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Vals : sur le parking de Géant, un règlement de compte d'une violence extrême

, Mise à jour le 15/01/2014 à 02:22

Ce mardi 14 janvier, cinq prévenus étaient entendus au tribunal correctionnel du Puy-en-Velay après avoir, le 4 janvier 2013, à 16h30, violemment agressé deux frères sur le parking du Géant Casino, à Vals-près-Le-Puy. Tous sont connus du tribunal pour divers délits, plusieurs sont d'ailleurs en situation de récidive légale.

De nombreux protagonistes
Le président de l'audience, André-Frédéric Delay, s'est longuement attardé sur les faits ce mardi. Il faut dire que l'affaire est de taille : cinq prévenus, deux victimes, sept avocats et une salle d'audience remplie par les familles des différents protagonistes. Le 4 janvier de l'année dernière, alors que les deux victimes s'apprêtent à partir du centre commercial en voiture, leur route est bloquée par deux véhicules qui les empêchent de reculer. Les deux hommes sortent pour comprendre ce qu'il se passe et cinq individus leur tombent dessus. Très vite, les coups pleuvent et la violence atteint un niveau extrême. Les raisons de cette échauffourée restent très floues : un différent antérieur semble en être à l'origine.

Le film de la scène difficilement supportable
Les deux frères sont séparés : alors que deux agresseurs retiennent l'un entre deux voitures en stationnement, trois autres s'en prennent avec rage au second. L'un le tient par la tête alors qu'un autre lui asperge le visage avec une bombe lacrymogène. Il s'écroule par terre, les assauts se multiplient. Des dizaines de coups de pied et de poing sont portés au visage et au ventre de la victime. L'un des agresseurs lui gaze à nouveau les yeux alors que l'homme est à terre, impuissant. A trois contre un, il ne peut rien faire et se contente d'encaisser du mieux qu'il peut. Quand il parvient finalement à se relever, il a le visage en sang. C'est d'ailleurs cette image, particulièrement insoutenable, qui précipitera le départ d'une personne de la famille de la victime, en pleurs, de la salle d'audience. Le président souhaitait que la vidéo soit diffusée dans une volonté de transparence, pour ne rien omettre des faits.

"C'était clairement un guet-apens"
Le deuxième frère, lui, ne peut que constater la souffrance de son frère sans pouvoir intervenir. Deux autres agresseurs à la carrure imposante le retiennent et lui lancent quelques coups, notamment des coups de poing derrière la tête - "au moins onze coups de poing" de la part d'un des agresseurs, selon les dires d'André-Frédéric Delay. "Je n'ai rien vu venir", explique la victime. "Avez-vous eu l'impression d'être pris dans un guet-apens ?", lui demande alors son avocat. "On ne peut même plus parler d'impression, c'était clairement un guet-apens", répond-t-il aussitôt. Alors qu'il essaie de se libérer de l'emprise de ses assaillants, il reçoit quatre nouveaux coups de poing et deux coups de genou. Les deux individus tentent de le faire rentrer à l'arrière d'une voiture pour le tenir à l'écart - "on voulait le calmer, il était lui aussi énervé", expliqueront-ils.

21 jours d'ITT, à deux doigts de devenir borgne
C'est un employé du Géant Casino, alors qu'il ramasse des cadis, qui est témoin de la scène. Il alerte aussitôt les vigiles qui braquent les caméras sur la bagarre et interviennent immédiatement. Il leur faudra plusieurs minutes avant de pouvoir "calmer" la situation et de séparer les agresseurs de leurs victimes. Ces derniers profitent d'un moment de flottement pour prendre la fuite en voiture. A l'arrivée de la police, les deux hommes agressés ont également disparus. La voiture sera arrêtée un peu plus tard et quatre des cinq assaillants seront entendus : ils reconnaissent l'altercation mais, faute de plainte, ne sont pas interpellés par les forces de l'ordre. Il faudra attendre le coup de téléphone de la soeur d'une des victimes, depuis l'hôpital Emile Roux, qui devant l'état de son frère ne pouvait pas rester les bras croisés. Ce dernier, en effet, s'est vu prescrire une incapacité totale de travail de 21 jours et est passé à un cheveu de perdre un oeil. "Je vois encore un peu trouble et j'ai perdu la sensation du côté gauche du visage", confie-t-il à la barre.

De lourdes peines
Tous les prévenus étaient connus du tribunal pour divers délits. Les faits de violence qui leurs étaient reprochés étaient aggravés par trois circonstances : par le fait qu'ils aient été prémédités, commis en réunion, et avec arme (l'un d'eux avait également sur lui une matraque télescopique). Compte tenu de la gravité de leurs actes, le tribunal a condamné les trois agresseurs de la première victime à quatre ans de prison pour deux d'entre eux (deux ans assortis d'un sursis pour l'un, trois ans pour l'autre) et 18 mois pour le troisième (dont 12 mois assortis d'un sursis). Les deux agresseurs de la deuxième victime ont été condamnés à quatre ans de prison (dont 30 mois assortis d'un sursis) pour l'un, et deux ans pour l'autre (18 mois assortis d'un sursis).

A.L.

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