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« C’est une révolution pédagogique »

Par maceo.cartal.3… ven 05/02/2021 - 05:58 , Mise à jour le 05/02/2021 à 05:58

La rentrée prochaine sera synonyme de mouvement au sein de l’enseignement supérieur. Le DUT disparaîtra au profit du BUT, Bachelor Universitaire technologique. Se faisant sur 3 ans, cette réforme concerne 24 formations dans les 11 IUT d’Auvergne-Rhône-Alpes. En Haute-Loire, l’IUT voit ainsi ses trois DUT et licences professionnelles chamboulés. Zoom sur ce qui va changer.

Changement de nom, de durée, de valeur… Les nouveaux Bachelors Universitaires Technologiques (BUT) constituent la grande nouveauté de la rentrée 2021 de l’enseignement supérieur. Si la mention DUT ne disparaît pas totalement, la méthode d’apprentissage se voit fortement évoluer.

Un diplôme qui passe de 2 à 3 ans pour un niveau licence

Première différence fondamentale entre les deux nominations est que le BUT fourni un niveau bac+3, contre bac+2 pour le DUT et fournira ainsi aux étudiants non pas 120 crédits ECTS (système de crédit européen) mais 180, ce qui fourni alors à ce BUT l’équivalence d’une licence. Cette modification apporte une réelle reconnaissance du diplôme à l’international.

On peut considérer que le BUT est l’équivalent d’un parcours DUT + licence professionnelle, cependant les méthodes pédagogiques ne sont plus les mêmes et changent radicalement. Le BUT est un diplôme encadré par l’État, plus que celui de la licence professionnelle. Ainsi les compétences acquises dans un BUT ne seront pas différentes que dans les autres IUT. Cependant, il est possible de choisir entre plusieurs parcours au sein d’un BUT, quel qu’il soit, alors que tous les DUT ne proposaient pas forcément ce choix.

Une approche par compétences

C’est LE gros changement de fond de la formation. On ne parle plus de modules, que ce soit scientifique, numérique, etc. À présent, les méthodes d’évaluation tournent autour de compétences acquises. Les étudiants seront mis face à des situations d’apprentissage et d’évaluation (SAÉ). « Ces situations seront des situations concrètes, qui correspondront à une réalité du futur métier exercé » indique Isabelle Vitry, cheffe du département Chimie de l’IUT du Puy-en-Velay. Ainsi, l’étudiant pourra valider une ou plusieurs compétences selon le travail mené. Ces situations seront complexes, dans le sens où l’étudiant devra mobiliser plusieurs compétences pour arriver au résultat final.

Encore plus de professionnalisation

C’était déjà un point notable des DUT auparavant : la professionnalisation. Le lien avec les entreprises et la grande part de travaux pratiques permettaient une vraie reconnaissance du diplôme de la part du monde professionnel. Comme pour les DUT, les étudiants de BUT devront réaliser des stages de plusieurs semaines en entreprise. Après une spécialisation à choisir à la fin de la 2e année d’études, la 3e année pourra se faire en alternance, au même titre que la licence professionnelle.

Passer des ressources à l’application

« L’objectif est qu’il y ait une partie qu’on appelle les ressources, qui concerne l’apprentissage des différentes notions, qui soit directement mise en application par ces situations d’apprentissage et d’évaluation » déclare Manuel Grand-Brochier, directeur du site de l’IUT du Puy. Ces situations vont appeler à l’autonomie de l’étudiant qui fera évoluer la SAÉ en fonction de ses réflexions et des actions menés pour répondre à la problématique posée au départ. Le résultat de ces situations n’est pas forcément connu, il sera fonction de ce qu’amènera l’étudiant comme solution.

 

« Avant on amenait des connaissances aux étudiants sans savoir forcément si ça allait leur servir […] désormais nous travaillons en aval en se demandant de quelles compétences concrètes vont avoir besoin les étudiants pour accéder à leur futur métier. C’est une véritable révolution pédagogique », Isabelle Vitry

Cette nouvelle approche devrait permettre aux étudiants d’être mieux préparés aux réalités des professions visées, et ainsi s’assurer une meilleure insertion professionnelle.

Une équivalence DUT et une cohabitation avec certaines licences pro

Alors que les promos des DUT tournaient autour de 50 à 56 étudiants, les licences pro n’avaient qu’une vingtaine de place disponible. Avec l’arrivée du BUT en trois ans, la troisième année verra son effectif porté à environ 50 étudiants puisque l’effectif de sélection à la première année du BUT est le même que le DUT.

Cependant, le DUT en lui-même ne va pas complètement disparaître. Il sera possible pour les étudiants qui le souhaitent de demander une qualification intermédiaire au bout de deux années validées du BUT, leur offrant ainsi le diplôme du DUT, preuve d’un suivi d’études à bac+2. Il est de même pour les licences professionnelles. Bien que certaines disparaissent avec l’arrivée de ce nouveau diplôme , d’autres vont être maintenus en cohabitation pour une période plus ou moins déterminée. Par exemple, à l’IUT du Puy, la licence pro du département IG disparaît alors que la licence Métiers du Numérique (post-MMI) est maintenu jusqu’en 2023. Concernant la licence pro Qualité, Hygiène, sécurité, santé et environnement (département Chimie), elle devrait être maintenue jusqu’à 2023 minimum. Ces cohabitations sont dues ont fait que ce sont des licences « de niche », bien spécifique qui forment sur des compétences très précises.

Concernant les poursuites d’études, bien que le BUT soit en mesure de préparer les étudiants a une insertion professionnelle immédiate, ils peuvent néanmoins poursuivre leurs études selon leurs souhaits ou leur besoin. Contrairement au DUT, le BUT ouvre les portes des masters aux étudiants (étant un bac+3 de niveau licence). Certains peuvent même continuer en école d’ingénieurs, en fonction du parcours choisi.