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Haute-Loire : nouvelle mobilisation contre la réforme des collèges

jeu 17/09/2015 - 14:45 , Mise à jour le 17/09/2015 à 14:45

Après la rentrée scolaire, place à la rentrée syndicale. Deux semaines après la rentrée des classes, les enseignants du collège étaient appelés à faire grève ce jeudi 17 septembre 2015, en opposition à la réforme des collèges portée par la Ministre de l'Education Nadjat Vallaud-Belkacem.
Cette dernière l'a pourtant rappelé cette semaine avec fermeté : "la réforme a été adoptée et elle s'appliquera". Les syndicats, quant à eux, envisagent toujours la reconduite du mouvement (a priori en octobre) si la Ministre refuse de revoir sa copie.
Comme dans toute la France, un rassemblement a eu lieu ce jeudi devant l'Inspection d'académie de Haute-Loire, à Vals-près-le-Puy. L'occasion de revenir sur les doléances du corps enseignant face à cette réforme des collèges, des effectifs aux classes bilangues, en passant par les mathématiques.

----Les estimations du rectorat à 10 heures ce jeudi ont recensé, pour le département de la Haute-Loire, 20,10 % de grévistes en collèges, 4,23 % dans les lycées professionnels et 4,51 % de grévistes dans les lycées généraux et technologiques. Enfin, dans le 1er degré, le taux est de 2,28 %.
Au plan national, le Ministère a annoncé 15,8% de grévistes dans les collèges. Les syndicats en déclarent le double.-----"Une diminution déguisée des horaires disciplinaires"
En Haute-Loire, six syndicats (SNES-FSU, SNEP-FSU, SN-FO-LC, SNETAAFO, CGT Educ’action et SUD Éducation) manifestaient à 10h30, devant l'Inspection d'académie à Vals près Le Puy, avant qu'une délégation ne soit reçue.
La réforme engendrerait, selon les grévistes, davantage d'inégalités entre les élèves, aggraverait les conditions de travail et mettrait en concurrence personnels, disciplines et établissements. Le tout en instaurant un "nivellement par le bas", avec "une diminution déguisée des horaires disciplinaires".

  • Agnès Chichereau, secrétaire départemental du syndicat Force Ouvrière des lycées et collèges de Haute-Loire. Pourquoi un nouveau mouvement de grève ce jeudi ? Quelles pourraient être les conséquences de cette réforme en Haute-Loire ?

Maxime Pitavy

 

> A Langeac, des professeurs du collège ont manifesté en se bâillonnant.

  • Pour explorer plus en détail ce sujet, la rédaction de Zoomdici vous invite à vous référer à notre précédent article, lors de la manifestation du 19 mai 2015 :

Le taux d'encadrement, toujours dans l'oeil du cyclone
Si la droite critique abondamment cette réforme, elle a également contribué à affaiblir le système scolaire français lorsqu'elle était au pouvoir, en supprimant notamment de nombreux postes, alors que l'une des principales revendications porte justement sur les effectifs d'élèves, trop importants par rapport au nombre d'enseignants mis en face. Rappelons en effet que le ----Le 11 juin, le rectorat comptabilisait 13,33% de professeurs grévistes dans les collèges altiligériens.
Le 19 mai, ils étaient 27,23% dans l'académie de Clermont-Ferrand.
-----taux d'encadrement moyen dans les collèges de Haute-Loire est de 24,66 exactement.
Devant l'inspection d'académie, les syndicats ont protesté : "pour nous, il faudrait 20 élèves par classe pour des conditions d'enseignement acceptables, qui permettent de bien prendre en charge les élèves en difficulté, alors que le rectorat préconise plutôt 30 élèves par classe". La France consacre 6 % de son PIB à l'education Nationale, "on est bien loin derrière nos voisins européens", déplorent les syndicats, qui ajoutent : "rien ne changera sans réels moyens pour l'Education Nationale. Où sont les 60 000 postes promis ? On n'en a toujours pas vu la couleur".

L'option euro, "pas du tout élitiste"
Dans l'oeil du cyclone contestataire, on a beaucoup parlé de la suppression des classes bilangues, l'option européenne se transformant en EPI. Sous forme d'option, elle permettait de faire deux heures d'anglais de plus par semaine. Pour beaucoup, c'était un moyen de permettre aux meilleurs élèves de bénéficier d'un enseignement supplémentaire et de qualité, dans une classe formée "d'élites". La réforme de Najat Vallaud-Belkacem vise une école plus égalitaire mais la droite dénonce la "destruction de la méritocratie" et l'amorçage d'un nivellement par le bas.

  • Ce n'est pas du tout le point de vue de Claire Bertrand, enseignante d'anglais et de l'option euro au collège de Corsac à Brives-Charensac, qui assure que ce ne sont pas des classes d'élite mais au contraire un moyen de permettre à tous de progresser en anglais.
  • Quelles seront concrètement les conséquences au collège de Brives-Charensac si l'option est retirée à la rentrée 2016 ?

----Le 11 juin, le rectorat comptabilisait 13,33% de professeurs grévistes dans les collèges altiligériens.
Le 19 mai, ils étaient 27,23% dans l'académie de Clermont-Ferrand.
-----Ne pas oublier les mathématiques
On a beaucoup parlé des classes bilanges, de la deuxième langue vivante, du latin ou du grec, mais finalement très peu des mathématiques. Pourtant, cette matière est également impactée par cette réforme, car le programme est réduit d'environ un tiers.

  • Loïc Belin, professeur de mathématiques au collège Lafayette du Puy-en-Velay, trouve le nouveau programme de mathématiques scandaleux en terme de suppression de notions.

 

  • Risque-t-on de s'orienter, avec cette réforme, vers une école à deux vitesses ? Avec un risque de favoriser l'enseignement privé ? Ont-ils le droit de garder leurs sections européennes, comme ils annoncent qu'ils vont le faire ?

Le point de vue de l'Inspecteur d'académie
Najat Vallaud-Belkacem entend toujours mettre en œuvre sa réforme à la rentrée 2016. Le texte prévoit, entre autres, l'apprentissage de la deuxième langue vivante dès la 5ème (et par conséquent l'abandon des classes bi-langues dès la 6ème qui ne profitaient qu'à 16% des élèves) ou encore un accompagnement personnalisé à partir de la 6ème.
En Haute-Loire, certaines de ces mesures ont déjà été testées. Pour l'Inspecteur d'académie, Jean-Williams Semeraro, le département n'est pas le dernier à se bouger, comme il l'avait expliqué à notre confrère Quentin Lachèse de Nostalgie Puy-de-Dôme.


Jean-Williams Semeraro, en explique les grands principes.


> Tout savoir sur la réforme : le vrai / faux, les infographies...

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Réforme du collège : les pour et les contre Date : 18/05/2015

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