Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur

Le Roi de l'Oiseau 2021 monte sur le trône pour la 3ème fois

Par nicolas@zoomdici.com dim 19/09/2021 - 21:30 , Mise à jour le 19/09/2021 à 21:30

La finale du Jeu de l'Oiseau s'est achevée ce dimanche 19 septembre vers 18h30. Bruno Chautard, 53 ans, habitant à Coubon, devient le Roi de l'édition 2021. Il rafle ainsi pour la 3ème fois la couronne tant convoitée. Quant au Prince, il s'appelle Yanis Colin Dumas, a 12 ans, et nous vient de Lodève (34).

La météo semblait promettre une finale du Jeu de l'Oiseau sous une pluie battante. Les nuages ont finalement retenu leur souffle et leur crachin le temps que les dizaines de flèches se tirent dans l'espace de la grande lice. Malgré un public quelque peu clairsemé, la compétition s'est donc parfaitement déroulée : seize archers ont joué de leurs talents pour décrocher le Graal des festivités du Roi de l'Oiseau : la couronne et l'épée.

Les 16 finalistes, calmes avant qu'ils ne déchaînent la tempête de flèches. Photo par Nicolas Defay

517 participants

"Cette année, ce sont tout de même 517 personnes qui ont joué le jeux, explique Julie Jarniat, Capitaine des archers du Velay. 383 étaient issues du public et 134 venues des camps du Roi de l'oiseau. Il y a eu 146 enfants pour 371 adultes. C'est un bilan finalement satisfaisant en dépit des conditions météorologiques et du contexte sanitaire".

Jean-Louis Roqueplan, metteur en scène du Roi de l'Oiseau, ajoute : "C'est vrai que dans une année normale, ce sont environ 900 personnes qui viennent s'essayer au tir. Mais tout le monde comprend bien que nous ne sommes pas dans une édition classique".

Julie Jarniat, Gérard Langrenet, et Jean-Louis Roqueplan. Photo par Nicolas Defay

Une seule fille pour les archers adultes

Parmi les huit finalistes enfants et les huit adultes, certaines particularités sont à soulever. D'une part, il y a parité totale entre filles et garçons sur la compétition du Prince. Alors que chez les adultes, seule Sylvie Barriol, 55 ans, habitante du Puy-en-Velay, représente la gente féminine. Le plus jeune archer est une fille de 10 ans, Alissa Frenillot d'Alba-la-Romaine (07). Le doyen est Pierre Bernard, 65 ans, provenant de Saint-Genis-Laval (69).

Autre curiosité, Paul Moreira du Puy-en-Velay, 48 ans, participe à la finale. Tout autant qu'Enzo, 12 ans… son fils. Enfin, chose rare voire sans précédent, un candidat a déjà été Roi en 2005 et 2008. Et, sans qu'il ne le sache encore, Bruno Chautard, 53 ans, surveillant de nuit dans un foyer d'adultes sourds déficients mentaux, coiffera de nouveau la couronne en ce 36ème opus des Fêtes Renaissance.

Paul Moreira et son fils Enzo en lice tous les deux pour la finale. Photo par Nicolas Defay

Finalistes pour le Roi de l'Oiseau

  • Le gagnant : Bruno Chautard, 53 ans, de Coubon (Roi de l'oiseau 2005 et 2008)
  • Paul Moreira, 48 ans, du Puy-en-Velay
  • Sylvie Barriol, 55 ans, du Puy-en-Velay
  • Hassan Jouhari, 41 ans, de Lyon (69)
  • Elie Deville, 23 ans, de Grenoble (38)
  • Benjamin Gaucher, 27 ans, de Charentus
  • Pierre Bernard, 65 ans, de Saint-Genis-Laval (69)
  • Benoit Demijolla, 45 ans, du Puy-en-Velay

Finalistes pour le Prince de l'oiseau

  • Le gagnant : Yanis Colin Dumas, 12 ans, de Lodève (34)
  • Camille Coulet, 12 ans, de Chaspinhac.
  • Enzo Moreira, 12 ans, du Puy-en-Velay
  • Alissa Frenillot, 10 ans, d'Alba-la-Romaine (07)
  • Marion Rochette, 16 ans, d'Arsac-en-Velay
  • Loris Dupont, 11 ans, du Puy-en-Velay
  • Camille Bref, 15 ans, de Rive de Giers (42)
  • Leia Bischoff, 15 ans, de Saint-Julien-Chapteuil

 

La cible pour tous mais l'Oiseau pour les deux meilleurs

"Chaque candidat tire trois flèches, précise Julie Jarniat. Suivant le nombre de points, on prend les huit meilleurs parmi les enfants et les adultes. Le maximum de points à faire est de 30. Les adultes tirent à 15 pas (un pas correspond à un petit mètre, Ndlr) et les enfants à 10". Pour la finale, les mêmes règles sont respectées. Lorsque les huit archers ont décoché leurs trois flèches, les quatre plus forts restent pour la demi-finale. La finale se partage enfin entre les deux archers ayant additionné le plus de points en demi-finale. Pour cette ultime volée de flèches, la cible ne compte pas. C'est l'oiseau qu'il faut atteindre. Celui qui s'approchera le plus de son cœur sera sacré Prince et Roi de l'Oiseau.

L'un des archers finalistes en plein tire. Photo par Nicolas Defay

"Même les plus aguerris peuvent se sentir déstabilisés"

"L'oiseau s'appelle communément le papegaï, explique Gérard Langrenet, président de l'événement. Pour nous, c'est l'Oiseau Roi. Nous voulons lui donner un titre de noblesse car c'est grâce à lui qu'il nous réunit ainsi". Si Julie Jarniat indique que tout le monde peut venir s'affronter, jeunes et moins jeunes, filles et garçons, dilettantes et confirmés, elle admet tout de même que ce sont en général des archers expérimentés qui remportent le tournoi. "Oui mais il faut noter que personne ne vient avec son propre arc, soulève Jean-Louis Roqueplan. Donc, même les plus aguerris peuvent se sentir déstabilisés".

D'après les responsables, les arcs disponibles au Roi de l'Oiseau délivrent une puissance comprise entre 18 et 40 livres. À titre de comparaison, les arcs en if utilisés au XVIe siècle généraient jusqu'à 140 livres de puissance, nécessitant alors une force considérable pour le fléchir en sa totalité.

Yanis Colin Dumas est le Prince de l'Oiseau 2021. Photo par Nicolas Defay

"Pour les impôts, on est en négociation mais je ne crois pas que cela va aboutir"

Au terme des lancées de flèches par les 16 compétiteurs durant l'heure de tournoi, ce sont donc le jeune Yanis Colin Dumas, 12 ans, de Lodève (34) et Bruno Chautard de Coubon qui succèdent au Prince et Roi de l'édition 2019. À l'époque de François 1er, il y a cinq siècles, celui qui devenait le Roi de l'Oiseau accédait à certains avantages. Notamment celui de loger gratuitement pendant son règne et d'être exempté d'impôts toute une année. Apparemment, cette coutume est révolue. "Pour les impôts, on est en négociation mais je ne crois pas que cela va aboutir", plaisante Jean-Louis Roqueplan. Autres temps, autres mœurs comme dit l'adage.

Le Prince et le Roi de la 36ème édition du Roi de l'Oiseau. Photo par Nicolas Defay