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Le sous-préfet d'Yssingeaux quitte ses fonctions « à sa demande », vraiment ?

, Mise à jour le 14/08/2026 à 17:00

Nommé à la sous-préfecture d’Yssingeaux en mars 2025, Alban-Barry Benamran quitte finalement ses fonctions « à sa demande ». Son départ a été officialisé par un décret du 10 août 2026. Si le caractère volontaire de cette cessation de fonctions est clairement établi dans le décret, la CGT Intérieur évoque des éléments qui suscitent des interrogations.

Arrivé au printemps 2025 à la tête de la sous-préfecture d'Yssingeaux, Alban-Barry Benamran sera resté en poste 17 mois et quelques jours. À l'âge de 31 ans, il avait été nommé pour succéder à Fabrice Bonicel.

Son détachement devait initialement durer trois ans. Si officiellement, son départ semble être pleinement le fruit de sa volonté, il intervient dans un contexte qui soulève certaines interrogations.

Un départ « à sa demande » officialisé par décret

Le départ d’Alban-Barry Benamran a été officiellement acté le 10 août 2026 par le président de la République Emmanuel Macron. Le décret portant cessation de ses fonctions a été publié au Journal officiel de la République française le 12 août.

Le texte est sans ambiguïté : « Il est mis fin, à sa demande, aux fonctions de sous-préfet d’Yssingeaux exercées par Alban-Barry Benamran, administrateur territorial. Il sera réintégré dans son corps d’origine. »

Si officiellement tout semble plutôt clair, une autre réalité est avancée par le syndicat CGT Intérieur.

Une évaluation menée précocement

Selon une représentante du personnel à la CGT Intérieur en préfecture de la Haute-Loire, cette évaluation, dite « 360 », est intervenue début juin, soit un peu plus d’un an après la prise de fonctions du sous-préfet. « Pour en avoir vécu d'autres avec d'autres sous-préfets, elle est intervenue de manière assez précoce », estime-t-elle.

Concrètement, une évaluation 360 permet à un préfet évaluateur de recueillir différents regards sur l'exercice des fonctions du sous-préfet : relations avec les élus, les chefs d'entreprise, les agents de la sous-préfecture ou encore les organisations syndicales.

« Nous, la CGT, quand on a su qu'il y allait avoir cette évaluation, on a pris contact avec le préfet évaluateur pour demander à être entendu, parce que le sous-préfet n'avait pas du tout l'intention qu'on le soit. »

Sans dévoiler le contenu des échanges, qui sont confidentiels, la représentante syndicale indique que « globalement, les choses n'ont pas été positives ». Elle relève surtout la chronologie : « L’évaluation est intervenue début juin, le préfet évaluateur devait présenter un rapport le 8 juillet. Qu’on ait un départ annoncé aussi rapidement derrière [le 10 août], on peut y voir un lien de cause à effet. »

Elle nuance toutefois : « Peut-être que la demande vient aussi de lui en parallèle. »

« De grosses lacunes relationnelles dans tous les domaines »

De plus, la représentante du personnel affirme avoir rencontré des difficultés à échanger avec le sous-préfet et assure que certaines préoccupations avaient été signalées à la hiérarchie.

« On avait essayé de le rencontrer en sous-préfecture, mais il a fui, on n’a jamais pu réellement évoquer les difficultés », affirme-t-elle. Des problèmes auraient également été constatés parmi ses collaborateurs, avec notamment « une mention inscrite dans le registre de santé et de sécurité au travail ».

La représentante ne souhaite pas détailler davantage ces situations, mais évoque « de grosses lacunes relationnelles dans tous les domaines ».

Ces témoignages, qui émanent de la représentation syndicale, ne permettent pas à eux seuls d’établir les raisons exactes du départ. Officiellement, Alban-Barry Benamran a demandé à mettre fin à ses fonctions. Il sera, selon le décret, « réintégré dans son corps d’origine. » À ce propos, la représentante conclut : « Il quitte donc la préfectorale... après évaluation 360. »

L'intéressé a d'ailleurs indiqué par mail ce vendredi : « Le nouveau chapitre professionnel dans lequel je m'engage répond à un besoin fort lié à ma vie personnelle et au bon accomplissement d'un projet de vie familiale. [...] Je vous prie de croire que les fondations, sur lesquelles les initiatives de la personne qui me succédera s'appuieront, sont solides. »

Par courrier datée du 7 septembre 2026 Monsieur Alban-Barry BENAMRAN, a fait parvenir à la rédaction de Zoomdici un droit de réponse dont voici le contenu en intégralité : 

« L’article « le sous-préfet d’Yssingeaux quitte ses fonctions à « sa demande », vraiment ? » me met en cause en me présentant comme une personne ayant « de grosses lacunes relationnelles dans tous les domaines » fuyant les difficultés outre ses responsabilités, sous-entendant que la cessation de mes fonctions ne résulterait pas d’un choix personnel.
Au-delà des attaques brossant de moi un portrait extrêmement déplaisant, de telles assertions ne reposent sur aucune base factuelle sérieuse, mais sur un témoignage anonyme, ce qui semble particulièrement faible, pour trouver le moindre écho.
Je conteste fermement toute présentation de mon départ pour un motif autre qu’un choix personnel.
Mon départ de la sous-préfecture d’Yssingeaux, acté par décret du Président de la République du 10 août 2026 publié au Journal officiel le 12 août, est intervenu à ma demande, en accord avec le ministère de l’Intérieur.
Cette décision répond à un besoin lié à ma vie personnelle et au bon accomplissement d’un projet de vie familiale.
Durant l’exercice de mes fonctions, j’ai toujours été attaché à l’écoute et au dialogue avec l’ensemble des acteurs du territoire, élus, agents et partenaires, que je remercie pour ces dix-sept mois de collaboration.
Je me tourne désormais sereinement vers de nouveaux défis professionnels.
En conclusion, je regrette de n’avoir été contacté avant la publication de cet article, qui cède à la facilité du dénigrement professionnel de manière injustifiée et au détriment de la réalité des faits.

Alban-Barry BENAMRAN »

 

 

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