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Drame de Bas-en-Basset : le résultat des autopsies révélé

mar 16/06/2015 - 20:50 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:35

Plusieurs médias nationaux avaient de nouveau fait le déplaement ce mardi après-midi afin de connaître les dernières avancées de l'enquête, notamment le résultat des autopsies.
Le procureur de la République Jacques Louvier et le lieutenant colonel Jérôme Patoux, commandant le Groupement de gendarmerie de la Haute-Loire, ont donc fait le point sur cette triste affaire qui a coûté la vie à trois adolescents, Maxime, Bastien et Tristan, ce samedi 13 juin 2015 à Bas-en-Basset. Rappelons d'ailleurs que la quatrième victime, Robin, était toujours ce mardi soir dans un "état stable, bien que critique" selon les médecins.

----Si France Bleu Saint-Etienne Loire avance que l'explosion a eu lieu deux heures avant l'appel aux secours et qu'une dizaine d'enfants participaient au jeu d'airsoft, le procureur Jacques Louvier, joint ce mercredi à 8h15 par la rédaction de Zoomdici.fr, indique qu'il n'est "pas au courant de ces éléments" car il n'a "pas encore le rapport d'autopsie complet avec la datation de la mort". Quant à établir si d'autres enfants seraient impliqués, "les enquêteurs n'ont pas fini d'entendre tout le monde", précise-t-il.
-----Les trois victimes ont été "polycriblées"
Les jeunes qui sont décédés ce samedi ont donc été autopsiés ces lundi et mardi matins à l'Institut médico légal de Saint-Etienne, dans la Loire. Les résultats montrent, comme on s'y attendait, que les trois victimes ont été "polycriblées".
Aucune trace de projectile cinétique et aucune trace de stigmates de blessures à l'arme blanche n'ont été décelées, les victimes sont décédées des effets de "blast" ou de souffle, qui sont directement liés à l'explosion.

  • Le Procureur de la République du Puy-en-Velay Jacques Louvier revient sur les principaux éléments de ces autopsies.
  • Une des victimes était porteuse de gants, ce qui confirme l'hypothèse de départ de l'enquête, à savoir que les adolescents étaient bien en train de fabriquer une substance explosive.

La bâtisse a été démolie mardi après-midi
Comme nous l'avions annoncé (voir notre reportage vidéo), l'élite de la recherche en criminologie s'est rendue sur les lieux ce lundi soir avec l'Ircgn (Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale), qui doit faire une reconstitution en trois dimensions à la fois du lieu de l'explosion et aussi de l'explosion en elle-même d'une manière dynamique. "Ce sera fait dans les 72 heures", a annoncé Jacques Louvier.
Ces enquêteurs à la pointe de la technologie ont également confirmé la présence de deux produits retrouvés sur place : l'acétone et l'acide chlorhydrique. Ils vont maintenant procéder à de savants calculs afin de déterminer les quantités précises utilisées pour chaque produit. Notons enfin que la bâtisse devait être démolie ce mardi après-midi, comme l'a expliqué le lieutenant colonel Jérôme Patoux, commandant le Groupement de gendarmerie de la Haute-Loire : "on a d'abord isolé la maison par un périmètre de sécurité pour pouvoir travailler dans de bonnes conditions. Mais elle menaçait de s'écrouler et il a été décidé de la démolir".

Il existe bien une loi interdisant la diffusion de "recettes" d'explosifs
Comme nous l'avions évoqué dans notre précédent article, il existe bien une loi interdisant la communication, par tous moyens que ce soit, de système de fabrication d'explosifs. Le code pénal prévoit en effet, depuis plus de quatre ans, une peine d'une année d'emprisonnement et 15 000 euros d'amende pour diffusion à un public non professionnel des moyens permettant la fabrication d'engins explosifs. Cette peine est aggravée, soit trois ans d'emprisonnement et 45 000 euros, si cette diffusion passe notamment par Internet.

  • Jacques Louvier le confirme et envisage ainsi de pouvoir poursuivre en justice les éditeurs de contenus.

----On avait évoqué la présence d'un jeune homme rapidement présent sur les lieux du drame. Ce dernier avait donné l'alerte. Il a été identifié et auditionné. Il n'était pas sur place au moment de l'explosion, mais dans le bourg.-----Où ces produits dangereux ont-ils été achetés ?
L'enquête est en fait scindée en deux, avec d'un côté la brigade de recherches d'Yssingeaux et de l'autre côté, la section de recherches de Clermont-Ferrand. Il s'agit d'une part d'une enquête scientifique et d'autre part d'une enquête classique avec des auditions. Elle se poursuit donc avec notamment l'audition de la dernière personne à avoir vu les adolescents en vie. Les familles des victimes ne viendront que plus tard.

  • Enfin, les enquêteurs s'attachent à remonter le fil de l'histoire pour déterminer où ont été achetés les produits dangereux (l'acétone et l'acide chlorhydrique), bien qu'il n'y ait alors rien d'illégal, comme l'affirme Jacques Louvier.

Une cinquantaine de cartouches, mais une seule arme
Notons enfin qu'une cinquantaine de douilles de cartouches de CO2 usagées a été retrouvée sur place, ce qui laisse très clairement présager que ces adolescents s'adonnaient à la pratique de l' "Airsoft", sauf qu'une seule arme a été trouvée...
Il s'agit en l'occurence d'une réplique d'un pistolet automatique, elle n'a pas encore été expertisée et on ne sait pas encore si elle répond bien à la réglementation en vigueur, ni où elle a bien pu être acquise. Une mesure de joule devrait également permettre de connaître la puissance précise de cette arme factice (qui n'est pas en lien avec l'explosion).

Maxime Pitavy

  • Un club d'airsoft à Bas-en-Basset

En naviguant sur Internet, le procureur de la République du Puy-en-Velay, Jacques Louvier, a découvert qu'il existait un club d'airsoft à Bas-en-Basset. Ce mercredi matin à 8h15, il ignorait s'il s'agissait d'un club important ou si celui-ci ne comptait que très peu de membres. Il a chargé les enquêteurs de contacter les responsables du club.

  • Le communiqué de la Fédération Française d’Airsoft

"La Fédération Française d’Airsoft tient à présenter ses condoléances aux familles des victimes du drame de Bas-en-Basset en Haute-Loire.
Nous œuvrons, depuis la création de la FFA, pour la pratique d’un Airsoft responsable.
Les faits survenus ce week-end nous rappellent tragiquement qu’il est impératif d’avoir une attitude responsable dans tous les domaines pouvant se rapporter à l’Airsoft.
Depuis hier matin, la Fédération Française d’Airsoft se mobilise dans sa mission d’information sur l’activité d’Airsoft, notamment auprès des médias.
Nous vous rappelons que la confection d’engins pyrotechniques est une activité très réglementée et très risquée. Afin de vous préserver et de préserver votre entourage de tous risques,  ne tentez sous aucun prétexte la réalisation de recette que vous pourriez trouver sur internet.
Si vous utilisez des engins pyrotechniques, utilisez exclusivement des dispositifs légaux, acquis auprès de professionnels et répondant aux normes en vigueur (NF/CE) et surtout respectez scrupuleusement les préconisations d’utilisation du fabriquant.
Nous vous rappelons également que les organisateurs de parties imposent couramment des règles aux sujet des artifices, il est important de se renseigner avant la partie et de faire valider vos dispositifs auprès des organisateurs
Par ailleurs la Fédération Française d’Airsoft dans son ensemble condamne unanimement les inconscients qui mettent en ligne de tels contenus incitant à enfreindre les lois au mépris de la santé et de la vie des personnes.
Plus que jamais pour un Airsoft responsable!"


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