Mariés depuis 1999, le couple gérait une entreprise de maçonnerie à Yssingeaux, où ils vivaient avec leurs deux enfants. Puis la crise de l’immobilier a mis à mal l’entreprise. Le travail se faisait plus rare, et la consommation d’alcool du prévenu est devenue de plus en plus fréquente. Cela a commencé à impacter le domaine professionnel, mais aussi le cercle familial. S’ensuivit la perte de leur entreprise, des petits boulots qui ne persistaient pas, souvent à cause de l’alcool.au domicile. Une famille malheureusement connue pour les violences intrafamiliales.
Au domicile c'était l'enfer
Ce lundi 25 novembre 2024 a été un tournant. Le prévenu accompagné de son fils, passablement alcoolisé tous les deux, récupère sa fille à la sortie du collège. Il insulte ensuite copieusement sa femme et s’en prend violemment à sa fille. Là, c’en est trop pour elle, qui appelle la gendarmerie.Les gendarmes se font insulter et menacer par le père mais aussi le fils. Menottés, ils sont ramenés à la gendarmerie d’Yssingeaux. En avril 2025 Ils avaient été reconnus coupables des faits reprochés, avec à la clé une condamnation avec sursis pour le fils mais de la prison ferme pour le père.
Sa femme évoque six années pendant lesquelles elle a subi, ainsi que ses enfants, les insultes, les brimades, les menaces et les violences de son mari. Une femme courageuse qui, en plus de son travail dans une école, devait s’occuper de la comptabilité de l’entreprise, gérer la maison et les enfants, avec l’alcool omniprésent au domicile.
La victime explique qu’elle restait de plus en plus au travail parce qu’au domicile, c’était l’enfer, et quand elle y était, elle s’enfermait dans sa chambre.
« Il m’a volé toute mon enfance. »
Sa fille avait ému le tribunal lors de son témoignage, car avec aplomb, elle avait décrit la situation familiale, la souffrance, la peur et le danger qu’elle vivait au domicile. Une situation insoutenable où les deux enfants évoluaient avec un père alcoolique et violent.
La juge est revenue sur une phrase que la fille du prévenu avait dite lors de l’audience du 8 avril : « Il m’a volé toute mon enfance. » Le prévenu ne put qu’être touché.
« Oui, j’ai insulté, mais elles étaient deux »
À la barre, après six mois de prison, le prévenu apparaissait bien différent de l’audience du 8 avril 2025 : plus calme, mais visiblement mal, tremblant. Il reconnaît les violences verbales et tente tout de même de se positionner comme victime en expliquant que « oui, j’ai insulté, mais elles étaient deux », donc deux fois plus d’insultes pour lui. En ce qui concerne les violences physiques, il reconnaît seulement "des bousculades légères".
Une demande de confusion de peine
L’avocate de la défense parle de la mise en place des soins d’addictologie à Yssingeaux, de l’importance et de la primauté de ceux-ci pour le moment. Elle évoque une nouvelle cure pour cet homme en souffrance, qui tremble assis sur sa chaise. Dans sa plaidoirie, elle questionne la « confusion de peine » dans cette affaire. Pour rappel : lorsqu’une personne est condamnée à plusieurs peines, soit on ajoute les peines, soit les peines se « fondent » en une seule (c’est la confusion de peine.)
Le juge n'a pas retenu la confusion de peine et a suivi les réquisitions du procureur de la République, qui demandait 12 mois de sursis renforcé, dont deux à exécution immédiate, avec obligation de soins, de travail et une interdiction de se rendre à Yssingeaux, sauf pour ses soins. Une interdiction supplémentaire concernant la détention d’arme a été prononcée pour une période de cinq ans. Pour le préjudice moral, il devra verser 1 500 € à sa compagne.