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Ouvrier enseveli : l'entrepreneur condamné

mar 19/06/2018 - 13:47 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

Comme nous le relations en détail en décembre 2015, les secours étaient intervenus peu avant 9h car plusieurs personnes venaient d'être prises au piège dans un ensevelissement sur la zone artisanale de La Chaud à Saint-Georges Lagricol, près de Craponne-sur-Arzon.

Ensevelis dans une tranchée parmi des cuves de 50 000 litres 
D'importants moyens avaient été mobilisés alors que trois hommes d'une trentaine d'années avaient été ensevelis, à des degrés divers, dans une tranchée où se trouvaient des cuves d'acier vides de 50 000 litres. Vraisemblablement sous l'effet d'une poche d'eau, ces cuves, qui font partie du complexe industriel, étaient remontées à la surface et avaient causé un effondrement du terrain.
Les trois ouvriers étaient chargés d'enterrer deux énormes cuves métalliques quand une nappe d'eau s'est créée sous les citernes vides de 50 000 litres et les a fait remonter à la surface. Les employés se sont retrouvés au sol tandis que le remblai, mélangé à l'eau, s'est dérobé sous la cuve. Il avait fallu utiliser une grue de levage et une pelle mécanique pour dégager les cuves.

Un mort et deux blessés, dont un gravement
Le bilan humain était lourd dans ce dossier, avec un homme de 30 ans décédé sur le coup, malgré de vaines tentatives de réanimation, un autre homme de 30 ans gravement blessé et héliporté vers Saint-Etienne et enfin un troisième ouvrier, âgé de 31 ans, qui avait été plus légèrement blessé pour sa part et qui avait également été conduit à l'hôpital.

Un dossier très technique sur l'enfouissement de ces cuves
L'affaire était déjà passée devant les juges en septembre 2017 et tout le débat était de savoir si les cuves ont été enfouies suivant les normes de sécurité et les précautions d'usage. Les premiers éléments de l'enquête mettaient en exergue un manquement de précaution de la part de l'employeur car l'entreprise aurait eu connaissance de la présence d'eau au fond mais elle n'avait pas entrepris d'ancrer les cuves.
À la décharge de l'entreprise, l'étude des sols n'avait pas été faite car aucun texte ne l'y oblige, puisque cette installation n'est pas classée. Le dossier était tellement technique que l'enquête a duré plus d'un an et que plusieurs renvois, pour des demandes d'expertises approfondies, ont été nécessaires avant que l'affaire ne soit finalement mise en délibéré en mai dernier.

Coupable d'homicide involontaire et de blessures involontaires
Ce mardi 19 juin 2018, le tribunal correctionnel du Puy-en-Velay a enfin été en mesure de rendre sa décision. Il a déclaré que le président de la société qui exploite la carrière de basalte était coupable d'homicide involontaire et des blessures involontaires sur l'un des deux autres employés.
Il a ainsi été condamné à une amende délictuelle de 7 500 euros et à une amende contraventionnelle de 800 euros. La partie civile, jugée recevable, sera indemnisée à hauteur de 1200 euros.

Maxime Pitavy