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Faire de l'Eglise une maison sûre: est-ce encore possible?

Par . . ven 28/01/2022 - 08:00 , Mise à jour le 28/01/2022 à 08:00

Suite à la publication du rapport Sauvé, la paroisse de Brioude organise une démarche d’échange sur la lutte contre la pédocriminalité dans l’Eglise, pour faire de l’Eglise "une maison sûre".

Alors que le rapport de la Ciase (Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église) a révélé l’ampleur des faits de pédocriminalité commis depuis 1950 sur tant de personnes mineures, des paroisses du diocèse du Puy s’engagent pour favoriser la prévention et le dialogue.

Dans la perspective du synode que vit actuellement l’Eglise catholique, le père Pierre de Veyrac, curé de la paroisse de Brioude, a initié une démarche d’échange et de soutien dans le cadre de la lutte contre la pédocriminalité, en lien avec la cellule d’écoute diocésaine. Cette démarche en deux temps (questionnaire préparatoire, puis réunion publique) a pour objectif d’ouvrir la parole.

Questionnaire préparatoire

Le père Pierre de Veyrac et ses deux vicaires, ont invité, début décembre, tous les paroissiens à réfléchir par petits groupes, en famille, sur le rapport Sauvé, pour favoriser l’expression des personnes. Ce travail de réflexion et d’échange était guidé par un questionnaire préparatoire et dont les conclusions pouvaient être données par écrit à la paroisse. Le questionnaire permettait de prendre la parole et proposait d’évoquer la façon dont les paroissiens ont vécu la publication du travail de la CIASE, mais aussi l’impact qu’il a pu avoir sur leur rapport à la foi et l’Eglise. Il s’agissait également de recueillir les attentes des paroissiens brivadois. Une quarantaine de retours écrits (émanant d’individus ou de groupes) sont parvenus à la paroisse.

Réunion publique le samedi 29 janvier

Le père Pierre de Veyrac a invité les membres de la cellule d’écoute diocésaine pour les personnes victimes, Caline Forest et Marie-Pierre Labrosse, pour intervenir à la paroisse de Brioude fin janvier.

En amont, tous trois ont examiné les réponses au questionnaire, avec David Crespy, responsable de l’ensemble scolaire Saint-Julien, à Brioude.

" Comme partout, il y a des victimes dans la paroisse de Brioude", souligne Caline Forest. " Et ce qu’elles ont à dire nous oblige  à les écouter et, si possible, à les aider à soulager leurs blessures."

Une réunion publique aura lieu samedi 29 janvier, à l’église de la Borie-Darles, de 10 heures à midi. Cette réunion se déroulera dans un climat d’écoute et de respect mutuel et dans le respect des règles sanitaires. Ouverte à tous, y compris aux non baptisés, cette réunion débutera par une synthèse des contributions et se poursuivra par un temps d’échange.  "Il n’y aura sans doute pas de témoignage, mais si cela peut permettre à des personnes victimes, prisonnières du silence, de cheminer, ce sera une bonne chose."

"Ce que le rapport Sauvé a aussi dit, c’est que beaucoup n’ont pas parlé. On l’a constaté sur des témoignages recueillis par la cellule, expliquant qu’il y avait plusieurs victimes…" remarque Marie-Pierre Labrosse. Caline Forest rappelle que le rapport Sauvé a permis de constituer une autre commission, la CIIVISE : Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants.

Ne pas tourner la page

La paroisse s’inscrit dans l’appel de Jean-Marc Sauvé, à ne pas tourner la page : " L’avenir ne peut se construire sur le déni ou l’enfouissement de ces réalités douloureuses mais sur leur assomption. " L’Eglise souhaite rester attentive aux victimes, tant avec la cellule d’écoute du diocèse que par des échanges avec les prêtres de la paroisse. Et aussi œuvrer à « veiller à ce que l’église soit vraiment une maison sûre pour tous ", comme le souhaite le président de la Conférence des évêques de France.

La cellule d'écoute diocésaine au service des personnes victimes

Une cellule d’écoute locale diocésaine pour les personnes victimes d’abus sexuels dans l’Eglise a été créé en 2016, à la demande de Mgr Luc Crepy, ancien évêque du Puy. Placée sous la responsabilité du diocèse, cette cellule est composée de femmes laïques formées professionnellement à l’écoute. Les victimes sont invitées à porter plainte. « Même si le prêtre est décédé. Même s’il y a prescription pour la justice. C’est porté au dossier du prêtre. Pour l’Eglise, il n’y a pas de faits prescrits » , explique une membre de la cellule d’écoute.

Contacts Tél. 06.45.46.36.24 ; ecoute-victimes@catholique-lepuy.fr ; Évêché du Puy, 2 place du For 43000 Le Puy-en-Velay.