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Un pesticide 'fortement toxique' autorisé dans 14 communes de Haute-Loire

mar 09/12/2014 - 12:18 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:31

Le REN (Réseau Ecologie Nature) de Haute-Loire est une association regroupant 21 structures membres, engagées dans la préservation de l’environnement, de l’écologie et de la santé. Il compte plusieurs milliers adhérents en Haute-Loire et il dénonce aujourd'hui l'utilisation de pesticides contenant de la bromadiolone pour éradiquer les campagnols.
Dans le cadre du contrôle des populations de campagnols (ou rat taupier), qui occasionnent des dégâts dans les prairies de Haute Loire, 14 communes (Saint Geneys près Saint Paulien, La Chapelle d'Aurec, Saint Julien Chapteuil, Pont Salomon Mézieres, Malrevers, St Etienne Lardeyrol, Grazac, Laptes, Beaulieu, Rosières, St Julien du Pinet, Saugues et Bellevue la Montagne) sont autorisées à utiliser durant un mois des pesticides contenant de la bromadiolone par un avis de la FREDON (Fédération Régionale de Défense contre les Organismes Nuisibles).

Le risque d'un cercle vicieux en détruisant aussi les prédateurs naturels
Pour le REN 43, les appâts empoisonnés à la bromadiolone enfouis dans le sol (jusqu’à 7,5 Kg d'appâts par hectare) ne sont "pas une solution acceptable car ils occasionnent des empoisements par ricochet, avec des destructions de nombreux sangliers, rapaces, mais aussi des carnivores tels que les renards, les hermines, et autres nécrophages ou prédateurs des rongeurs".
En effet, la bromadiolone est "un pesticide anticoagulant fortement toxique et polluant de l'écosystème", estiment-ils, alors qu'il est étiqueté comme nocif pour les organismes aquatiques, entraînant des effets néfastes à long terme). Jean-Jacques Orfeuvre, le président du REN 43 prévient : "un cercle vicieux est ainsi créé : plus on emploie ces produits et plus on détruit les prédateurs naturels qui contribuent à contenir l’expansion des rongeurs".

----Le Campagnol terrestre est un rongeur souterrain herbivore (racines, bulbes et rhizomes). Sa reproduction explosive peut permettre à deux  adultes en mars d'obtenir 100 campagnols au mois d'octobre. Au cours de son cycle pluriannuelle (de 4 à 6 ans), sa densité de population peut dépasser 1 000 individus à l'hectare au moment du pic de pullulation.
-----Pour le REN 43, il existe des façons naturelles de se débarasser du campagnol
Le Réseau ecologie Nature propose de combiner des méthodes qui rendent le milieu défavorable aux campagnols : pâturage tournant, labour, hersage, broyage des refus, pression de piégeage, entretien des fossés qui sont des zone refuges des campagnols... tout en favorisant l'installation de prédateurs : maintien et plantation de haies, conservation des bosquets et arbres isolés, taillis, tas de cailloux et murets, implantation de perchoirs et pose de nichoirs pour les rapaces, qui assurent un service gratuit d'intérêt général.

Pour le REN 43, le renard ne doit pas être classé nuisible
En cette fin d'année, le REN 43 siégeant à la CDCFS (Commission Départementale de la chasse et de la Faune Sauvage) demande au Préfet de ne pas classer nuisible le Renard et les autres mustélidés prédateurs de ces rongeurs. "Les chasseurs tuent plus de 2 500 renards à la chasse, et plus de 800 par piégeage et déterrage des femelles et de leurs petits sans aucun argument scientifique ! ", tempête Jean-Jacques Orfeuvre, "alors que le renard est utile pour l’agriculture".
Ces destructions dirigées sont réalisées par des piégeurs dits « agréés » que le REN invite à se mobiliser sur les « rats taupiers » plutôt que sur "des espèces jouant un rôle régulateur".

Vigilance pour limiter l'empoisonnement des animaux domestiques
Pour le promeneur, il est conseillé de ne pas toucher aux appâts ni aux animaux morts ou mourants. Aux chasseurs et aux consommateurs de gibier, il est recommandé de ne pas manger le foie des sangliers provenant des secteurs traités.
Pour les habitants de ces communes, il est préconisé de ne pas laisser les animaux domestiques divaguer pendant la durée du traitement et jusqu'à deux semaines après, soit jusqu’à mi janvier 2015. Tous les ans des chats et des chiens s'intoxiquent en consommant des rongeurs empoisonnés...

Les cadavres d'animaux doivent être recensés
Les cadavres d'animaux empoisonnés doivent être collectés quotidiennement et éliminés. Toute personne découvrant des animaux suspectés d'avoir été empoisonnés, autres que les campagnols, doit informer immédiatement la direction régionale de l'alimentation, de l'agriculture et de la forêt ou le REN 43, qui propose de remplir une « fiche de déclaration de mortalité ».
Ces cadavres seront signalés au réseau de surveillance épidémiologique des oiseaux et mammifères sauvages (SAGIR).