Vorey-sur-Arzon : deux entreprises innovantes "made in Haute-Loire"

Par AP jeu 20/05/2021 - 17:00 , Mise à jour le 21/05/2021 à 04:00

Dans le cadre de la visite officielle du secrétaire d'Etat Joel Giraud en Haute-Loire, deux TPE locales ont notamment été présentées parmi la programmation des différents projets : Borflex et Lumiliite.

Dans son discours, Joel Giraud, secrétaire d'Etat auprès de la Ministre de la cohésion des territoires et des relations avec les collectivités territoriales, chargé de la ruralité en Haute-Loire, introduisait ceci au sujet des deux entreprises locales : "Au sujet de ces deux entreprises locales et innovantes, la première produit des biberons écologiques, la seconde a mis au point un processus de culture rapide de plants. Preuve que les territoires ruraux savent s''adapter et être attractifs économiquement".

SPCV devient Borflex : des biberons écologiques 100% français

C'est en 1972, soit 49 ans, que Bernard Derocle, le père de Suzanne Grangette, dirigeante de SPCV (Silicone Plastique Caoutchouc Voreyzien), s'installe à Vorey pour produire la tétine en caoutchouc pour bébés. L'entreprise décide par la suite de développer son domaine de compétences, en s'orientant également vers les tétines animalières  Puis, en 1983, il se lance dans la tétine en silicone, une fabrication spéciale et spécifique pour les bébés.

Pour Suzanne Grangette, "cela a permis, quelques années plus tard, de trouver des marchés dans la cosmétique de luxe et de se diversifier dans les marchés paramédicaux et techniques. Nous faisons 2.4 millions d'€ de chiffre d'affaires, 35% sont répartis sur les pays de l'UE et internationaux, comme l'Asie. Nous sommes 25 personnes et avons deux sites de production sur la commune de Vorey. L'un s'occupe de la fabrication en silicone, l'autre se charge de la fabrication en caoutchouc."

"Nous sommes seul leader sur le marché national et européen dans le domaine de la petite puériculture, des accessoires d’alimentation et d’hygiène indispensable au bien-être du bébé. Et ce, avec une maitrise et un process bien spécifique, ainsi qu'une formation bien secrète." Suzanne Grangette

De là découle la gamme Natae, leur marque de puériculture : "Natae vient d'une volonté de proposer aux parents et pour le bien-être du bébé, un concept bien précis, sain, noble et surtout 100% français avec un atout majeur : un produit recyclable, ce qui est dans l'air du temps aujourd'hui. Nous travaillons essentiellement avec des entreprises françaises."

Si Suzanne Grangette revendique le 100% français dans son entreprise, cela résulte d'une conviction forte pour défendre le savoir-faire dans l'Hexagone :  "Nous avons un savoir-faire exceptionnel en France, donc il faut s'assurer de la transmettre et de le garder."

Pourtant, pour "pérenniser SPCV, transmettre le savoir-faire ET conserver les emplois", la dirigeante explique avoir vendu la société au groupe français Borflex, basé à Lille. Une histoire qui se termine en douceur pour la famille Derocle Grangette, après 40 années d'expérience et 20 années de direction. SPCV s'intègre donc au groupe Borflex, désormais détenteur de 11 sociétés

VIF Systems, filiale de Lumiliite : la création de cultures sous atmosphère contrôlée

Originaire de Saint-Julien-Chapteuil, Nicolas Chaume est industriel, avec une formation d'ingénieur. Adepte d'innovations, c'est depuis quelques années qu'il suit de près l'entreprise Linxens, installée à Vorey-sur-Arzon, spécialisée au départ dans la carte à puces et qui a ensuite lancé une activité de LEDs. Partant de là, le concept s'est éclairci :

"Notre idée, c'est de remettre à l'ordre du jour, une technologie unique dans le monde en développant, avec ces LEDS, de la luminothérapie. On est capables de réaliser tout ce que l'on veut sous forme de LEDs : du traitement de plantes, de maladies infectieuses (Covid, malaria...).", explique Nicolas Chaume.

S'il est conscient que leur société est jeune (le projet a démarré au mois de janvier), celui-ci vante leur acquisition "d'une technologie mondiale entre leurs mains, que nous sommes les seuls à avoir. Avec cela, nous pouvons avoir des projets, au moins à l'échelle nationale, mais nos ambitions sont internationales. Sur cette technologie de LEDs, on a cherché des marchés et cela s'est passé en quelques mois."

Eric Lafont et Nicolas Chaume. Photo par Axel POULAIN

En quête de ces marchés, l'objectif était la recherche d'une effervescence; la ferme urbaine leur a sauté aux yeux, cette dernière proposant de "produire localement, en circuit court, des plantes, de l'agriculture, de la nourriture et de la pharmacie également."

"Un des gros avantages de cette technologie Lumiliite, c'est de projeter des UV pour pouvoir améliorer la photosynthèse." Nicolas Chaume

Partant de ce constat, la société VIF Systems, filiale de Lumiliite, a été créée. "Cette société a pour but de développer une agriculture de demain et de participer au développement de notre agriculture. On voit qu'il y a beaucoup de projets qui sont stoppés par des problématiques de rendement ou de climat. Nous sommes là pour accompagner les agriculteurs à améliorer leur production et leur productivité", développe Nicolas Chaume. Avant de conclure : "Notre objectif, à très court terme, est de monter une ferme de démonstration à Vorey, dans les locaux de Lumiliite, autour de la nourriture et de la santé."

Pour Eric Lafond, chargé de partenariat et de développements chez VIF, "c'est notre volonté que d'amener une solution aux agriculteurs classiques, pour les aider, avec une dimension partenariale "Recherche & Développement" sur les problèmes de phyto-maladies et de parasites, entre autres, qui sont nombreux."

Car en plus de chercher des solutions, Eric Lafond apprécie cette possibilité de contrôle et en même temps, de liberté : "La grande qualité de ce type d'installations, les fermes urbaines, c'est que l'on peut maitriser tous les paramètres. On apporte à la plante, l'eau, la lumière et les substances nutritives dont elle a besoin. On peut fortifier l'agriculture traditionnelle, en amenant une solution où il n'y a pas de pesticides, et on peut travailler en zone urbaine, avec un enjeu de raccourcir les circuits de distribution et garantir à tous les consommateurs une traçabilité des plantes produites dans ce type de structures."

"Il y a une attente forte des consommateurs aujourd'hui de savoir ce que l'on mange et quelle est sa provenance." Eric Lafond

Bien que le label bio soit destiné à la pleine terre, Eric Lafond annonce, dans un avenir proche, "être labellisé HVE (Haute Valeur Environnementale). Tout ce qui sortira des fermes VIF aura ce label là."

Axel Poulain

 

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