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Brives : des incivilités qui ruinent le quotidien

ven 02/03/2018 - 11:19 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:51

Des tuiles arrachées, des fleurs déterrées, des rétroviseurs cassés, des vitres brisées, des déchets qui jonchent la chaussée, des équipements publics comme les jeux pour enfants détériorés, des éclairages brisés, des tags qui fleurissent dans les tribunes du stade de football... 
Depuis le printemps 2017, la plus grosse commune de l'agglo, après le Puy, se heurte à des incivilités, "particulièrement en période de vacances scolaires", précise le premier magistrat brivois.

Le maire, Gilles Delabre, demande aux parents de ne pas laisser leurs ado faire n’importe quoi, tard le soir, dans les rues. Il relate le ras-le-bol des habitants au micro de Zoomdici.


"Les rois de la caillasse, ou plutôt des gangsters"
"Je ne veux pas que l'on soit perçu comme une ville de banlieue car il fait vraiment bon vivre à Brives-Charensac, malgré la présence de notre importante zone commerciale et des milliers de voitures qui transitent chaque jour par la commune", explique en préambule Gilles Delabre.
Mais il est bien contraint de reconnaître qu'aujourd'hui, "nous sommes très perturbés par les rois de la caillasse, ou plutôt des gangsters", rectifie-t-il. Par des jets de pierre, des voitures ont été endommagées, des vitres brisées et des volets fracturés.

Vol par effraction pour des butins aussi dérisoires que des cacahuètes ou des bonbons
Les dégâts ne se limitent malheureusement pas aux biens des particuliers et le domaine public a également été victime de moultes incivilités.
La MPT (Maison Pour Tous) de Brives a subi plusieurs visites par effraction depuis un an, pour à chaque fois un butin dérisoire : des cacahuètes, des bonbons, du vin mousseux...

---------Plus de 10 000 € de préjudice : "autant d'argent qui n'est pas investi dans des projets pour les Brivois"
Outre la porte qui a été fracturée, "une fois, ils sont entrés par le toit et ils ont brisé la vitre du dôme", témoigne le maire, "on en a été pour 1 000 € de notre poche". Même constat du côté du gymnase de la commune, avec 2 000 € de vitres brisées. Pour surveiller le marché de Noël la nuit tombée (matériel stocké à la MPT), il a fallu engager des vigiles, là encore aux frais de la municipalité.
Quant au terrain de foot, à force de voir des tags recouvrir les tribunes (il faut repreindre derrière, ce qui représente un coût), le maire a pris un arrêté en septembre dernier interdisant l'accès au stade en dehors des matchs. Mis bout à bout, les dépenses de la collectivité dépasseraient les 10 000 € depuis le printemps dernier... "autant d'argent qui n'est pas investi dans des projets pour les Brivois", regrette Gilles Delabre.

"La police fait bien son travail, on ne peut pas lui jeter la pierre"
Le 22 décembre dernier, une porte de la MPT est fracturée. Le lendemain, le premier édile a surpris une poignée d'adolescents en flagrant délit. Connus à la fois de la municipalité et des services de police, les jeunes mineurs ont été entendus par les forces de l'ordre mais ne seront convoqués devant la justice qu'en avril... "On laisse le temps judiciaire opérer, on voudrait le voir raccourci car en attendant, ils continuent de sévir", ajoute-t-il même si ce n'est pas de son ressort.
"La police fait bien son travail, on ne peut pas lui jeter la pierre", glisse-t-il dans un jeux de mot involontaire, "ils font déjà des rondes mais on ne peut pas mettre un agent dans chaque ruelle". Pourtant, le secteur où le groupe d'adolescents sévit, "leur terrain de chasse", comme le qualifie le maire, a été identifié et englobe le secteur de l'avenue Charles Dupuy à la Maison Pour Tous.

Quatre nouvelles caméras vont être installées
En réponse aux inquiétudes des riverains et pour mettre un terme à ces déboires, le conseil municipal a validé le projet d'implanter quatre nouvelles caméras de sécurité qui vont être installées dans les jours à venir. Elles viendront compléter le dispositif existant, composé de huit caméras (notamment après la vague d'incendies), dont cinq sur la zone commerciale de Corsac (aux frais de l'agglo au nom de la compétence économique). 
Là encore, la mesure n'est pas sans frais : il faut compter environ 8 000 € par caméra. elles seront ainsi placées dans des endroits stratégiques, notamment afin de protéger le coûteux matériel de Puy de Lumière qui aura un spot sur Brives cet été. En espérant ne pas le voir, lui aussi, caillassé.

Maxime Pitavy