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« Pas d’argent magique » : la préfecture défend les aides carburant en Haute-Loire

Par nadia , Mise à jour le 13/05/2026 à 18:30

Face aux critiques sur l’insuffisance des mesures prises depuis la flambée des carburants, le préfet de Haute-Loire a présenté et défendu ce mardi des aides ciblées et forfaitaires, justifiées par la volonté du gouvernement d’éviter des dépenses jugées excessives.

« Il n’y a pas d’argent magique »

Depuis qu’Emmanuel Macron a popularisé la formule en 2018, elle est devenue un élément de langage récurrent pour défendre des dépenses publiques limitées. Face à la hausse des prix des carburants provoquée par les tensions au Moyen-Orient, la phrase revient aujourd’hui dans la bouche de nombreux responsables politiques.

Le préfet de Haute-Loire, Yvan Cordier, l’a lui aussi reprise ce mardi 12 mai, lors d’une conférence de presse consacrée à la mise en œuvre locale des aides gouvernementales.

« Aider les Français qui travaillent », a-t-il martelé à plusieurs reprises, en détaillant les dispositifs annoncés quelques jours plus tôt par le gouvernement.

Des aides ciblées plutôt qu’une remise générale

L’État écarte l’idée d’une ristourne généralisée à la pompe, jugée « pas raisonnable » et « inefficace », au profit d’aides ciblées entre avril et juin. Parmi les principales mesures annoncées :

  • concerne salariés et indépendants
  • aide forfaitaire de 50 euros pour avril, mai et juin, « potentiellement accessible à 3 millions de Français »
  • réservée aux personnes parcourant plus de 15 kilomètres entre leur domicile et leur travail, ou plus de 8 000 kilomètres par an dans le cadre professionnel
  • soumise à conditions de ressources
  • demande sur simple déclaration

La DDFIP mettra en ligne à partir du 27 mai, un formulaire accessible via l'espace personnel du contribuable sur le site impots.gouv.fr . Un simulateur est disponible dès ce mercredi 13 mai. En cas d’éligibilité, le versement interviendra sous une dizaine de jours. « Tout est fait pour rendre l’accès à l’aide rapide. », précise le préfet.

Après une première aide de 3.86 centimes par litre en avril :

  • baisse supplémentaire de 15 centimes par litre de GNR
  • maximum de 50 000 euros par entreprise
  • versement sur facture

Un formulaire est disponible depuis le 5 mai pour les dépenses d’avril via le portail DémaTic de Chorus Pro.

  • exonération de 20 centimes par litre sur le GNR rouge
  • plafonné à 4 000 euros par entreprise
  • remboursement sur facture

Le formulaire doit être mis en ligne à partir du 8 juin sur le site impots.gouv.fr.

Aide forfaitaire comprise entre 70 et 500 euros par véhicule selon le tonnage, plafonnée à 60 000 euros par entreprise.

Le gouvernement rappelle également :

  • les reports de charges sociales et fiscales,
  • les prêts « flash » de Bpifrance jusqu’à 50 000 euros,
  • une actualisation plus fréquente de l’index gazole.

Le portail de demande de l’Agence de services et de paiement est ouvert depuis le 12 mai.

Une aide vraiment équivalente à « 20 centimes par litre » ?

Le gouvernement présente l’indemnité de 50 euros comme un effort «  équivalent à une remise de 20 centimes par litre » sur la consommation moyenne des trois mois. Mais dans les faits, cette aide reste forfaitaire et ne dépend ni du carburant utilisé ni de la consommation réelle des véhicules.

« Ce qu’on veut, par le mot "20 centimes", c’est donner un ordre de grandeur de l’effort qui est fait. C’est une moyenne. Mais effectivement, il y a des situations qui sont variées. », concède le préfet.

Même constat du côté de Dominique Calvet, directeur départemental des finances publiques :

« C’est une aide forfaitaire pour que ça soit simple. On n’a pas à se caler sur la consommation réelle des usagers, parce que là, on n’y arriverait jamais. »

Pour un salarié parcourant 30 kilomètres aller-retour par jour avec une consommation moyenne de 6 litres aux 100 kilomètres, la consommation représente environ 108 litres sur trois mois.

Avec les hausses actuelles des prix à la pompe, le surcoût varie fortement selon le carburant utilisé :

Sur la base de 30 kilomètres quotidiens, 20 jours travaillés par mois et une consommation moyenne de 6 litres aux 100 kilomètres :

108 litres consommés sur trois mois.

Évolution estimée du surcoût  au 10 mai 2026:

  • gazole : +62,64 €
  • SP95-E10 : +36,72 €
  • SP98 : +32,40 €

Ces écarts montrent que l’aide forfaitaire couvre de manière très variable les dépenses supplémentaires selon les situations. Les automobilistes roulant au diesel apparaissent notamment plus exposés à la hausse récente des prix.

« C’est un système qui s’est mis en place très rapidement. Je pense qu’il ne faut pas trop passer de temps dans le détail mathématique », a également déclaré le préfet.

« L’État ne s’enrichit pas à l’occasion de cette crise »

Autre objectif de cette conférence de presse : répondre aux critiques accusant l’État de profiter de la hausse des carburants via la TVA.

« Certes, il y a une rentrée fiscale liée à la TVA qui a augmenté de 170 millions d’euros, mais les aides annoncées représentent un montant supérieur », affirme Yvan Cordier, évoquant environ 360 millions d’euros d’aides au niveau national.

Le préfet souligne également d’autres conséquences budgétaires de la crise, notamment le renchérissement du coût de la dette publique.

« Il faut vraiment tuer cette idée commode d’un enrichissement de l’État à l’occasion de cette crise. », insiste-t-il.

Une économie locale jugée « résiliente »

De son côté, la directrice de la Direction départementale de l'emploi, du travail, des solidarités et de la protection des populations (DDETSPP), Carole Souvignet, tente de rassurer : « La Consommation Concurrence Répression des Fraudes (CCRF) a effectué une vingtaine de contrôles à la pompe et nous n’avons constaté aucune anomalie. »

La directrice évoque par ailleurs une « résistance du monde économique », précisant n'avoir aucune demande d'activité partielle à ce jour. Demande soumise à condition d’identification de lien direct entre le conflit et l’absence de productivité. Elle ajoute néanmoins que : « à ce jour on a eu deux demandes d’activité partielle qui n'ont pas pu être acceptées car elles ne rentraient pas dans les conditions. »

Le préfet rebondit sur la « résilience du département », soulignant l’absence de signaux d’alerte inquiétants, et tient à préciser qu’il n’y a « aucun problème d’approvisionnement de l’industrie de la plasturgie ».

Selon le préfet, lors de sa venue le 1er mai, le premier ministre en aurait profité pour rencontrer des représentants du BTP pour « discuter notamment de ces mesures ». Côté retours, certains trouvent cela suffisant, d’autres pas et souhaiteraient plus.

« Les plus raisonnables savent que des aides trop généreuses, après, c’est des impôts supplémentaires. Donc il n’y a pas d’argent magique. », conclut Yvan Cordier.

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