Vaccination: le docteur Leroy, responsable de la Réanimation au CHER, tire la sonnette d'alarme

Par O.St ven 24/12/2021 - 06:30 , Mise à jour le 24/12/2021 à 06:30

Le Docteur Christophe Leroy, responsable de la Réanimation au CHER a tenu à prendre la parole pour inciter les Altiligériens à se faire vacciner.

Selon lui, la situation des services de réanimation serait bientôt intenable dans le cas contraire. 

Le docteur Christophe Leroy a tenu à faire un rapide état des lieux de la lutte contre le Covid en Haute Loire et attirer plus particulièrement l'attention sur la nécessité de se faire vacciner.

"Je reconnais qu'il y a  des patients vaccinés en réanimation mais beaucoup en sortent vivants."

"Je voudrais encourager un maximum de gens à se faire vacciner. En effet, dans le traitement du Covid et plus particulièrement en réanimation nous voyons une très nette différence entre les vaccinés et les non-vaccinés. Je reconnais qu'il y a aussi des patients vaccinés en réanimation mais beaucoup en sortent vivants. Parmi les non vaccinés, beaucoup ne s'en sortent pas ou s'en sortent mais avec des séquelles."

"Sur les réseaux sociaux je lis beaucoup de choses aberrantes, mensongères ou absurdes sur les vaccins."

Et il enchaîne: "Sur les réseaux sociaux je lis beaucoup de choses aberrantes, mensongères ou absurdes sur les vaccins. Alors je ne dis pas que les vaccins constituent une formule magique mais on observe un net gain de chances de rétablissement pour les vaccinés. Je cherche à aller à l'encontre de la défiance que l'on voit envers les médecins, et parmi eux les plus médiatisés. C'est pourquoi il faut faire preuve de pédagogie et expliquer ce qui se passe chez nous."

"Beaucoup de patients regrettent de ne pas être vaccinés mais pour eux il est trop tard."

Il cite quelques exemples: " Beaucoup de patients regrettent de ne pas être vaccinés mais pour eux il est trop tard. Il faut expliquer que le service de réanimation est un service de souffrances: pour les patients, pour les soignants et aussi pour la famille et les proches des personnes hospitalisées. Pour les non-vaccinés dont l'issue est fatale, c'est très triste mais aussi pour leurs proches qui ne peuvent pas les voir ."

"Nous n'avons aucun vacciné sans antécédents en réanimation."

"On ne comprend pas pourquoi les gens prennent des risques comme ça. On a eu des décès. il est trop tôt pour parler avec exactitude des chiffres liés à la cinquième vague mais je peux vous citer quelques exemples précis. Nous avons du déplorer récemment le décès d'un patient de 69 ans vacciné mais immunodéprimé. Nous avons actuellement dans nos services une patiente non vaccinée aux antécédents lourds; elle est en réanimation mais elle va probablement s'en sortir. Nous n'avons aucun vacciné sans antécédents en réanimation."

"Trois semaines en réanimation engendrent des séquelles, musculaires ou pulmonaires."

Notons par ailleurs qu'il est difficile de comptabiliser avec justesse le nombre de patients affectés car on en transfère beaucoup vers les autres hôpitaux de la région. sur 5 patients hospitalisés actuellement, il y en a 4 de non vaccinés et 1 vacciné...

Le docteur Leroy insiste aussi sur la réalité de la réanimation: "Il faut bien comprendre que trois semaines en réanimation engendrent des séquelles, musculaires ou pulmonaires directement, des fibroses pulmonaires ultérieures. C'est pénible de voir quelqu'un sous respirateur artificiel à domicile à à peine soixante ans."

"Pour beaucoup de gens l'opposition au vaccin est un mouvement de révolte."

Et il ajoute: " Beaucoup de patients non vaccinés expriment des regrets mais il est trop tard. Certains se sont fait abuser par le piètre niveau de l'argumentaire déployé sur les réseaux sociaux. D'autres, et c'est plus grave, l'ont été sur les conseils de leur médecin traitant. C'est purement de la mise en danger de la vie d'autrui. Pour beaucoup de gens l'opposition au vaccin est un mouvement de révolte contre le gouvernement, contre l'Etat, contre de présumés conflits d'intérêts. C'est catastrophique. Cinq patients COVID en réa c'est peu mais sur 12 lits c'est énorme! ces cinq personnes font perdre des chances à d'autres personnes. Certes nous  effectuons des transferts vers d'autres hôpitaux mais il faut aussi se souvenir que ces transferts sont dangereux."

"Ca peut devenir incontrôlable dans les semaines qui viennent."

Quant à l'avenir, il lui parait plein d'incertitudes: "J'ai beaucoup de craintes par rapport au variant Omicron et au brassage de population qui aura lieu pendant les fêtes. Il y a 9% de non vaccinés en Haute Loire et nous sommes en train de dépister les premier variants Omicron. Ca peut devenir incontrôlable dans les semaines qui viennent. Pour prévenir cela, rappelez-vous que le vaccin évite les formes les plus graves du coronavirus."

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3 commentaires

se

ven 24/12/2021 - 11:34

L : Depuis presque 2 ans que cette crise sanitaire a commencé il n'y a pas photo il faut se faire vacciner un point c'est tout.

Que les non vaccinés restent en eux sans se mélanger à la majorité des gens vaccinés  et ensuite on constatera.

cl

ven 24/12/2021 - 10:20

On peut tout à fait comprendre que les gens n'aient aucune confiance en notre gouvernement actuel, qui a mis en place -en marche?- le pass sanitaire, magnifique aveu d'échec à encourager les gens à se faire vacciner pour leur propre bien, puisqu'on sait que "notre bien" ça n'a jamais été leur priorité. Mais je crois qu'écouter les scientifiques - du monde entier ! Qui nous répètent que se vacciner sauvera des vies, diminuera l'impact du coronavirus, et nous permettra un retour à la "normale" plus rapide en ayant perdu aussi peu de personnes que l'on aime que possible... Est vraiment une bonne chose. Il faut différencier les deux.

he

ven 24/12/2021 - 08:26

ce qui est encore plus grave c'est lorsque ce sont des médecins qui propagent l'idée qu'il ne faut pas se faire vacciner. Ne parlons pas des professionnels de santé qui établissent des vrais/faux pass-sanitaires. Je me demande comment vivent ces antis qui guettent partout ce qui peut se cacher derrière les préconisations gouvernementales.