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"Les retraités veulent vivre"

Par nicolas@zoomdici.com mar 30/03/2021 - 06:30 , Mise à jour le 30/03/2021 à 06:30

Tel est le titre d’un des tracts que neuf syndicats partagent pour annoncer la grande mobilisation annoncé du 31 mars en Haute-Loire et dans l’Hexagone. « Cela fait un an que nous n’avons pas pu nous exprimer !, livrent-ils. Pourtant, notre situation s’aggrave sans cesse. Il est temps de revenir dans la rue et faire entendre nos voix ! »

Selon un rapport de la Cnav en 2019 (Caisse nationale d'assurance vieillesse), le nombre de retraités en France atteint 14,5 millions de personnes, droits directs et dérivés confondus. Si ce chiffre ne parle pas à grand monde, celui qui suit est tout de suite plus percutant. « En moyenne, les bénéficiaires de droit direct en France ont droit à une pension de base mensuelle de 717 € brut », est-il mentionné dans le rapport. À noter que le seuil de pauvreté est de 1 015 euros dans le pays des droits de l’Homme.

A.Castellan, G. Ducarouge, S. Bouquet et J. Déléage. Photo par Nicolas Defay

Mercredi 31 mars, 10h30, devant la préfecture au Puy-en-Velay

Le« Groupe des neuf », composé de neuf syndicats représentants les retraités en France, tape du poing sur la table. « Une grande mobilisation nationale est prévue mercredi 31 mars, précise Joseph Déléage, retraité FO. En Haute-Loire, elle se déroule à 10h30 devant la préfecture du Puy-en-Velay. Sur place, nous ferons part de nos revendications qui sont aussi nombreuses que légitimes tant la situation des millions de retraités se dégrade d’année en année ».

« Au bout du compte, nous assistons aujourd’hui à une maltraitance institutionnelle pour les locataires et les soignants dans le seul but de faire des économies. Faire des économies au détriment de l’humain ». Alain Castellan

La digitalisation des services publics, ennemie des interactions humaines

À ses cotés, Sabine Bouquet, secrétaire UCR CGT 43, liste quelques-uns des principaux combats sur lesquels l’intersyndicale entend bien se battre. « La santé avant tout, partage-t-elle. Les conditions dans les Ehpad est lamentable, que ce soit au niveau des résidents ou pour le personnel sous-payé et en sous nombre. Le pouvoir d’achat est également un axe très important, constamment mis à mal alors que l’inflation augmente et va bientôt flamber prochainement d’après l’ensemble des économistes ». Elle ajoute : « Les services publics ferment les uns après les autres au profit d’une digitalisation des services. Cette solution n’est pas possible pour une majorité de retraités et d’autres citoyens en manque de connaissances numériques ou de matériels adéquats ».

Coût de la vie en hausse et pensions de retraite en quasi stagnation

Gilbert Ducarouge, syndicat FSU section retraite, apporte lui aussi des éléments de crispations qui semblent teindre de noir les jours prochains des retraités. « Concernant notre pouvoir d’achat, nous avons eu droit à une revalorisation de nos pensions de 0,3 % en 2019 et 2020 et 0,4 % au 1er janvier 2021, décrit-il. Mais l’inflation a grimpé, elle, de 0,9 %. Les prix augmentent beaucoup plus que nos pensions de retraite. »

Il continue : « Entre 2008 et 2020, nos pensions nettes ont évolué de 6 % en 12 ans. Celle des prix de 13 % sur la même période ! Nous ne pouvons plus continuer ainsi ». En parallèle, les mutuelles ont augmenté de 5 % entre 2019 et 2020 (Source : UFC-Que Choisir), les tarifs de l’électricité de 1,6 % en février 2021 et celui du gaz de 3,6 % (Source : CRE, Commission de Régulation de l'Énergie).

Une violence institutionnelle à chaque bout de la chaîne

Représentant la fédération des retraités dans la fonction publique, Alain Castellan met en exergue la situation des Ehpad et des maisons de retraite. « La crise sanitaire a fait ressortir les défaillances du système sur l’aspect médico-social, pointe-t-il du doigt. Les résidents des Ehpad sont de plus en plus logés dans des conditions lamentables parce qu’il en est de même des conditions de travail du personnel. Il faut réinvestir massivement sur ce secteur. Il faut des formations et des rémunérations dignes afin d’attirer des professionnels. »

Alain Castellan assène : « Au bout du compte, nous assistons aujourd’hui à une maltraitance institutionnelle pour les locataires et les soignants dans le seul but des faire des économies. Faire des économies au détriment de l’humain ». D’après les syndicats, ce sont 100 000 lits qui ont disparu depuis 30 ans avec des suppressions massives de personnels.