Une manifestation pour demander la levée de l’état d’exception

sam 07/11/2020 - 17:23 , Mise à jour le 27/11/2020 à 09:08

Le collectif signataire d’un appel au rétablissement des libertés individuelles et collectives et à la levée de l’état d’exception a été mis en place au cours de la semaine à l’initiative d’un groupe de cinq. Celui-ci a réuni 137 signatures à la date du 6 novembre. Ces signataires sont avant tout membres de la société civile. Issus du secteur hospitalier, de l’enseignement, ils sont aussi commerçants, profession libérale et chômeurs. Pour beaucoup, ils sont en retraite ou proches de l’être mais il y avait aussi dans le défilé, organisé ce samedi 7 novembre 2020, de plus jeunes actifs dans les rangs de cette manifestation. Il y avait aussi comme en 2018, beaucoup de femmes dans ce cortège. Un air de Gilets jaunes. A bien y regarder, les membres du cortège ressemblent assez au public des Gilets jaunes dont le mouvement avait démarré le 17 novembre 2018, soit il y a quasiment deux ans jour pour jour. Comme chez les Gilets jaunes, il y avait là une agglomération des mécontentements et la volonté d’une organisation sans leader et la plus démocratique possible. On a d’ailleurs entendu reprendre certains des anciens slogans et chants comme « On est là !». Le mouvement s’est aussi terminé aux intonations de la Marseillaise. Comme chez les Gilets jaunes, on a entendu dans les prises de paroles, la même opposition au président Macron et à sa politique libérale, désormais en plus liberticide depuis la mise en place de l’état d’urgence et du confinement, sa mesure la plus symptomatique."Une crise hospitalière avant d'être une crise sanitaire". Les revendications contre la politique de restriction budgétaire à l’hôpital sont, par contre, un des nouveaux éléments de contestation. Pour Bernadette Tavernier, infirmière à l'hôpital Sainte-Marie du Puy-Velay (déléguée Force Ouvrière par ailleurs) depuis 1981, « la politique du Gouvernement est la véritable responsable des morts du Covid et non la maladie en elle-même. C’est une politique d’économie et de fermeture de lits constante depuis des années, depuis déjà les lois Bachelot puis Touraine, qui explique les difficultés actuelles. On en est au point où on manque de personnel partout, à l’hôpital comme dans les Ehpad. On en est au point où les personnels, même positif au virus du Covid, doivent aller travailler au risque de contaminer leurs collègues et pire les patients. On en est au point où il n’est plus possible de soigner les malades non Covid car les services de l'hôpital lui sont réservés"."Contre les pouvoirs spéciaux et pour la défense des libertés". Pour Roland Thonnat (retraité, ex-enseignant FO43 par ailleurs), un autre des organisateurs, « les motifs du confinement émanent d’une politique qui amplifie la casse sociale et l’aide au grand capital. Les lois d’exception ont permis de diffuser de l’argent aux grands groupes sans aucune garantie de préservation des emplois et sans aucun réel contrôle démocratique. L’épidémie, elle, est bien réelle mais les mesures qui sont prises sous son prétexte, par le Gouvernement contre les libertés individuelles et les libertés collectives sont l’illustration de la politique libérale qui se sert de la crise pour passer ses réformes en douce ».

Parmi les manifestants présents et les organisateurs, on a entendu que cette manifestation est un bon début : « 250 c’est déjà beaucoup, vu la jeunesse de cet appel et vu que les gens ont peut-être eu peur de braver le confinement » mais « ça ne doit être que le début d’un mouvement plus large qui devrait englober les autres perdants du confinement, commerçants, employés précaires et futures victimes de la crise » . T.C.

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