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Les coiffeurs craignent de se faire couper l'herbe sous le pied

lun 08/02/2016 - 15:52 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:39

Déjà la semaine dernière le député Jean-Pierre Vigier avait été sollicité par le syndicat de l' Union nationale des entreprises de coiffures (UNEC) de Haute-Loire. Il s'était rendu dans l'arrondissement de Brioude (sa circonscription) chez Cathy Fayolle, vice -présidente de l'UNEC departementale.
Ce vendredi soir, c'est le député Laurent Wauquiez qui est venu témoigner son soutien à une profession inquiète et mobilisée. Ce dernier a dénoncé "des simagrées de politiques coupées des réalités", considérant cet aspect de la loi Macron comme "l'exemple typique des fausses bonnes idées".

Laurent Bastet est le Président de l' Union nationale des entreprises de coiffures de Haute-Loire. Est-ce que cette disposition peut mettre en danger votre profession ? Qu'est-ce qui vous dérange tant dans ce projet de loi Macron ?


De cinq ans à deux ans d'études pour diriger un salon
Pour exercer le métier de coiffeur, il faut être titulaire d'un certificat d'aptitude professionnelle (CAP), un diplôme que l'on obtient en deux ans d'apprentissage. Mais pour gérer un salon de coiffure, un an de mention complémentaire est requis, ainsi qu'un brevet professionnel (deux ans).
Pour le syndicat, ce n'est pas une qualification suffisante : "le brevet professionnel de la coiffure est bien plus qu'une nécessité", explique Laurent Bastet, Président de l' UNEC de Haute-Loire, "il est indispensable à celui qui compte devenir chef d'entreprise car il contient les bases élémentaires de management, de la gestion d'entreprise, de la législation du travail ou encore de la comptabilité".

Aucune garantie que celui à qui l'on confie son crâne ait les connaissances nécessaires en chimie
Seconde inquiétude pointée du doigt par les coiffeurs : sans brevet professionnel, aucune garantie que celui à qui l'on confie son crâne ait acquis les connaissances nécessaires en chimie afin de manipuler avec précaution les produits chimiques (produit pour une permanente, une coloration, une décoloration…). 
Enfin, le syndicat craint une dévalorisation du métier, avec des jeunes ne voyant plus l'utilité d'accéder à ce diplôme, et encore moins à un BTS (brevet de technicien supérieur) coiffure, récemment mis en place. Notons aussi le risque que la clientèle ne fasse pas la différence entre un coiffeur qualifié et non qualifié, objet donc de concurrence déloyale.

"Aucune aide régionale"
Si Laurent Wauquiez le député pourra faire remonter ces revendications jusque dans l'hémicycle, Laurent Wauquiez le Président de Région s'engage clairement à ce qu'aucune aide financière de sa collectivité ne soit allouée à un coiffeur souhaitant s'installer sans brevet professionnel (si la loi aboutit).
Question à Laurent Wauquiez
Pourquoi vous engagez vous à ce qu'il n'y ait aucune aide financière de la Région pour les coiffeurs n'ayant pas le diplôme ?

"L'objectif de dégonfler artificiellement les chiffres du chômage"
Pourtant, on ne peut pas dire qu'il y ait une pénurie de coiffeurs non plus.  En Haute-Loire, on recense 272 salons, soit plus d'un par commune. Et rien qu'au Puy-en-Velay, il y a 52 salons. Pour Laurent Wauquiez, l'objectif de cette loi Macron et du gouvernement socialiste est "de dégonfler artificiellement les chiffres du chômage". 
En l'espace de cinq ans, "on a perdu 10 à 11 000 salariés", assure Laurent Bastet, "et 950 entreprises ont fait faillite en 2015". Mais si la profession compte encore 82 800 établissements, les salaires sont loin d'être mirobolants : selon les chiffres de l'INSEE, un coiffeur à domicile a un revenu annuel de 10 500 €, un coiffeur en salon de 17 300 €.

Maxime Pitavy