'est rendu sur place. L'occasion pour lui de réaffirmer une fois de plus le soutien de l'État.
Un financement prolongé jusqu'à août 2028
Après l'annonce d'un ajout financier de 50 millions d'€ pour la déviation de la RN88, c'est devant la piste de l'aéroport que Philippe Tabarot a annoncé une autre nouvelle concernant la ligne aérienne d'aménagement du territoire (LAT) Le Puy-Paris :
« J'avais pris l'engagement auprès du président Wauquiez de maintenir le soutien de l'État jusqu'au bout des 4 années du contrat actuel et donc j'ai rappelé aujourd'hui cet engagement et le financement de l'État jusqu'au 31 août 2028 », Philippe Tabarot, ministre des Transports
L'aéroport marquait la deuxième séquence de sa visite sur le territoire
Photo par HU
Concernant le montant de l'aide, difficile de l'estimer puisqu'elle dépend du ratio du déficit et de la fréquentation. Elle pourrait s'élever à 400 000 € selon les deux hommes.
Pour rappel, la ligne a un coût annuel de 1 795 000 €. L'État participe à hauteur de 20 % avec 359 000 €, le Syndicat Mixte de Gestion de l'Aérodrome du Puy-en-Velay (SMGAD) à hauteur de 80 % répartis entre la Région et les collectivités et partenaires.
Une ligne en « forte croissance » mais toujours pas rentable
Problème, l'objectif affiché des 6 000 passagers n'est pas encore atteint, l'objectif de rentabilité non plus, et ça fait débat. Selon la conseillère régionale Caroline Barre, le taux de remplissage moyen est de plus de 9 passagers par vol, sur 19 places, soit plus de 5 200 passagers par an. En 2025, une enquête de Mediacités mettait en cause la fréquentation de la ligne. Selon l'enquête, cinq passagers en moyenne par vol pour 19 places disponibles en 2024.
Elle rappelle également qu’un rapport de la Chambre régionale des comptes publié en 2022 préconisait l’arrêt des vols commerciaux et faisait état d’un déficit annuel de 1,7 million d’euros entre 2017 et 2019. C'est la somme que l'État a versée sur les trois précédentes années du contrat actuel.
À ce sujet, Laurent Wauquiez a réagi : « On n'est pas une ligne en déclin mais une ligne en forte croissance avec + 16 % de fréquentation par rapport à l'année dernière. » Il en a d'ailleurs profité pour rappeler le rôle essentiel de cette ligne au service du désenclavement du territoire pour bien du monde : étudiants, touristes, mais aussi entreprises et décideurs. « Hermès n'aurait pas investi des millions dans les tanneries, une maroquinerie n'aurait pas été implantée à 1 km de là sans aéroport », illustrait-il, évoquant les situations de centaines de familles du territoire.