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Chadrac : "On préfère investir dans la jeunesse que dans le bitume"

jeu 06/09/2018 - 17:22 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:54

"On a fait le bon choix, pour le bien des enfants". Le maire de Chadrac Gérard Convert est droit dans ses bottes, persuadé d'avoir pris la bonne décision en maintenant la semaine à 4,5 jours dans sa commune, selon la recommandation du conseil d'école. "Tous les professionnels y étaient favorables, mais aussi les parents", ajoute-t-il.

60 000 € par an : "un coût qui vaut le coup"
Un choix rarissime en Haute-Loire : seules cinq communes ont opté pour le maintien des rythmes scolaires à 4,5 jours, avec en corollaire une dépense budgétaire à assumer. "On sait que ça nous coûte environ 60 000 € par an", résume Gérard Convert, "mais on préfère investir dans la jeunesse que dans le bitume ; il faut savoir ce que l'on veut : c'est un coût qui vaut le coup".

De nombreuses demandes des familles
Sauf que les dépenses ne s'arrêtent pas là. Mickaël Faure, le directeur du centre social, a adressé un courrier aux familles bénéficiant du service en stipulant : "à la suite des nombreuses demandes des familles dont les enfants ne sont pas scolarisés à l’école de Chadrac, [...] le centre de loisirs de Chadrac sera ouvert le mercredi matin".
Cette ouverture se fait à titre expérimental jusqu'aux vacances de la Toussaint. Une prestation qui a également un coût, conséquent, bien que difficile à évaluer précisément (voir le détail ci-dessous).

Le coût du pôle jeunesse à Chadrac
C'est l'association "Vivre Mieux à Chadrac" qui gère le centre de loisirs, le centre social et l'accueil des ado au mille-club, mais également la crèche, la petite enfance étant devenue une compétence de l'agglo, qui verse 28 000 € par an à l'association chadracoise.
La mairie de Chadrac a versé une subvention de 43 000 € annuels en 2018 (pour un budget communal de 2,5 millions d'euros), ainsi que 80 000 € à la Maison Pour Tous (plusieurs centaines d'adhérents de moins de 16 ans)... sans oublier le personnel municipal mobilisé pour certaines de ces missions, scolaires ou périscolaires. L'ouverture du mercredi matin ne représente cependant qu'une partie du coût évoqué puisque la structure tourne à plein régime lors des périodes de vacances scolaires.

La collectivité "paye deux fois le service"
Le choix de la commune limitrophe du Puy-en-Velay est un signal politique fort : outre le maintien des 4,5 jours dans son école publique, elle ouvre son centre de loisirs aux autres enfants. "Nous sommes ouverts pour tous", répond Marc Delabre, maire-adjoint chargé de la communication, des affaires culturelles, de la vie associative, des sports et de la M.P.T., "les enfants des écoles privées et aussi ceux des communes périphériques".
Pour l'élu, c'est la preuve que le centre de loisirs "fonctionne bien" et qu'il est "attractif". Certes, la collectivité "paye deux fois le service" mais elle assume : "c'est un choix politique, depuis plusieurs années, on donne 10 % de notre budget annuel en subventions aux associations. Comparez-le avec des communes de tailles similaires...", appuie Marc Delabre.

Plus réceptifs aux apprentissages le matin que l'après-midi
Quant aux rythmes scolaires, la municipalité est plutôt fière de les maintenir : "on n'était qu'une douzaine de communes de Haute-Loire à y adhérer au début", se remémore l'adjoint, "on a tout de suite pensé que ça permettait aux enfants de découvrir des activités qu'ils n'auraient pas pu connaître autrement, que ce soit dans les domaines de la culture ou des arts, mais aussi des activités manuelles comme la poterie".
La municipalité se range derrière l'avis des experts : les enfants seraient plus réceptifs aux apprentissages le matin que l'après-midi. "Après, chaque commune a adapté la réforme à sa sauce mais nous, à Chadrac, on a choisi de faire cet effort avec des activités intéressantes et encadrées par des professionnels".
Quant aux risques de voir ces activités périscolaires concurrencer le tissu associatif et les clubs de la commune, la municipalité juge qu'au contraire, "les offres sont complémentaires et le périscolaire permet même de faire grimper les effectifs de certaines associations".

Maxime Pitavy