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"Nous refusons de voir le gouvernement euthanasier une Justice...

ven 30/03/2018 - 20:05 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:52

C'est une opération "Justice Morte", qu'ont lancé lancé avocats, magistrats et fonctionnaires, à l'appel des principaux syndicats de la magistrature, contre le projet de réforme de la justice portée par la ministre Nicole Belloubet.

"On va raisonner en termes d'arrondissement judiciaire, en terme d'effectifs"
La suppression de 307 tribunaux d'instance et de la fonction spécialisée du juge d'instance, mais aussi la privatisation du contentieux civil, la régression des droits de la défenseou encore la réduction de la collégialité sont autant de griefs portés par les manifestants.
"Même si le ministère nous dit l'inverse, il n'y a pas eu de concertation", estime Julien Chastang, greffier au tribunal du Puy et délégué CGT, "et on va raisonner en termes d'arrondissement judiciaire, en terme d'effectifs". Autrement dit, il y avait auparavant des juridictions avec des personnels et un directeur de greffe et demain, tout pourrait être basculé sous l'égide du tribunal de grande instance.

Les particularités d'une petite jutridiction comme la Haute-Loire
"On a le sentiment que plutôt que de regarder l'évolution de la société, des populations et des habitudes, des besoins, on regarde seulement la courbe des âges des fonctionnaires dans l'optique de s'en séparer petit à petit", déplore-t-il, même s'il reconnaît : "on est une administration moins impactée par les diminutions d'effectifs".
Dans un département comme la Haute-Loire, "il faut croire qu'il n'y a pas assez de population", ironise-t-il alors que le personnel doit être capable de répondre sur divers contentieux et fasse preuve d'une grande polyvalence et "au moindre départ, c'est toute une juridiction qui plonge".

Qu'est-ce que cette réforme peut changer dans le quotidien du justiciable ? 


"Il n'y a pas que les délinquants qui viennent au tribunal, ça peut concerner tout le monde"

Quand il manque des personnels, quand il manque des magistrats, les procédures sont longues et parfois, quand on est dans l'attente d'une procédure, on se retrouve bloqué dans la vie de tous les jours.
"Il ne faut pas croire qu'il n'y a que les délinquants qui viennent au tribunal,ça peut concerner tout le monde", commente le greffier du tribunal vellave, "ça peut concerner des choses toute bête comme une séparation, une vente immobilière, toucher une pension... et on reçoit beaucoup d'appels de gens qui nous demandent : mais il en est où mon dossier ? Parce que moi je suis coincé, tous les mois je perds de l'argent, etc.". Autant de problème qui pourraient se voir accentués, selon les syndicats, avec la réforme de l'institution.

Maxime Pitavy