Vidéo : au cœur de l'opération escargot des agriculteurs

mar 09/02/2016 - 15:11 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:39

Ils sont arrivés devant la préfecture du Puy-en-Velay peu après midi. Ce mercredi 10 février 2016, tous les convois des agriculteurs ont fini leurs opérations escargots (avant celles du retour). Entre barrages filtrants et distribution de tracts, les exploitants réclament de meilleures réparations dans la reconnaissance en calamité sécheresse. Pour la Haute-Loire, les syndicats réclament 12,5 Millions d'Euros et l’Etat ne leur en accorde que 1,7. Alors que 90 communes du département sont classées en calamité sécheresse, les syndicats ont obtenu que le Gouvernement réexamine le dossier. Dossier qui doit être réétudié (avec celui des autres départements d’Auvergne) ce mercredi 10 février, par des experts venus de Paris à Clermont-Ferrand. La décision finale sera prise le 15 février.
Les agriculteurs comptent faire entendre leur mécontentement sur la manière dont leur demande a été traitée. "La Commission Nationale des Calamités Agricoles, en ne tenant aucun compte des éléments pourtant concrets présentés, a méprisé les agriculteurs, qui sont déjà dans une situation dramatique", estiment les deux syndicats agricoles majoritaires. 
Second objectif de l'opération de ce mercredi : montrer leur détermination à obtenir la reconnaissance en calamité sécheresse pour la grande majorité des communes du département, et avec des taux de pertes correspondant à ce qu'ils estiment être la réalité du terrain, soit entre 45 et 60% minimum.

 

En tout, ils étaient environ 380 adhérents de la FDSEA et des JA, à bord de 145 tracteurs, si l'on en croît la FDSEA, ou alors 270 agriculteurs sur 84 tracteurs selon la préfecture.
En tout, ils étaient nombreux à avoir opéré sept points de blocage dans le département : trois autour du Puy, deux à Brioude, un à Saugues et un à Craponne. A Yssingeaux, le blocage prévu du rond-point de La Guide n'a pas eu lieu car les agriculteurs de ce secteur sont moincs concernés par la sécheresse. D'autant qu'ils ont déjà mené une opération escargot sur la RN88 vendredi dernier pour d'autres raisons plus larges. Opération qui avait fortement perturbé le trafic entre Monistrol-sur-Loire et Yssingeaux, et plus faiblement au retour en sens inverse. 
> Voir notre carte interactive :


Les différents points de ralliements avec les chiffres de la mobilisation selon la FDSEA :

Brivadois (50 agriculteurs, pour 25 tracteurs)
Vers 10h, deux rassemblements ont eu lieu : au rond-point de Lamothe et au rond-point de Flageac (vers Netto). Peu après 11h, les tracteurs stationnés au rond-point de Lamothe ont rejoint le rond-point des Flageac, avant de se diriger en cortège, dans le calme, vers la sous-préfecture. Là, les 25 tracteurs et 50 exploitants comptabilisés par la FDSEA n'étaient pas tous présents.
Une délégation d’agriculteurs a été reçue en sous-préfecture, avant que Catherine Fourcherot prennent la parole  devant la trentaine de manifestants présents. « Il faut que le zonage soit fait le plus rapidement possible et que les aides soient débloquées le plus rapidement possible. » Le préfet Éric Maire, en visite dans une exploitation à Saint-Géron la semaine passée, avait affirmé qu’il était prêt, ainsi que les sous-préfets, à travailler avec les agriculteurs sur les problématiques locales. « Je vais appeler la DDT (Direction départementale des territoires, ndlr) à Clermont-Ferrand et faire remonter votre intervention au préfet », a précisé Catherine Fourcherot. Philippe Lamat a également pris la parole en tant que vice-président de la FDSEA. Il a, entre autres, dénoncé le zonage proposé en janvier : " Il ne nous satisfaisait pas du tout. Il ne prenait en compte que les communes au bord de l'Allier en remontant sur le Mézenc. D'ailleurs il y avait des parties de zones qu'on n'avait pas retenues en sécheresse mais eux les avaient ajoutées, donc il y avait une incohérence totale par rapport à ce qui avait pu être vu sur le terrain en termes de déficit fourrager".
Il est également revenu sur l'annulation d'une action contre une laiterie : "La semaine dernière on avait prévu des manifestations devant nos laiteries. Ca ne s'est pas fait, du fait de la laiterie Bongrain, qui a vite mis une épée de Damoclès au-dessus de la tête d'un certain nombre de producteurs en faisant passer le mot dans les campagnes que si manifestation il y avait il y aurait automatiquement des arrêts de collecte. Ca, qu'on ne soit pas collecté d'une fois, encore, on peut arriver à l'admettre, mais elle avait aussi signifié qu'elle ferait une rupture des contrats avec les agriculteurs".

Saugues  (150 agriculteurs, pour 40 tracteurs)
Le rassemblement, à partir de 10h, au marché couvert, a réuni élus, vétérinaires, coopératives et marchands d'aliments pour des discussions. L'action ne s'est pas déplacée.

Craponne  (15 agriculteurs, pour 10 tracteurs)
A 10h30, une dizaine de tracteurs se sont garés sur une voie de la D9, en face de la mairie, place de la croix de mission. De quoi ralentir le trafic mais pas le bloquer. Puis, ils ont distribué des tracts à tous les carrefours du centre-ville à raison de deux tracteurs par carrefour pour ralentir la circulation.
Maurice Demur, producteur laitier à Craponne-sur-Arzon, pointe du doigt des marges injustifiées quelque part entre le pie de la vache et le verre de lait : « Le lait est payé actuellement 0,27 € / litre au producteur, alors qu'il est venu 1,22€ en grande surface alimentaire, ça ne me laisse pas suffisamment de marge pour pouvoir mener l'exploitation. »
Jean-François Martin, éleveur de porcs du plateau, tient un discours similaire : « le porc m'étais payé 1,40€ le kg cet été. Il est à 1,10€ maintenant et je dois faire face à la concurrence de grands élevages espagnols ou allemands qui ne sont pas obligés de respecter les mêmes normes et qui peuvent embaucher des travailleurs étrangers au tarif du pays d'origine, contrairement à la France. »

Bassin ponot

Rond-point de Coubladour : (50 agriculteurs, pour 30 tracteurs)

Une vidéo publiée par @zoomdici le 10 Févr. 2016 à 2h06 PST

Rond-point des Fangeas  : (60 à 70 agriculteurs, pour 30 tracteurs)

Peyrard, sortie de Brives-Charensac :  (50 agriculteurs, pour 10 tracteurs)

Le Puy-en-Velay à la mi-journée : (plus de 40 tracteurs)

Une photo publiée par @zoomdici le 10 Févr. 2016 à 3h39 PST

Yssingeaux : (0 agriculteur, 0 tracteur)
Le rendez-vous était donné à 10h au rond-point de La Guide pour un barrage filtrant prévu avec 4 ou 5 tracteurs qui ne sont finalement pas venus.

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