Zones vulnérables : un dialogue entamé en haut lieu

lun 10/11/2014 - 13:51 , Mise à jour le 27/11/2020 à 05:53

Suite à l'annonce de la ministre de l’Écologie, du Développement durable et de l’Énergie, Ségolène Royal, ce mardi 4 novembre 2014, qui s’est déclarée ouverte à faire évoluer la carte des zones vulnérables à la pollution par les nitrates, une délégation altiligérienne a rencontré  le préfet coordonnateur de bassin ce jeudi 6 novembre.
Le député de la seconde circonscription de Haute-Loire Jean-Pierre Vigier (apparenté UMP), accompagné de Laurent Duplomb, président de la Chambre d'agriculture de Haute-Loire, de Yannick Fialip, président de la FDSEA 43 et Anthony Fayolle, président des jeunes agriculteurs 43, a été reçu ce jeudi 6 novembre par le préfet coordonnateur de bassin à Orléans.

Des « aberrations »
Pour la délégation, ce rendez-vous a été une nouvelle occasion d'alerter l'État sur les « aberrations » du classement en zones vulnérables à la pollution par les nitrates de certaines communes de Haute-Loire. Un projet qui « met en danger la profession agricole » selon ces représentants agricoles majoritaires. En effet, déjà le 11 septembre dernier, quelque 350 agriculteurs avaient manifesté contre la directive nitrates au Puy-en-Velay. Ensuite, le 7 octobre, des agriculteurs locaux avaient bloqué le centre d'épuration de Pont-Salomon.

40% de l'économie locale
Lors de cette rencontre avec le préfet coordonnateur de bassin, la délégation a assené ce message : "il faut tenir compte des spécificités de la Haute-Loire dans un classement qui répond à des critères fixés au niveau européen et national". Elle a ainsi souligné que le territoire altiligérien est une zone de moyenne montagne composée de nombreuses petites exploitations agricoles axées sur l'élevage et représentant 40% de l'économie locale.

----De cinq communes en 2012, la carte des zones vulnérables aux nitrates en Haute-Loire est passée à 37 communes. Or, selon la FDSEA et les JA43, la moitié des quelque 900 fermes concernées n'auraient pas la possibilité technique, ni les moyens, de stocker les effluents d'élevage dans des fosses à purin plus grandes, comme demandé par la directive "nitrates".-----Revendication : aucune zone vulnérable en Haute-Loire
La délégation a ensuite contesté les données qu'elle juge « erronées et opaques » aboutissant au classement « injustifié » de 37 communes de la Haute-Loire. Elle a aussi affirmé que l'équation "nitrate= monde agricole= pollueur" est, selon elle, fausse, tout en argumentant que le nitrate, excessivement présent sur certains secteurs, a aussi des origines non-agricoles. La conclusion de la délégation est simple : elle réclame l'exclusion des communes de Haute-Loire de la carte des zones vulnérables.

D'Orléans à Paris
A l'issue de la rencontre, le préfet coordonnateur de bassin s'est engagé à étudier les données de terrain fournies par la délégation. A cette occasion, la délégation a de nouveau affirmé que toute intervention étatique ne peut se faire qu'en concertation avec les acteurs de terrain.
Ce mercredi 12 novembre 2014, le député et les représentants agricoles rencontrent, à Paris, la directrice générale des politiques agricoles et agro-alimentaire des territoires, du ministère de l'agriculture.

A.W.

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