Yan, rappeur ponot : "Je suis un artiste local qui ne s'invente pas de vie"

Par Nathan Vacher mer 15/06/2022 - 06:00 , Mise à jour le 15/06/2022 à 06:00

Et si la prochaine star de la scène venait du Puy ? A 20 ans, le rappeur ponot "Yan" cumule des dizaines de milliers d'écoutes et de vues sur ses musiques et clips vidéos. 

Les études d'éducateur sportif à Clermont n'empêchent pas Yanis Massard de poursuivre sa passion, la musique, ancrée dans sa vie depuis quelques années déjà. "J'ai toujours aimé écouter de la musique, mais également écrire. Vers la fin du collège, j'ai su accorder les deux et j'ai commencé la musique. A la base, c'était seul dans ma chambre, puis en soirée devant les potes pour délirer. Au final, c'est resté et j'ai commencé à professionnaliser cette passion. Aujourd'hui, on peut dire que ça fait bientôt trois ans que je m'y suis mis sérieusement", détaille Yan, qui publiait ses premières musiques sous forme de freestyle sur la plateforme Instagram.

De Cabrel à PLK en passant par Big Flo et Oli

S'il ne se définit pas lui-même comme étant un rappeur, préférant "laisser chacun donner sa vision sur son style musical", force est de constater que les textes et les mélodies du jeune ponot aspirent à correspondre au style musical le plus écouté de nos jours. "A la base, j'écoute tous les styles. Le rap, c'est un univers très varié. C'est possible qu'en grandissant avec, je me sois inconsciemment tourné vers cette musique", poursuit Yan. "Forcément, mes inspirations sont variées. Je suis un grand fan d'Orelsan, de Bif Flo et Oli ou encore de PLK, qui ont des styles relativement opposés. J'arrive à tirer de chacun en gardant ma patte. Si j'avais un feat de rêve, ce serait forcément l'un deux. j'aime aussi mélanger les styles, les voix. Faire une collaboration avec une chanteuse, ou comme Big Flo et Oli avec Francis Cabrel."

L'authenticité comme ligne de conduite

"Casser le cliché du rappeur qui vient obligatoirement d'une cité"

Parmi tous les rappeurs qui l'inspirent, Yan semble se rapprocher d'Orelsan. "Il vient de Caen. Il n'est pas issue d'une cité ou d'une ville connue pour le rap. Il a su se démarquer en restant authentique et simple puisque sa vie est simple, qu'elle ressemble à celle de beaucoup de personnes et à la mienne. Personnellement, je suis un artiste local qui ne s'invente pas de vie. J'aimerais bien réussir à casser ce cliché du rappeur qui vient obligatoirement d'une cité."

La première partie de Soprano et 47 Ter aux dernières Nuits de Saint-Jacques

En juillet dernier, Yan a eu la chance d'ouvrir les Nuits de Saint-Jacques, en faisant la première partie d'artistes comme Soprano ou 47 ter, et ce, devant 4 000 personnes. "C'était une opportunité de fou !", confie le musicien. "Depuis, je pense avoir pris de la bouteille. S'ils m'appellent une nouvelle fois, je foncerais sans hésitations." L'appel est lancé. "Ca m'a énormément mis en avant. Sur le clip que je venais de réaliser, j'ai pris 10 000 vues après avoir participé au concert."

"Plus facile de se démarquer au Puy qu'à Paris"

Yanis Massard ne s'attendait pas à une telle vague à la suite de son apparition aux Nuits de Saint-Jacques. "Quand tu ne viens pas de l'une des niches du rap en France, à savoir Paris ou Marseille, c'est plus compliqué d'avoir de la visibilité. Tu touches forcément moins de monde. Mais à Paris, tu dois faire tes preuves parmi d'autres artistes qui décollent. Au Puy, il n'y a pas beaucoup de monde qui se lance, c'est plus facile de se démarquer. En revanche, pour toucher un public au-delà de la ville, c'est une autre histoire..."

Photo par DR

Une direction artistique professionnelle

Pour l'heure, Yan a réalisé deux clips. "Bendo", tourné en une journée, et "20 ans", qui a nécessité 5 jours de tournage, culminent à respectivement 25 000 et 10 000 vues sur Youtube. Des réalisations professionnelles, que l'artiste explique par un travail d'équipe. "Heureusement, je suis bien entouré. Deux beatmakers bossent avec moi pour les sessions en studio. Derrière, j'ai un ami qui fait ses études dans l'audiovisuel. Sans l'aide de ces personnes pour la réalisation des musiques et des clips, je n'en serais pas là. Cette direction artistique résulte de cet esprit de collaboration. Nous n'avons pas peur de nous dire la vérité lorsque telle ou telle chose n'est pas bien."

"J'essaye de me diversifier au maximum"

Bien que son travail se professionnalise, le jeune rappeur est encore en quête d'un style bien précis. "Je pense que je me cherche encore musicalement parlant. J'essaye de me diversifier un maximum, en ne me mettant aucune barrières. Même si mon travail se professionnalise, je garde cette passion en moi, de faire ce que j'aime sans aucune prise de tête. Je ne sais pas dans quel style je suis meilleur ou ce qui plaît le plus, mais ça a l'air de plaire au public local."

Une route encore très longue

Des rêves pleins la tête, Yanis Massard n'oublie pas l'importance de réussir ses études. "J'ai encore plein de choses à faire dans la musique. Le but c'est d'arriver à sortir un projet qui montrera mon apogée. Pour le moment, j'en suis encore loin (rire). Je ne prévois pas souvent, je marche beaucoup à l'improvisation. La concrétisation ultime ? C'est quand le public chantent tes chansons par cœur en concert. C'est déjà arriver, et quel bonheur. Après avoir goûté à ça, je pense que je préfère désormais la scène au studio."

Autour de la mi-juillet, Yan devrait sortir une nouvelle musique pour l'été, accompagné d'un clip. La route est encore longue pour lui, mais l'artiste montre qu'il se donne les moyens de réussir.

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