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Carte scolaire 2026 : cinq écoles finalement épargnées en Haute-Loire

, Mise à jour le 08/04/2026 à 17:30

Alors que le département de la Haute-Loire a procédé au dernier comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN) ce mercredi 8 avril, 5 des 17 classes initialement menacées sont maintenues pour la rentrée prochaine. Parmi elles, Taulhac, Langeac, Mazeyrat-d’Allier, Saint-Hostien et finalement Rosières conservent toutes leurs classes.

Parmi les 180 écoles du département, 17 ont été menacées de fermetures de classes à la rentrée 2026. Une situation qui a suscité inquiétude et mobilisation chez les enseignants, les élus et les parents. Chacune des écoles a organisé des actions symboliques pour sauver ses classes. 

Après plusieurs ajustements à l’issue du comité social d’académie (CSA), certaines ont été retirées de la liste, notamment à Taulhac et à Langeac. D’autres écoles, comme Mazeyrat-d’Allier et Saint-Hostien, ont également été épargnées. Ce mercredi 8 avril en préfecture, une dernière décision vient d'être prise lors du comité départemental de l’Éducation nationale (CDEN), c'est l'école de Rosières qui est épargnée de fermeture de classe. 

Une sélection à l’effectif

« Les effectifs se basent sur des chiffres prévisionnels délivrés en novembre 2025, pour la rentrée de septembre 2026. » Magalie Laurent

Le nombre de postes des professeurs dépend directement du nombre d'élèves déterminé par un prévisionnel. « Les effectifs se basent sur des chiffres prévisionnels délivrés en novembre 2025, pour la rentrée de septembre 2026 », explique Magali Laurent, secrétaire départementale du SE-UNSA 43.

Dans ce même prévisionnel, les enfants de moins de 3 ans ne sont pas pris en compte, l’école n’étant pas obligatoire à cet âge. Pourtant, Magali Laurent souligne que ces jeunes élèves sont pris en charge, et qu'un tel dispositif permet de les accueillir quand la collectivité n’est pas en mesure de proposer des solutions de garde ou des assistantes maternelles sur certaines communes. « Les parents n’ont pas de possibilité et ne peuvent pas faire autrement » explique-t-elle.

La loi Montagne écartée des critères

Malgré l'évolution de la loi Montagne destinée à tenir compte des spécificités du territoire, cette loi ne constitue finalement plus un critère déterminant selon Magalie Laurent. En effet, près de 8 millions d’habitants sur tout le pays dépendent de cette loi Montagne, et la Haute-Loire en fait partie, aucune condition ne permet donc de distinguer une situation d’une autre.

Un effet domino sur les écoles

Avec la non-prise en compte des élèves de moins de 3 ans, le prévisionnel est vu à la baisse et influe sur les effectifs des sections élémentaires à venir, conduisant à de nouvelles suppressions de postes. De plus, les classes plus chargées peuvent inciter certaines familles à se tourner vers l’enseignement privé. « Si on prévoit 30 petites sections mais qu'on n'a pas les moyens de les accueillir, au bout d'un moment ces enfants-là, ils vont aller ailleurs », explique Magalie Laurent.

Le cas de la commune d'Araules illustre particulièrement ces inquiétudes, Magalie Laurent insiste « Araules, c'est une classe unique et si la classe ferme, ça veut dire qu'il n'y a plus d'école publique sur le village, il ne reste qu'une école privée. » Une situation loin d’être isolée, puisque dix communes de Haute-Loire ne disposent déjà plus d’école publique. Dans un département comme la Haute-Loire, essentiellement rural, beaucoup n’ont d’autre choix que de passer par l’enseignement privé. « Au niveau géographique, c'est compliqué d'aller dans les autres écoles, notamment en hiver », confie Magalie Laurent.

« Les répercussions se font alors sentir sur l'école élémentaire »

Enfin, la diminution des postes de professeurs affecte aussi des postes essentiels mais moins visibles comme les enseignants spécialisés pour les élèves en difficulté, ou non francophones, ainsi que le nombre de remplaçants « quand on ferme des classes, on ne peut pas ouvrir des postes de remplaçants » souligne Magalie Laurent.

Des territoires ruraux fragilisés

Au cours des derniers jours, la mobilisation n’a pas faibli et les actions se sont multipliées, notamment au Puy avec des manifestations et des pétitions, à Solignac-sur-Loire une chaîne humaine prend la forme du mot « Résiste » et de nombreux pupitres occupent les étroites salles de classe. À l’inverse, à Aurec-sur-Loire, une "classe fantôme" met en scène « Une salle sans voix, des élèves à l'étroit : absurde ! », expliquent les parents d’élèves.

Une décision nationale aux répercussions locales

Au terme du CDEN, les écoles d'Aurec-sur-Loire, de Pont-Salomon, de Saint-Didier-en-Velay, de Jules Ferry à Brioude, de Vals-près-le-Puy, de Trevas aux Villettes, de Jeanne d'Arc au Puy-en-Velay, de Solignac-sur-Loire, du Pertuis, ainsi que des regroupements pédagogiques intercommunaux de Sainte-Florine et de La Chaise-Dieu, mais également de la classe unique d'Araules-Recharinges se verront ôter d'une classe.

Ces fermetures s’inscrivent au niveau national, où 4 000 postes doivent être supprimés dans l’Éducation nationale. Une tendance qui se poursuit depuis près de quatre ans selon Magalie Laurent, qui souligne que 10 et 12 postes sont supprimés chaque année.

Entre contraintes budgétaires nationales et réalités locales, la décision du CDEN illustre une nouvelle fois les tensions autour de la carte scolaire en Haute-Loire, où l’équilibre repose sur un maillage fragile d’écoles rurales.

 

 

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