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La Fédération des Viandes AOP de France s'installe en Haute-Loire

lun 09/12/2019 - 12:03 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:01

Cette fédération s'est constituée jeudi dernier à Roz-sur-Couesnon (Ille-et-Vilaine) et sera plus communément appelée FEVAO (Fédération des Viandes d’Appellation d’Origine). 
Après plusieurs mois de préparation de ce projet, les 11 ODG (Organismes de Défense et de Gestion) étaient réunis sur invitation de l’AOP (appelation d'origine protégée) Prés-salés du Mont-Saint-Michel qui fêtait également ses 10 ans.
La Maison du Fin Gras à Chaudeyrolles (43), siège de l’AOP Fin Gras du Mézenc, a été choisie pour recevoir le siège social de la FEVAO.

Du mouton à la dinde, du porc au boeuf 
On retrouve parmi ces onze AOP du mouton des Hautes-Pyrénées, de l'agneau du Mont Saint-Michel ou encore de la Baie de Somme, de la charcuterie de Corse, du taureau de Camargue, du porc noir de Bigorre, du porc basque, du poulet et de la dinde de Bresse, du boeuf de Maine-Anjou, du boeuf de Charolles, et bien sûr le Fin gras du Mézenc.

700 producteurs, trente départements et près de 30 M€ de chiffre d'affaires
Les 11 AOP membres de la fédération représentent en réalité 16 produits AOP différents dépendant chacun d’un cahier des charges spécifique. Elles regroupent à ce jour un total de près de 700 producteurs et concernent une trentaine de départements français. Le chiffre d’affaire annuel cumulé de ces 11 filières est de 25 à 30 millions d’euros.

Des valeurs communes à toutes ces AOP
Bien que représentant des productions issues d’espèces animales différentes, les filières viande reconnues en AOP à ce jour en France estiment partager avant tout les valeurs qui font l’essence même d’une AOP : l’authenticité de leurs production, la dimension culturelle et patrimoniale de leurs produits, le savoir-faire des hommes, l’intérêt économique et social des filières AOC/AOP et les pratiques traditionnelles de ces productions généralement de petites tailles, aujourd’hui encadrées et garanties par de stricts cahiers des charges AOC/AOP, gage important de qualité aux yeux du consommateur.

Mieux se faire connaître et de défendre leurs intérêts communs
Considérant que ces valeurs communes les conduisent à partager l’intérêt de les défendre et de les valoriser, les 11 AOP ont décidé de se fédérer et de créer cette nouvelle structure qui, en favorisant les échanges et l’interconnaissance, permettra aux AOP viandes de mieux se faire connaître et de défendre leurs intérêts communs. Avec notamment le Mercosur dans les tuyaux, c'est toute la filière bovine qui est inquiète et en Haute-Loire, elle représente d'innombrables emplois.
Des opérations de promotion collective seront mise en place et la fédération jouera son rôle d’interlocuteur unique face à toutes les instances nationales ou internationales à chaque fois que ce sera nécessaire.

"Les produits en AOP [... ] véhiculent la culture et l’identité des territoires"
"Les produits en AOP partagent le fait d’exprimer leurs terroirs à travers leurs spécificités, ils véhiculent la culture et l’identité des territoires. A contrecourant d’une société où tout va toujours plus vite, ils font l’éloge du temps. Face à des consommations éphémères, ils veulent apporter de la saveur et provoquer du plaisir", ajoute le basque Michel Ocafrain, producteur de porcs.

En cinq ans, une progression de 78 % pour le Fin Gras !
Pour la saison 2019, 1 170 animaux ont été commercialisés en AOP par 100 exploitations dans un réseau de près de 135 bouchers. Cette saison 2019 s’est donc achevée avec une nouvelle augmentation du nombre d’animaux produits et commercialisés sous l’appellation, soit 100 bovins de plus qu'en 2018.
La production partagée de moitié entre la Haute-Loire et l'Ardèche, poursuit une évolution constante depuis 2006, date de création de l'AOC devenue AOP en 2013. Sur les cinq dernières années, elle a progressé de 78% soit 500 têtes supplémentaires

"On connaît la qualité de la viande, il vaut mieux en manger moins, et manger mieux"
Cette viande se commercialise aisément et on en retrouve notamment chez le chef trois étoiles Régis Marcon de Saint-Bonnet le froid et quelques établissements à Paris. Manger de la très bonne viande sans se ruiner : c'est le credo sur lequel misent les producteurs de Fin Gras.
Le boucher de la rue Vibert au Puy, Brice Pellevoisin, nous donnait en exemple en février dernier un colis à 30 € pour 3 kg de viande, l'équivalent de dix steacks hachés de 100 grammes pour 10 €. "On connaît la qualité de la viande, il vaut mieux en manger moins, et manger mieux", ajoutait-il. Une philosophie qu'embrasse aujourd'hui les jeunes ménages. Selon une étude du Crédoc, la consommation de viande a baissé de 12 % en France au cours de la décennie écoulée.

Maxime Pitavy