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Olivier Cigolotti analyse les scénarios d’intervention française au Moyen-Orient

, Mise à jour le 04/03/2026 à 06:00

Il y a un mois, le sénateur Olivier Cigolotti exprimait ses inquiétudes dans les colonnes de Zoomdici ; aujourd’hui, celles-ci ont pris corps avec les premières frappes israélo-américaines contre l’Iran. Cette opération militaire survient précisément au moment où le président Emmanuel Macron affirme vouloir renforcer la dissuasion nucléaire française, soulignant les tensions croissantes. 

Depuis samedi 28 février, le président américain Donald Trump s'est allié aux forces israéliennes, pour mener conjointement une attaque nommée « fureur épique » sur le territoire iranien. 

Contacté par notre rédaction, le sénateur Olivier Cigolotti confirme ses inquiétudes et analyse les répercussions d’un conflit qui dépasse désormais les frontières iraniennes et pourrait bouleverser l’équilibre mondial. Une escalade qui interroge aussi sur le rôle et l’autorité des grandes organisations internationales, fragilisées face à la montée des tensions. 

Des alliances fragilisées

« Donald Trump a décidé d'intervenir au Moyen-Orient sans que les partenaires européens n'en soient informés. »  Olivier Cigolotti

L’alliance atlantique apparaît affaiblie. Le choix d’intervenir sur le sol iranien aurait été décidé avec les Israéliens, et Benjamin Netanyahu, sans consultation préalable de l’Europe. « Donald Trump a décidé d'intervenir au Moyen-Orient sans que les partenaires européens n'en soient informés. » souligne le sénateur qui évoque une incompréhension  « les Américains sont nos alliés historiques depuis la Seconde Guerre mondiale. » Selon le sénateur, le président américain "joue cavalier seul", et cela à un impact « l'OTAN est aujourd'hui fragilisé par cette démarche tout à fait individuelle » explique-t-il.

À travers ces attaques, cela interroge sur l’autorité et les rôles des organisations militaires mondiales.  Le sénateur fait le constat d'« un retour des trois super puissances que sont la Chine, la Russie et les États-Unis. C'est le retour d'un impérialisme complètement désinhibé où les rapports de force prennent le pas sur le droit international.»

Un discours de dissuasion programmé

Alors que le conflit occupe l'actualité internationale, le discours du président Emmanuel Macron intervient dans un climat de tension alors même que celui-ci était déjà programmé. « Je crois qu'il faut décorréler l'annonce du président faite hier dans le cas de la dissuasion nucléaire. » explique Olivier Cigolotti, avant d'ajouter « l'intervention du président de la République n'est pas directement en lien avec ce qui se passe au Moyen-Orient. »

La France reste pour l'heure en retrait, mais le sénateur évoque deux scénarios qui pourraient toutefois conduire le pays à s’impliquer davantage :

Tout d'abord, la possibilité que des intérêts français soient ciblés, notamment des bases françaises. La France dispose, par exemple, d’une base colocalisée avec les forces américaines aux Émirats arabes unis ou en Jordanie, « ce qui nous obligerait quelque part à une riposte et à entrer dans le conflit de façon un peu plus dure », explique Olivier Cigolotti.

« Ça nous obligerait à riposter alors de façon graduée, si le conflit perdurait et que les partenaires auprès desquels nous nous sommes engagés dans le cadre de ces accords de défense, nous solliciterez » Olivier Cigolotti

Le second élément concerne les accords de défense avec plusieurs pays du Golfe, comme Bahreïn et le Koweït. En cas de sollicitation, « nous serions quelque part dans l'obligation d'intervenir militairement d'un point de vue aérien ». 

Un conflit à suivre jour après jour

Selon le sénateur, la grande inconnue demeure la durée du conflit et appelle à la vigilance. L’Iran dispose d’une capacité significative, notamment en matière de drones militaires, dont l’efficacité a déjà été démontrée sur d’autres opérations. 

« Je crois qu'il ne faut pas sous-estimer la capacité de nuisance de l'Iran puisque malheureusement depuis quatre ans, la plupart des drones qui ciblent l'Ukraine sont des drones de fabrication iranienne. » Olivier Cigolotti

Même si les États-Unis disposent « d'une capacité de renseignement  assez impressionnante », en revanche, ils ne sont pas appareillés de stocks suffisants, dans la région, pour soutenir un engagement prolongé sans renforts logistiques.

Les prochaines semaines seront déterminantes pour voir apparaître une médiation ou encore le renversement du pouvoir en Iran. Cela déterminera aussi le rôle à jouer de l'Europe. Pour l'heure, le sénateur conclut « je crois qu'il est prématuré d'envisager une intervention européenne ou de quelques membres de l'Union européenne. » 

Dans un contexte où le droit international semble de plus en plus contesté par la logique de puissance, cette crise pourrait bien marquer une nouvelle étape dans la recomposition géopolitique mondiale.

 

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