Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur

La Haute-Loire, un des derniers départements français sans crématorium

Par nicolas@zoomdici.com mer 17/11/2021 - 17:00 , Mise à jour le 17/11/2021 à 17:00

Ils sont cinq. Cinq départements en France qui ne possèdent aucune structure offrant la crémation comme solution de « dernier voyage ». La Haute-Loire est l’un d'eux. Depuis 1980, les crématistes se battent pour combler cet écueil.

« Cela fait 41 ans que nous œuvrons pour que la Haute-Loire possède son propre crématorium, s’indigne Jean-Pierre Charra, vice-président de l’association des crématistes de Haute-Loire. 41 ans ! Notre département est totalement à la traîne sur le sujet ». Pour illustrer ses propos, il évoque les chiffres des crémations dans les autres départements. « En Haute-Loire, nous sommes un peu moins de 20 % à choisir la crémation. Alors que la moyenne nationale est au-delà de 38 %. À Saint-Etienne, ce ratio dépasse les 50 %. Et dans certains pays, on monte à plus de 80 % (Japon : 99,7 %, Hong-Kong : 85 %, Ndlr). »

« Dans certaines villes comme à Capdenac-Gare dans l’Aveyron, des lotissements entiers entourent le crématorium. Certains immeubles se sont même construits postérieurement à celui-ci ». Jean-Pierre Charra

Les départements sans...

D’après le site de Funéraire-Info, les cinq départements démunis de crématorium sont la Corrèze, le Lot, la Lozère, la Haute-Marne et la Haute-Loire.

« Pourquoi ce qui serait possible dans pratiquement tous les départements de France ne le serait pas en Haute-Loire ? »

Mais pourquoi tant de retard sur nos voisins départementaux ? « À cause de toutes les idées infondées qui entourent le sujet !, se désole Jean-Pierre Charra. Pour le terrain de Saint-Hostien que nous avons failli avoir, nous avons entendu des choses incroyables. Certains disaient que l’implantation d’un crématorium allait engendrer une pollution pire qu’à Tchernobyl et que cette soi-disant pollution allait remonter jusqu’au Pertuis avec le vent du midi. D’autres assuraient qu’un ballet incessant de corbillards allait traverser le bourg et provoquer des conséquences psychologiques graves chez les enfants du village ! »

Dépité, il assène : « Nous sommes fatigués d’entendre de telles inepties ! Pourquoi ce qui serait possible dans pratiquement tous les départements de France ne le serait pas en Haute-Loire ? »

« S’il y avait une quelconque pollution issue des crématoriums, ces derniers n’existeraient plus notamment dans ce contexte d’urgence pour préserver l’environnement ». Jean-Pierre Charra

Jean-Pierre Charra interpelle les altiligériens

« Il serait bien que les personnes intéressées par la crémation viennent rejoindre notre association. C’est une entité apolitique qui travaille seulement pour le bien commun ».
Toutes les infos et contact sur le site des Crématistes de Haute-Loire.

« Beaucoup ont encore l’image des fours des années 39-45 avec les panaches noirs au-dessus des cheminées »

« Encore une fois, la principale raison du non aboutissement des projets provient de cette mauvaise information concernant une pollution qui serait engendrée par les fumées des crématoriums, livre Jean-Pierre Charra. Beaucoup ont encore l’image des fours des années 39-45 avec les panaches noirs au-dessus des cheminées. Je le dis et insiste, les dispositifs actuels ne produisent aucune pollution. Aucune ! »

Le vice-président de l’association indique également le manque de volonté politique pour faire aboutir les dossiers. « Mais cette volonté semble évoluer et se renforcer, soulève-t-il, Roland Longeon, vice-président de l’Agglo du Puy-en-Velay chargé des finances, nous a clairement montré son intérêt là-dessus ».

« Les idées conservatrices religieuses de la Haute-Loire ont freiné pendant longtemps le principe de la crémation. Pourtant l’Église catholique a accepté ce choix depuis plus de 30 ans déjà ! » Jean-Pierre Charra

« Il y a une avancée notable même si ce n’est pas pour demain »

La Communauté d’Agglomération du Puy-en-Velay va mettre en place une Délégation de Service Public (DSP) pour que la collectivité s’occupe du projet mais sans le prendre en charge. « Cela signifie en résumé que ce sera le délégataire retenu en charge de la création du crématorium et de sa gestion, précise Jean-Pierre Charra. Et c’est également lui qui choisira le lieu d’implantation ».

Il ajoute : « Cela indique qu’il y a une avancée notable même si ce n’est pas pour demain. En décembre 2021, le conseil communautaire va lancer cette DSP et suivre toutes les étapes de bout en bout. Et ce n’est qu’en février 2023 que l’Agglo retiendra alors le candidat en lice pour prendre en charge le crématorium ». Ce dernier bénéficiera ainsi d’un temps de gestion d’une durée de 27 ans.