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Quand les religions s’unissent pour voir l’humain avant tout

Par nicolas@zoomdici.com ven 28/05/2021 - 07:00 , Mise à jour le 28/05/2021 à 07:00

Entre les murs de la Mosquée Ar-Rahma du Puy, le Père Vincent Féroldi a rappelé l’importance de la fraternité entre les différentes religions du Monde. « Nous faisons partis de la même espèce humaine, appuie-t-il. Peu importe les confessions religieuses, nous sommes tous frères et sœurs ».

Mohamed Abdou, l'Iman de la Grande mosquée du Puy-en-Velay à Guitard, aux côtés de Mohamed Boussikli, gérant de l’édifice, ont accueilli Dominique Roux, délégué diocésain au dialogue interreligieux et le Père Vincent Féroldi, directeur du Service national pour les relations avec les musulmans (SNRM). Ensemble, ils mettent en exergue l’importance du respect entre tous et notamment entre les fidèles des religions qui composent un grande partie de la société humaine.

« Quand je rencontre quelqu’un, je ne vais pas lui demander si c’est un chrétien, un musulman, un juif ou tout autre. Car c’est d’abord et avant tout un frère ou une sœur en humanité ». Père Vincent Féroldi

Pour la première fois, Vincent Féroldi est venu poser quelques jours ses valises dans la cité ponote afin de rencontrer celles et ceux qui se battent pour que les différences de couleur de peau, de sexe et de croyance n’interfèrent pas sur le « bien vivre ensemble ». « Cette rencontre avec les musulmans au Puy me permet de découvrir profondément la communauté ponote, livre-t-il. La première chose qui m’a interpellé est la mosquée en elle-même. Je la cherchais sans la voir. J’apercevais bien au loin un grand bâtiment typique d’ici comme une grande ferme mais je n’ai su qu’en arrivant aux pieds de ses murs que c’était la mosquée en question. J’ai beaucoup voyagé en France et dans le Monde et c’est la première fois que je découvre une mosquée ainsi construite ».

Photo par Nicolas Defay

« Nous sommes malheureusement dans un monde de peur. Où les gens ont peur de l’autre »

Les yeux constamment rieurs, le Père Vincent Féroldi insiste sur la notion de fraternité, une notion mise à mal selon lui par le contexte de peur imposé par la pandémie. « Nous éprouvons tous une période difficile, déplore-t-il. Nous sommes malheureusement dans un monde de peur. Où les gens ont peur de l’autre. Ce qui se traduit par un rejet de l’autre. On peut penser même que certaines tensions sont dues aux différentes grandes religions à travers le Monde. Il nous est donc nécessaire de casser cette perception. »

Il ajoute : « Si une diversité culturelle et religieuse est importante pour chacun, il n’empêche que nous habitons tous sur la même terre. Quand je rencontre quelqu’un, je ne vais pas lui demander si c’est un chrétien, un musulman, un juif ou tout autre. Car c’est d’abord et avant-tout un frère ou une sœur en humanité ».

« Nous entrons en France dans toute une série d’élection politique. Il ne faut pas se battre dans une compétition de slogan sans substance. Il faut au contraire que les candidats travaillent à un projet commun pour nous rapprocher et non nous diviser ». Père Vincent Féroldi

Des petits gestes pour un très grand respect

« Le contexte pousse certains à des postures identitaires, s’inquiète Vincent Féroldi. Ces postures-là se traduisent par des positions contre l’autre. L’inquiétude exacerbe la peur qui se traduit par des divisions entre les communautés ». Positif, il nuance tout de même : « Heureusement, je pense que nous nous dirigeons dans le bon sens pour mettre un coup final à cette pandémie très anxiogène. Les données deviennent plus réjouissantes de jour en jour. Débarrassée de toutes ces craintes, la fraternité entre les peuples et les confessions religieuses va se renforcer et s’étendre tout autant ».

À titre d’exemple, il raconte les marques de respect reçues récemment. « Lors des jours de Pâques, de l’Ascension et de la Pentecôte, mes amis musulmans m’ont envoyé des messages pour me souhaiter de bonnes fêtes. J’ai fait de même avec le Ramadan et le l’Aïd. Ces petits détails, ces petites attentions ne sont pas grand-chose en soi, pas grand-chose à faire. Et pourtant, elles comportent en leur cœur un très grand symbole de respect entre nous et nos religions respectives ».