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Les pierres de l'église des Carmes viendront finalement de…Turquie

Par nicolas@zoomdici.com mer 22/12/2021 - 06:30 , Mise à jour le 22/12/2021 à 06:30

Lors du dernier conseil municipal de l'année du Puy-en-Velay, les discussions ont tout de suite attaqué sur un dossier sensible : le chantier de l'église des Carmes. Chantier où, selon les mots du maire Michel Chapuis, "a vraiment joué de malchance".

Beaucoup d'encre a déjà noirci nombre de pages de journaux et pixels d'écrans concernant le grand chantier de l'église des Carmes. Et loin est encore le temps où plus aucun écrit ne portera sur ce dossier, bien visible par tous de part ses sempiternels et imposants échafaudages en plein centre-ville. Laurent Johanny, élu minoritaire, a sollicité le maire à fournir un état des comptes précis du marché afin de "renseigner aux contribuables comment sont dépensés leurs argents".

"Pourquoi cette différence entre le premier budget et ces 1 697 000 euros ?"

Laurent Johanny commence par détailler les sommes allouées à la société du Compagnon, première entreprise choisie pour s'occuper du chantier de l'église des Carmes. Au premier marché en 2016, 1 189 000 euros HT lui sont octroyés. Deux avenants suivent coup sur coup alourdissant la facture de 283 000 euros de plus. Cette entreprise tombée finalement en liquidation judiciaire, la Ville se doit alors de trouver un repreneur des travaux. C'est l'équipe de Fabien Michel qui se positionne.

L'élu de l'opposition mentionne que cette dernière entreprise a signé pour un budget de 1 697 000 euros HT pour terminer la rénovation. "Soit une addition totale de 3 169 000 euros HT depuis le début du chantier", calcule-t-il. Il demande alors au maire du Puy-en-Velay : "Précisément et clairement, pourquoi cette différence entre le premier budget et ces 1 697 000 euros ?", demande Laurent Johanny.

"Vous rendez-vous compte de l'augmentation !"

Si le sujet s'avère compliqué et enclin aux tensions, Michel Chapuis répond calmement en ces termes : "C'est vrai, la Ville a relancé ce nouveau marché avec cette somme là. Pourquoi cette différence ? Tout le monde a bien compris que les matières premières ont augmenté de façon exponentielle."

Il précise : "Au départ en 2016, le m3 de pierres indonésiennes taillées valaient 2 740 euros. Aujourd'hui, ce même m3 atteint 7 700 euros ! 7 700 euros ! Vous rendez-vous compte de l'augmentation !" Il conclue : "Les raisons de ce surcoût sont logiquement liées à cette inflation en plus de celles provoquées par le changement d'entreprise afin de reprendre le chantier".

"Croyez-moi, je ne suis pas fier qu'elles ne proviennent pas de nos terres"

Michel Chapuis révèle aussi que les pierres ne seront plus issues des carrières asiatiques mais de Turquie. "Il reste encore 140 m3 de pierres à commander pour terminer les travaux en plus de celles déjà acheminées par la première entreprise. Ces pierres seront importées de Turquie." Il souligne : "Moi-même le premier, je suis étonnée de ne pouvoir nous fournir en pierres de Haute-Loire ! Mais actuellement, aucune carrière ici n'est ouverte pour ça".

Et pourquoi la Turquie ? "Car il fallait trouver une pierre aussi dense que l'altiligérienne ou celle d'Indonésie", indique le maire. Il termine en ce sens : "Croyez-moi, je ne suis pas fier qu'elles ne proviennent pas de nos terres. Mais aucune extraction n'est effective chez nous. Ce chantier a vraiment joué de malchance. Mais ce chantier, il faut le finir !"