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Traité de Francfort, un devoir de mémoire

Par . . mar 11/05/2021 - 14:30 , Mise à jour le 12/05/2021 à 04:00

Une plaque du souvenir en hommage à l’officier ponot Pierre André Victor Parron (1823- 1870) a été dévoilée sur le monument aux morts du jardin Henri Vinay du Puy-en-Velay à l’occasion du 150e anniversaire de la signature du Traité de Francfort.

Le 10 mai 2021 en fin de matinée, c’est sous une pluie battante que les autorités civiles et militaires de la Haute-Loire se sont retrouvées devant le monument aux morts du jardin Henri Vinay érigé en 1895 à la mémoire des soldats altiligériens tombés au champ d’honneur au cours de la guerre franco-prussienne de 1870-1871.

À l’occasion du 150e anniversaire (jour pour jour) de la signature du Traité de Francfort qui marqua la fin de ce tragique épisode de notre histoire nationale, à l’initiative du service départemental de l’ONACVG de la Haute-Loire qui avait exhumé le parcours d’un ancien combattant tombé dans l’oubli, une plaque commémorative a été dévoilée sur le monument à la mémoire de l’officier de la Légion d’honneur Pierre André Victor Parron, né le 2 février 1823 au Puy et tombé au champ d’honneur (comme chef de bataillon au sein du 15e Régiment d’infanterie) au cours de la célèbre bataille de Gravelotte du 18 août 1870.

Pierre André Victor Parron, une vie de combat

Par la voix de Madame Jacqueline Roux, présidente de la Société des membres de la Légion d’Honneur de la Haute-Loire, toute l’assistante a ainsi pu mesurer la vie plus que remplie de cet illustre soldat qui, après de brillantes études au lycée du Puy, intégra la prestigieuse École militaire de Saint-Cyr en 1842 (Promotion Tremblement), pour en sortir deux années plus tard avec le grade de Sous-lieutenant et débuter dès lors une très belle carrière militaire qui sera ponctuée par de nombreuses expéditions : en Afrique à plusieurs reprises, mais également dans l’Adriatique et jusqu’au pied des remparts de Sébastopol durant la guerre de Crimée ; une expédition qui lui permettra, notamment, de ramener une ancienne peinture sur panneau représentant l’image de Jésus-Christ (prise dans l’église Iénikalé, près de Kerch), ainsi qu’une peinture à l’huile sur panneau représentant un archange (prise dans une maison de Sébastopol) ; deux œuvres artistiques dont il fera don et qui sont encore aujourd’hui visibles au Musée Crozatier du Puy.

Quand la jeunesse plonge dans l'histoire des vieilles guerres

Plus largement, cette cérémonie a également été l’occasion d’entendre Tom Grangé et Camille Royer (élèves au collège Saint-Régis Saint-Michel du Puy) nous donner lecture d’un extrait du Journal La Haute-Loire du 1er avril 1871 relatif à la démobilisation d’une partie des soldats au Puy, ainsi que des extraits du poème « Après la tourmente » du recueil Le Laurier Sanglant de l’écrivain Jacques Normand ; deux élèves qui, à l’image de tous leurs camarades de classe, avaient pu au préalable s’imprégner de l’évolution des relations franco-allemandes de 1871 à nos jours grâce à l’implication sans faille de leur enseignant d’Histoire-Géographie et membre de notre Conseil départemental pour les anciens combattants et victimes de guerre et la mémoire de la Nation, Monsieur Richard Crespy.

« La paix est un bien fragile qu’il nous appartient à tous de cultiver »

« N’oublions jamais ces milliers de héros anonymes qui accoururent à la menace du péril pour défendre leur sol ainsi que leur liberté, s'exprime Rémy Darroux (Secrétaire général de la préfecture de la Haute-Loire et sous-préfet de l’arrondissement du Puy). Des humbles parmi les humbles qui, à tous les moments de notre histoire, ont répondu présents avec la plus suprême des abnégations : celle d’avoir accompli de grandes actions qui les dépassaient eux-mêmes, avec la certitude qu’on n’en saurait jamais rien ; qu’on ne saurait jamais leur nom. C’est à cet héroïsme obscur ; anonyme ; ignoré de la postérité, que nous rendons aussi hommage en ce jour, pour que par l’exemple de ce sacrifice ultime, les générations d’aujourd’hui et demain n’oublient jamais que la paix est un bien fragile qu’il nous appartient à tous de cultiver, pour que cette "liberté" inscrite dans le marbre de notre devise républicaine puisse continuer à perdurer encore longtemps à l’échelle européenne ».

Texte issu d'un communiqué de presse de la préfecture de la Haute-Loire