L'église est bondée. Sur les bancs en bois dont les bords sont usés par les milliers de jambes qui se succèdent à chacune des messes, les gens se pressent les uns contre les autres pour écouter les saintes paroles prononcées par le curé de la paroisse.
Après les "Amen" et les "Et avec votre esprit" répétés en chœur par les fidèles, la quête passe de main en main, remplissant le chapeau d'innombrables pièces et de billets, butin qui servira pour les charges de l'édifice, le vin du curé ou les cierges manquants sur les porteurs en métal.
Cette vision de l'âge d'or des églises est révolue. "Il ne faut pas le nier, c'est vrai qu'il y a moins de monde dans les églises aujourd'hui qu'il y a un temps", admet Yves Baumgarten, évêque de la Haute-Loire.
Mais de souligner un fait qui semble contredire la tendance d'un désintérêt général pour la foi catholique. "Chaque année en Haute-Loire, c'est environ 50% des nouveaux-nés qui sont baptisés. Ce qui est très convenable".
Et de rajouter aussi : "En parallèle, de plus en plus d'adultes demandent les sacrements de la foi en Jésus-Christ. L'année dernière nous avons ainsi procédé à 25 baptêmes de ce type". À noter qu'il faut passer environ deux ans de catéchisme pour les candidats adultes avant de pouvoir rejoindre l'équipe du Seigneur.
"Je pense que cet attrait pour le baptême et la vie chrétienne est en train de monter en puissance. D'ailleurs, quand on regarde l'histoire de l’Église, cela a toujours été comme ça, avec des moments de creux et des moments d'expansion. Aujourd'hui, nous sommes dans une ascension pour la foi religieuse". Yves Baumgarten
Des prêtres venus d'ailleurs
L'homme d'église concède, par ailleurs, une certaine crise des vocations religieuses. "Il n'y a pas eu d'ordination de prêtre dans le diocèse depuis 2013, souffle-t-il. Et jusqu'à l'année dernière, un seul séminariste était en formation pour devenir prêtre chez nous".
Yves Baumgarten soulève néanmoins l'arrivée "massive" de recrues. "Nous allons accueillir cette année, dans notre diocèse, trois nouveaux séminaristes provenant d'Amérique latine, précisément du Mexique, du Costa Rica et de l'Equateur".
Si un tel sang neuf est une très bonne nouvelle pour le diocèse, cela démontre aussi que la prêtrise est loin d'être en vogue dans le département et même à l'échelle de la France. "En Haute-Loire, il y a actuellement 79 prêtres, indique-t-il. La moyenne d'âge est de 72 ans. Malheureusement, 30 sont décédés depuis que je suis arrivé, il y a quatre ans".
Les diacres, fidèles assistants des prêtres
L'évêque nous apprend également que trois diacres vont grossir les troupes durant le printemps 2026. "Les diacres sont des hommes qui peuvent être mariés, qui ont un métier ou pas, et qui mettent leur temps libre au service de l'église pour célébrer les baptêmes, les mariages ou encore les funérailles", précise Yves Baumgarten.
Aujourd'hui, une vingtaine de diacres sont répartis dans le département
Athée, persona non grata
Enfin, et c'est une chose insolite dans le département, les laïcs peuvent depuis peu servir l’Église. "Il n'y a qu'un cas en Haute-Loire et c'est à Brives-Charensac, la gouvernance de la paroisse est gérée par un laïc, se réjouit Yves Baumgarten. Ce dernier est comme un chef d'entreprise qui tient le planning du curé. Il programme les messes, les baptêmes, les mariages, la catéchèse... C'est une aide très précieuse pour nous".
Mais attention. Parce que le Seigneur n'accepte pas tout le monde (pourtant, "Dieu est Amour" à ce qu'il parait, selon l'apôtre Jean), il faut montrer patte blanche pour rejoindre la dream team.
Aussi, si vous n'êtes pas baptisé, l'entrée de la boite vous sera refusée même avec les plus belles intentions. "Les voies du Seigneur sont impénétrables"...