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Le lycéen qui lit le mieux à voix haute de France est Monistrolien

Par annabel@zoomdici.com ven 18/06/2021 - 06:55 , Mise à jour le 18/06/2021 à 06:55

Il l’a fait ! Gaspard Bardel a remporté la 2e édition du concours national "Si On Lisait à Voix Haute"

Ses deux prestations, diffusées ce jeudi 17 juin 2021 sur France 5 sur le plateau de La Grande librairie, ont conquis le jury.
L’élève de terminale du lycée Léonard de Vinci a lu des textes des années 1990 de Jean-Pierre Siméon et Sylvie Germain.
Il s’impose donc comme vainqueur dans la catégorie lycéens sur pas moins de 130 000 candidats, collégiens et lycéens, au départ.
De quoi bien lancer une année dont la grande cause nationale déclarée par le président de la République sera la lecture.
 

> Retour sur notre interview de Gaspard à l'annonce de sa sélection nationale :

L’art jugé non essentiel, avoir 20 ans dans un monde détraqué… Gaspard Bardel a choisi des thèmes de 1931 et de 1965 qui résonnent d’actualité. Ces choix ont valu au lycéen monistrolien une place en finale nationale du 2e concours "Si On Lisait à Voix Haute" de l'émission La Grande librairie sur France 5 avec François Busnel. Interview.

« Au départ, il y avait trois classes inscrites au concours de lecture à voix haute, se souvient Sandra Schlegel, la documentaliste du lycée public Léonard de Vinci de Monistrol-sur-Loire, les terminales E, F et la STMG (management et gestion) qui a ensuite abandonné ; parce que chacun est libre de participer ou non puis de quitter l’aventure ». Dans la classe de terminale E, cinq élèves ont décidé de choisir et de présenter un texte, sur un effectif d’une trentaine. « Notre prof’ de philo, Mme Callond, ne nous a pas tout de suite dit que c’était pour l’émission La Grande librairie de France 5 », raconte Gaspard Bardel, 17 ans. Peut-être pour ne pas leur mettre la pression trop tôt ? « Ça ne m’aurait pas posé de problème de toute façon », répond celui qui suit une spécialité Humanité Littérature Philosophie (HLP) et Histoire Géographie Géopolitique. Après lecture de chacun, la classe a voté pour son représentant.

Il a alors fallu enregistrer une vidéo. « L’an dernier, j’avais galéré au collège du Monteil de Monistrol avec les moyens du bord, nos smartphones…, soupire Sandra Schlegel, mais là grâce à la section audiovisuel du lycée Léonard de Vinci, on a vraiment pu se concentrer sur l’accompagnement à la lecture. »

Pour la première sélection, Gaspard Bardel a choisi de lire un extrait d'Aden Arabie de Paul Nizan. Il explique pourquoi :

Gaspard Bardel lit Aden Arabie de Paul Nizan from Zoomdici Haute-Loire on Vimeo.

Sur 130 000 vidéos de candidats, collégiens et lycéens confondus, 164 ont été retenus, dont Gaspard. Une belle réussite pour celui qui regrette n’avoir jamais fait de théâtre. D’autant que prendre la parole face à un public n’est pas si courant dans le système éducatif français. « Je fais partie du nouveau bac où on travaille plus l’oral avec des présentations d’exposés, tempère Gaspard, donc ça a aidé mais la lecture à voix haute c’est encore autre chose. » Il a donc dû s’entraîner car, comme il dit, « le diable se cache dans les détails » :

Le choix du texte joue aussi un rôle important. « Il y a des critères établis par La Grande Librairie, explique Sandra Schlegel, par exemple il ne faut pas de textes religieux, politiques ou rédigés soi-même… après en interne au lycée on a aussi conseillé aux candidats de choisir des thèmes qui véhiculent des valeurs, des textes qui portent le public plutôt que des descriptions vides de sens ; c’est ce qui avait marché pour le concours de l’an dernier. » Quant aux valeurs en question, Delphine Callond et elle-même se sont bien gardé d’en suggérer. En tout cas, Gaspard a bien compris l’idée : « Le plus important à mon avis c’est de se mettre dans la peau du personnage donc c’est sûr que quand il y a des messages forts derrière, quand il y a un idéal qui est défendu, c’est plus facile de se glisser dans la peau de ce personnage et d’essayer de l’incarner au mieux ».

Parler à la première personne

Pour la deuxième étape du concours, il a alors fallu parler à la première personne pour se présenter avant de lire son texte. « C’était presque plus compliqué que de se lancer dans la lecture, reconnaît Gaspard, parce que je n’arrivais pas à me libérer, à être moi-même… ça a été un vrai exercice d’être naturel et de s’adresser à une caméra comme si je parlais à un ami. » Sandra Schlegel se souvient de ces tâtonnements : « Gaspard restait très intellectuel, je lui ai dit d’adopter un ton plus personnel, mais il a refait pareil. Il faut dire que dans le domaine scolaire on leur demande de s’exprimer intellectuellement. Mais c’est quelqu’un qui percute très vite donc la troisième fois, il a réussi. »

Pour cette deuxième étape, Gaspard a lu un extrait des Saisons de Maurice Pons. Il explique pourquoi :

Gaspard Bardel lit Les Saisons de Maurice Pons from Zoomdici Haute-Loire on Vimeo.

Un clin d’oeil à la Haute-Loire ?

Dans la vallée coupée du monde des Saisons de Maurice Pons, les habitants vivent exclusivement de lentilles, qu’ils mangent bouillies et boivent distillées.

La finale, elle, sera enregistrée le 27 mai à Paris puis diffusée en juin sur France 5 et Lumni.fr. Pour cette dernière étape, les candidats ont dû soumettre deux textes le 3 mai dernier. Après la lecture du premier, en plateau TV, trois candidats seront sélectionnés. Ces trois-là seront ensuite départagés sur leur dernier texte. Gaspard a choisi Stabat Mater Furiosa de Jean-Pierre Siméon (1999) puis, pour l'éventuel texte final, La pleurante des rues de Prague de Sylvie Germain (1992). Il nous les présente :

Le reste des élèves du lycée le soutiennent-ils ? « Pas forcément, réagit-il, mais oui mes amis évidemment et puis parfois il y a des gens qui me disent ‘bonne chance pour la finale’ donc ça encourage ! »
Ce genre de concours peut-il aider à valoriser la lecture en soi ? « Bien sûr, moi quand j’ai regardé la finale de l’année dernière, quand j’ai vu les candidats nous lire leurs textes avec autant de conviction et d’émotion, ça donne envie tout de suite de se plonger dans la lecture, de se dire que moi aussi je vais vivre cette histoire avec autant de ressenti. » C’est effectivement l’espoir de Sandra Schlegel. La documentaliste se félicite qu’un tel concours « sorte l’info du lot pour des jeunes qui sont assaillis par un trop-plein d’informations ». Elle a déjà trouvé une élève de première volontaire pour inciter les classes de seconde à participer au prochain concours, en duo avec Gaspard, à la fin de l’année.

Quant à Gaspard, après son bac, il espère intégrer une prépa littéraire à Lyon, Saint-Etienne ou Paris (il sera fixé à partir du 27 mai). Et pour ce qui est de choisir un métier, il se laisse encore le temps de réfléchir.

> Voir les vidéos des autres finalistes

Photo par France 5