Vorey va faire renaître son patrimoine fruitier

ven 30/07/2021 - 07:00 , Mise à jour le 30/07/2021 à 07:00

L'association des "Verts de Terre" de Vorey-sur-Arzon s'apprête à planter 300 arbres fruitiers dans la commune à partir de l'automne 2021. Un projet citoyen, élu par les Voreysiens à l'issue d'une votation publique, et qui bénéficie d'un financement de 5 000 euros de la mairie.

Grâce à un climat plus doux qu'ailleurs, le "petit Nice de la Haute-Loire" peut s'enorgueillir d'un étonnant patrimoine fruitier : vignes, kiwis, abricotiers, pêchers, néfliers, figuiers s'y accrochent encore parfois à la vie… alors qu'ils ont pour la plupart été abandonnés à cause des guerres successives, faute de bras pour les entretenir.
L'objectif de ce projet, baptisé "Vorey Fruité", est de restaurer une partie de ce patrimoine en associant l'ensemble de la population, des écoles primaires aux aînés. À dire vrai, l'argent est accessoire dans cette affaire, et les Verts de Terre, qui cultivent actuellement sept terrasses sur les hauteurs du village, ont bien l'intention de produire une partie de ces fruitiers eux-mêmes, avec le concours de la population : en semant des noyaux bios (prune, pêche de vigne, abricot, nèfle), en réalisant des boutures (kiwi, vigne, figuier) et en pratiquant la greffe de variétés rustiques (pommier, poirier, cerisier). Pour le reste, les plants proviendront des pépiniéristes locaux qui proposent des variétés anciennes. Les plantations commenceront à proprement parler cet automne, dans l'espace public dans un premier temps, même si des conventions sont envisagées avec les particuliers. Les Verts de Terre ont d'ores et déjà planté une vingtaine de fruitiers sur leurs terrasses et entretiennent depuis peu le verger public du hameau de Changeac, à l'entrée de Vorey (photo).

Comment se déplacer dans les rues quand il n'y a ni ombre ni eau ?

On pourrait être tenté de croire qu'il s'agit encore d'un de ces projets gentillets dont les communes sont coutumières pour se donner "un coup de peinture verte", faute de savoir trop quoi faire pour l'environnement. Mais les porteurs du projet avancent un argument des plus sérieux, celui de la "sécurité des populations".
D'une part, les centres-bourgs, surbétonnés au profit de la voiture au fil des décennies, deviennent souvent de véritables fournaises depuis quelque temps (il a fait 49°C au Canada suivis d'un terrible incendie et 48°C en Sibérie cet été). Les fontaines ayant disparu pour la plupart, l'ombrage devient un enjeu de sécurité publique. Comment se déplacer dans les rues quand il n'y a ni ombre ni eau à l'horizon ? Un programme européen propose d'ailleurs de débitumer d'urgence les cours de récréation pour les végétaliser, au vu des températures cuisantes annoncées par les scientifiques dans les années à venir (les Français doivent diviser leur empreinte carbone au minimum par trois pour stabiliser le climat – soit 4 tonnes de CO2 par an et par Français… contre 12 tonnes aujourd'hui).

La France vit sous perfusion des camions

D'autre part, il s'agit de faire un premier pas vers la sécurité alimentaire de la commune. À l'heure actuelle, la France vit sous perfusion des camions et l'autonomie alimentaire du pays est d'environ trois jours. Au-delà de ce laps de temps, les rayons des grandes surfaces sont vides et les circuits courts ne permettront pas, très loin de là, de subvenir aux besoins des populations en cas de coup dur. Le jour où les camions ne roulent plus – pour une raison ou pour une autre – c'est la disette, même en Haute-Loire. "Entre la civilisation et la barbarie, il y a cinq repas", disait Churchill. Or, les années de "croulée", un pommier adulte peut produire 150 kg de fruits. En remettant des fruitiers partout, on contribue donc à la résilience alimentaire de la commune, parallèlement à l'essor des potagers permacoles et à la multiplication des basses-cours.
Tous les Voreysiens sont invités à se joindre au projet ou à planter chez eux des fruitiers. "Même si c'était le jour du Jugement dernier, disait Martin Luther King, je planterais quand même un pommier."

JBB

Pour contact l'association des "Verts de Terre" de Vorey : 06 60 29 58 66.

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3 commentaires

fa

sam 31/07/2021 - 11:38

Parfait mais dans la campagne de Vorey-sur-Arzon plus de haies donc plus de biodiversité et de gros dégâts face aux caprices climatiques !

Qui va profiter des fruits ? Ou se trouve le verger public de Changeac (qui récolte et profite des fruits) ?

ma

ven 30/07/2021 - 22:10

"Un programme européen pour débitumer les cours d'école.."et oui ça devrait être la base de la base d'avoir des arbres, de l'herbe et faire un coin potager dans chaque école..

ro

ven 30/07/2021 - 12:20

Enfin ! C'est tellement bien tout ça ! Si cela pouvait arriver au Puy et dans les communes alentours, communes où les paysans ont abattu tant de fruitiers et détruit tant de haies, où les constructions "cubes" et autres horreurs ont défiguré les paysages et fait disparaître les murs en pierres sèches (commune de Polignac notamment)... j'ose espérer...