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TNT : une proposition de loi des députés pour "un service public de qualité"

mar 08/07/2014 - 14:57 , Mise à jour le 08/07/2014 à 14:57

Les problèmes de réception des chaînes numériques de télévision sont légion dans bien des secteurs du département. Plusieurs lieux d'habitation, dans les communes notamment de Monistrol-sur-Loire, Saint-Pierre-du-Champ, Tence, Saint-Just-Malmont, Saint-Haon, Saint-Cirgues, Sanssac-l'Eglise, Lantriac, Chastel, Lapte, Beaux, Saint-Hostien, Sainte-Sigolène, Montregard ou encore Queyrières ont rencontré moultes problèmes et les ont fait remonter auprès de leurs parlementaires.
En 2013 déjà, les habitants de Saint-Just-Malmont avaient lancé une pétition pour faire bouger les choses. Au final, la plupart avaient été contraints de mettre en conformité leurs installations à leurs frais, en faisant appel à un antenniste.

Tentons de démêler cette nébuleuse administrative
Pour tenter de se repérer dans ce dédale administratif, il faut comprendre les rôles et compétences de chacun. Il y a d'abord l'ANFR (Agence Nationale des Fréquences Radios), chargée de mesurer les retours de fréquence d'émission et la qualité de la couverture de l'émission télévisée sur le territoire. Vient ensuite le CSA (Conseil Supérieur de l'Audiovisuel), qui ne peut intervenir que s'il a été saisi par l'ANFR.
Si le CSA confirme que les fréquences radios ne sont pas bonnes, il envoie une injonction aux opérateurs, qui se regroupent en multiplexes et qui, à leur tour, s'adressent à un prestataire : soit TDF, soit Towercast, qui sont chargés de vérifier que tout fonctionne sur le terrain.

Trois types d'origines aux problèmes de réception de la TNT
Une analyse a été effectuée par les services techniques du CSA pour déterminer les diverses origines de ces difficultés de réception. Il y a d'abord la limite ou l'absence de couverture TNT du territoire, qui avait déjà été identifiée au moment du passage au tout numérique en Auvergne en mai 2011. Dans ce cas, il est préconisé de passer à un moyen de réception alternatif (satellite, câble, ADSL...). Il y a ensuite l'orientation d'antenne de réception inadaptée (de nombreux cas pour les communes à l'interface de deux zones de réception) et/ou l'installation des équipements de réception défectueuse.
Enfin, certains dysfonctionnements sont en lien avec des anomalies de diffusion des réémetteurs TNT (environ 20 % des cas en Haute-Loire). C'est le problème pour deux réémetteurs de Haute-Loire qui ont été identifiés en mai dernier : à Aurec (pour les chaînes M6, W9, NT1 et Arte HD) et à Langeac (pour les chaînes TF1, TMC, NRJ12 et 1Arte). La direction des chaînes concernées a été alertée et le Conseil est en attente d'un calendrier d'intervention.

  • Laurent Wauquiez rappelle aux usagers les premières vérifications à effectuer en cas de dysfonctionnements. Si ça ne suffit pas, il invite les particuliers à faire remonter leurs doléances car les députés affirment avoir déjà résolu environ 200 cas de ce type en Haute-Loire. Ecouter. {{audio1}}

----La couverture en réémetteurs de la France métroplitaine est de l'ordre de 97 %, et d'environ 90 % en Haute-Loire.-----Les chaînes de télés peu pressées de payer
Pour faire simple, si votre problème de réception est lié à une mauvaise orientation de l'antenne ou une mauvaise installation du matériel, vous devez faire intervenitr un professionnel, à vos frais. Si le problème vient du réémetteur (du pylône), c'est aux chaînes télés d'intervenir, à leurs frais. Dans ce second cas, les délais d'intervention sont souvent relativement longs car la Haute-Loire ne semble pas une priorité pour ces chaînes télés et les prestataires ne sont pas sur place.
La réparation des pylônes est à la charge des chaînes de télés "qui le font de plus ou moins bon coeur car pour elles, ça coûte de l'argent et si elles ont tendance à veiller à ce que ce soit bien reçu à Lyon ou à Paris, parfois, elles oublient un peu les territoires comme les notres et nous, députés, sommes là précisément pour ne pas se laisser oublier", souligne Laurent Wauquiez.

  • Son homologue Jean-Pierre Vigier déplore que les prestataires intervenant sur les pylônes soit de grandes entreprises issues des grandes agglomérations et que de petites tâches basiques ne puissent être confiées à des entreprises locales qui en ont la capacité, sans parler des délais d'intervention et des surcoûts. Ecouter. {{audio2}}

Une proposition de loi à la clef pour "un service public de qualité"
Pour le cas de Saint-Just-Malmont, cité ci-dessus, les élus avaient obtenu auprès de l'ANFR qu'un boîtier soit installé en mairie, pour enregistrer tous les dysfonctionnements et ainsi établir un diagnostic précis. Idem à Barges. Deux exceptions car sinon, ce sont aux utilisateurs de faire remonter les doléances, jusqu'à ce qu'un nombre assez conséquent mobilise les services techniques des chaînes concernées.
"On voudrait qu'il y ait un système automatique", expliquent de concert les deux députés de Haute-Loire, "un détecteur d'anomalie pour une remontée d'information immédiate", comme ça existe déjà pour les radios. "Il s'agit d'un service public pour lequel on paie une redevance, donc ça paraît logique, c'est pourquoi nous allons prochainement faire une proposition de loi à l'Assemblée", concluent les parlementaires.

Maxime Pitavy