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« Un proverbe dit que l’Église se réforme toujours », rappelle l'évêque du Puy

jeu 01/02/2018 - 15:16 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:51

2017 a été l’occasion de marquer les 500 ans de la Réforme, pour l'œcuménisme chrétien. « Le 16e siècle n’a pas été qu’un temps de réforme pour les protestants. L’Église catholique aussi a connu un temps de réforme, à cette époque », rappelle l’évêque du Puy.

Ce dernier a lui-même provoqué pas mal de changements, depuis sa nomination en 2015, notamment la refonte de l’Agapè, ces retraites pour les personnes qui « souhaitent faire un travail spirituel de libération intérieure », et auxquelles Luc Crépy a redonné cette dimension justement uniquement spirituelle, ce qui n’était pas le cas : « quand on doit traiter des choses d’ordre psychologique, on le fait avec des experts, tranche l’évêque avant de préciser que ces retraites reprendraient en août 2018.

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Dans tous les diocèses un chargé de com'
Mais plus généralement, l’époque actuelle est-elle aussi un temps de transformation pour les fidèles du pape François ?
« Il existe un proverbe qui dit que l’Église se réforme toujours, nous sommes encore sous la dynamique du concile Vatican II qui a eu lieu dans les années 1960-70, rappelle l’évêque, il a transformé beaucoup de choses. Il faut pas mal de temps pour que les changements soient mis en œuvre, le pape dit qu’il faut accélérer cet élan. Ce début de XXIe siècle est très marqué par ce mouvement conciliaire.»

Mais le temps du concile n’est-il pas trop long, est-il adapté aux changements rapides qui caractérisent l’époque actuelle ?
Luc Crépy a manifestement pris acte d’une « histoire qui s’accélère, il me semble que dans certains domaines, par exemple celui des communications, l’Église s’est adaptée, estime Luc Crépy, dans tous les diocèses, il y a un chargé de communication, en 2018 nous avons le projet de relooker, rajeunir notre site Internet, le pape François, avec ces tweets notamment, est un grand communicant, on ne peut pas dire le contraire.»
----Lutte contre la pédophilie et tout abus sexuel
Président de la cellule permanente de lutte contre la pédophilie (CPLP), Luc Crépy travaille en collaboration avec des psychiatres, psychanalystes, avocats.
Après notamment la création d'espaces d’écoute pour les victimes, il annonce, en juin prochain, « une rencontre au niveau national avec les formateurs de prêtres, formateurs de religieux et religieuses.»
Luc Crépy conclut en élargissant ce fléau de la pédophilie « à la question plus générale des abus sexuels, notamment à l’encontre des femmes.»-----
«Il n’y a pas besoin d’un concile à chaque fois»
Le dernier concile avait beaucoup insisté « sur la place de tous les baptisés dans la construction de l’Église et je m’appuie beaucoup sur ce point », explique l’évêque.
En effet, en 2017, s’est poursuivie la création des ensembles paroissiaux regroupant plusieurs communes, « ce n’est pas parce qu’il y a moins de prêtres que la vie de l’Église diminue », il y a également eu la mise en place des veilleurs, dans toutes les communes, « qui sont les représentants de la communauté catholique.»

Luc Crépy constate qu’il y a encore « beaucoup à faire, notamment pour palier la baisse du nombre de prêtres.»
Concernant les problèmes de société - et nonobstant la postion figée de l'Église notamment quant à l'IVG, « de nombreux phénomènes sont apparus depuis les années 60-70 et il n’y a pas besoin d’un concile à chaque fois, dans les structures de l’Église, on met des choses en place.»

«Réfléchir sur les critères qui nous font voter»
Dans ce sens, au niveau du diocèse, Luc Crépy a nommé « un délégué au dialogue inter-religieux, Dominique Roux, notamment avec l’Islam, précise-t-il, dans le cadre de ce dialogue, on partage nos conceptions sur différents thèmes de société.»

L’évêque du Puy a aussi proposé, en 2017, plusieurs formations décentralisées (sur les trois arrondissements du département) quant à la « pensée sociale de l’Église.»
Dans le cadre de ces rencontres, les catholiques se sont interrogés sur « comment l’Église réfléchit sur toutes les questions de société, relate Luc Crépy, l’an dernier c’était une année d’élection, si notre institution n’est pas là pour dire pour qui il faut voter, elle propose de réfléchir sur les critères de choix qui nous font voter.»
L'évêque a alors rappelé aux participants de ces formations « plusieurs principes comme le bien commun, la solidarité, le respect de la planète Terre.»
Dans le cadre de ces interventions, Luc Crépy, outre son implication dans la lutte contre la pédophilie au sein de l’Église (voir ci-contre), a précisé que « c’est le rôle de l’évêque d’être enseignant.»

Jacques Jamon