Vidéo : pour se déplacer, il faut désormais montrer patte blanche

mar 17/03/2020 - 17:16 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:04

Mardi midi, la France est entrée dans une nouvelle zone de confinement, encore plus stricte que les précédentes. Désormais, tout déplacement doit être rigoureusement motivé : qu'il soit d'ordre professionnel (si le télétravail n'est pas possible), pour effectuer des achats de première nécessité (dans les établissements autorisés), pour des motifs de santé, pour un motif familial impérieux (garde d'enfants, assistance à une personne vulnérable...) ou dans le cadre d'un déplacement bref, à proximité de son domicile, pour une activité physique individuelle ou pour les besoins des animaux de compagnie. Il est indispensable de fournir une attestation de déplacement dérogatoire, disponible ici.
Quiconque dérogerait à la règle pourrait se voir infliger une amende de première classe pour l'instant, soit un forfait de 38 €, mais selon les évolutions de la crise, l'amende pourrait grimper à 135 € et se voir requalifier en cinquième classe.

150 militaires sur l'ensemble du département
C'est le dispositif déployé par les services de gendarmerie ce mardi après-midi, répartis en dix points de contrôle, même s'il y en aura moins dans les jours à venir puisqu'on est pour l'instant sur une opération de prévention et d'information. "L'objectif est de multiplier les points de contrôle aujourd'hui, dans une logique pédagogique", explique le colonel Rabasté, chef du groupement départemental de gendarmerie de la Haute-Loire.
"En effectifs, on a ce qu'il faut et on a la réserve opérationnelle en cas de besoin", rassure-t-il et pour éviter que le virus ne se propage dans les rangs des gendarmes, il a pris quelques dispositions. "J'ai organisé mes effectifs en équipes paires ou impaires", souligne-t-il, "de manière à ne jamais se croiser et afin de limiter le risque de contagion dans les brigades".

"On n'avait pas tout de suite adopté ces gestes barrières car on n'avait peut-être pas pris conscience tout de suite de la vitesse de propagation du virus"
Il faut dire que le virus n'avait peut-être pas été pris très au sérieux au début par la plupart des habitants de la Haute-Loire, qui se sentaient probablement protégés dans un territoire rural et enclavé. Mais force est de constater que l'épidémie a percé également dans le département. "On s'est tous posé des questions au début mais on a tous aussi vite pris conscience que le virus se transmettait de personne à personne", relate le commissaire Eric Cluzeau, "et y compris au commissariat, on conservait des relations où on se serre la main et on n'avait pas tout de suite adopté ces gestes barrières car on n'avait peut-être pas pris conscience tout de suite de la vitesse de propagation du virus".
Il y a eu des cas en France de commissariats où des agents ont été contaminés.Ce n'est pas le cas au Puy et "moi, en tant que chef de service, j'ai aussi comme priorité de m'assurer que mes fonctionnaires soient protégés, donc on a pris des mesures en interne, entre collègues, et aussi quant à l'accueil du public, qui reste ouvert mais avec des précautions : on ne rentre pas à plusieurs dans le commissariat, on pose sa question à l'interphone, etc."
Si pour l'instant, les services de l'ordre se veulent dans une démarche pédagogique et préventive, le ton pourrait très vite changer. "On va observer les évolutions des comportements très rapidement : soit ils jouent le jeu, soit ils ne le jouent pas et se rassemblent à tel et tel endroit. Dans ce cas, on sera là pour les rappeler à l'ordre et les verbaliser si nécessaire", conclut le commissaire.

Retrouvez ci-dessous notre reportage vidéo des barrages filtrants en zone police et en zone gendarmerie. Dans un cas comme dans l'autre, la plupart des automobilistes étaient dans les clous et disposaient déjà d'une attestation pour circuler.

 

Maxime Pitavy

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