Je signale une erreur

Précisez éventuellement la nature de l'erreur

Tous

Brioude

250 personnes pour soutenir le personnel de l'école de Vieille-Brioude

lun 30/01/2017 - 13:18 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:44

« C'est l'incompréhension totale ». Tel est le sentiment d'une maman d'élève vis à vis des accusations portées contre deux enseignantes et deux Atsem de Vieille-Brioude, poursuivies pour mauvais traitement ou non dénonciation de ceux-ci.
Un sentiment partagé par les 250 personnes réunies devant l'école, ce samedi 28 janvier 2017, à l'appel des parents d'élèves, des syndicats enseignants SNUDI-FO 43 et SNUIPP 43 et de FO territoriaux, pour témoigner leur soutien aux mises en cause.

"Jamais leurs enfants n'ont subi de maltraitance physique ou psychologique"
« La quasi-totalité des parents d'élèves de cette classe ont attesté sur l'honneur que jamais leurs enfants n'ont subi de maltraitance physique ou psychologique de la part de leur enseignante », a insisté Elise Bailleux, représentante des parents d'élèves.
« Ils ont attesté de même en la faveur de la maîtresse concernée par la deuxième plainte. Parents d'élèves, anciens parents d'élèves, anciens élèves, accompagnateurs, bénévoles, anciens élus, collègues et anciens collègues ont également rédigé des attestations ».

Une campagne de diffamation ?
Ainsi, selon les manifestants, il y aurait de la fumée sans feu. « Nous sommes choqués par l'acharnement dont sont victimes nos collègues », ont affirmé les représentants du SNUDI-FO de Haute-Loire, le syndicat des enseignants du premier degré Force Ouvrière, qui invoque la présomption d'innocence.
« Les accusations portées par seulement une ou deux personnes s'apparentent à une véritable campagne de diffamation qui n'a d'autre but que de nuire à des personnels dont les états de service sont élogieux. Nous dénonçons une volonté de casser des fonctionnaires par vengeance personnelle ».

Un mouvement de soutien qui va crescendo
Et Elise Bailleux d'encourager les personnes présentes à apporter leur témoignage. « Le groupe de soutien s'étoffe, les pétitions se signent et le combat continue », a-t-elle affirmé. « Il sera long, encore plus pour les enseignantes et employées communales que pour nous ». En effet, c'est seulement en avril que les enseignantes comparaitront en correctionnelle.

« Leurs vies sont détruites »
D'ici là, elles peuvent compter sur le soutien de nombreux parents et enfants « qui subissent aussi de plein fouet tout cet emballement judiciaire parti de simples allégations d'une seule famille », selon les termes de Françoise Verron, pour le SNUIPP 43.
Des parents qui ont confié leur inquiétude, quelle que soit l'issue de l'affaire. « On ne sait pas comment elles vont se relever de cette histoire », s'est émue une maman désirant conserver l'anonymat en raison des pressions ressenties. « Leurs vies sont détruites ».

Au-delà de l'affaire de Vieille-Brioude
« Cette histoire montre qu'aucun de nous n'est à l'abri », ont déploré les représentants du SNUDI-FO. « L'émoi qu'a généré cette sombre histoire témoigne de l'insécurité dans laquelle nous pratiquons notre métier. La question fondamentale, c'est : comment en est-on arrivé là ? Il y a certes la judiciarisation de la société, mais les contre-réformes, dont celle des rythmes scolaires, et la dégradation des conditions d'accueil des enfants et de travail des personnels ont contribué à la méfiance et à l'exaspération des parents. »
Pour le syndicat, ce sont les politiques successives dans l'Education Nationale qui « amènent les gens aigris ou imbus d'eux-mêmes à se saisir des armes que les gouvernements leur ont fournies pour nuire, calomnier, détruire en s'immisçant toujours plus dans l'école. »

Bientôt une manifestation à l'Inspection Académique
Le syndicat en profite d'ailleurs pour faire remarquer : « Ce n'est pas la réforme sur l'évaluation des enseignants qui va permettre de rétablir l'autorité et le respect qui nous font défaut. Aussi vous appelons-nous à participer nombreux au rassemblement le mercredi 1er février à 14h30 devant l'Inspection Académique, à Vals près Le Puy, pour le retrait du projet de décret sur l'évaluation des enseignants et en soutien à nos collègues de Vieille-Brioude ».

I.A.