Une dernière mission pour Gérard Roche ?

jeu 23/01/2014 - 18:12 , Mise à jour le 26/11/2020 à 17:49

Alors que la session budgétaire du Conseil général débute ce vendredi matin, Gérard Roche a accordé un long entretien à la presse ce jeudi pour évoquer les grands dossiers du moment. Alors qu'il a décidé de quitter la présidence du Conseil général de la Haute-Loire en juin prochain (lire), Gérard Roche s'est donné une dernière mission.
Il veut réduire le coût de pension en maison de retraite (en moyenne 55 € environ par jour et par résident aujourd'hui en Haute-Loire) et souhaite à cet effet mettre en place une aide à l'investissement pour décharger les pensionnaires de ces coûts.

"Ce ne sont pas les parents d'élèves qui payent les écoles"
"Nous avons en Haute-Loire la moyenne de retraites la plus basse de France", déplore le Président du Département, "avec seulement 883 € car nous avons beaucoup d'artisans et d'agriculteurs". Sur une base de 55 € par jour, on comprend donc rapidement qu'il est très difficile pour les personnes d'assurer leur pension en maison de retraites et ce sont souvent les familles qui doivent combler le déficit.
Le problème, c'est que l'impact du prix des constructions de ces établissements est reporté sur les prix de journée, à raison de 17 € par jour et par résident en moyenne. "C'est absolument scandaleux, ce ne sont pas les parents d'élèves qui payent les écoles ou les malades les hôpitaux", s'insurge-t-il. Avant de quitter la présidence de la collectivité, mais probablement pas avant le mois de mars, il souhaiterait donc mener à bien cette réforme. Ecouter ses explications. {{audio1}}

"Dix ans de vie gagnée à domicile"
Concernant les aînés dépendants, 3470 peuvent rester à domicile grâce à l'Aide Personnalisée à l'Autonomie, "et je suis fier de vous dire que l'on est passé de 75 ans de moyenne d'âge pour l'entrée en maison de retraite à 85 ans, soit dix ans de vie gagnée à domicile", avait-il déclaré lors de ses voeux (lire).
Notons que pour les 2 837 autres bénéficiaires de l'APA hébergés en établissement, la part du Conseil général permet de diminuer de dix euros par jour le coût restant à la charge des familles. Au total, ce sont donc plus de 6 300 personnes accompagnées par la collectivité. Notons que la Haute-Loire dispose de 54 établissements et propose environ 3 400 lits.

----Une autre idée avancée par le sénateur Roche concerne une fiscalisation faite en fonction des revenus. "Un PV de 90 €, pour un smicard, c'est très compliqué, ça peut signifier qu'il n'y aura pas de viande à manger cette semaine pour lui et sa famille... Pour un sénateur, c'est moins contraignant...", a-t-il donné en exemple, non sans ironie.-----La solidarité nationale insuffisante pour compenser les prestations sociales
Les prestations sociales sont versées par le Conseil général aux bénéficiaires comme les familles recoivent les allocations familiales. Une décision qui émane de l'échellon national "mais la solidarité nationale ne donne pas l'argent nécessaire et c'est finalement aux contribuables du département de financer une grande partie de ces allocations", déplore Gérard Roche. Pour cette année, on estime à 28 millions d'euros le coût des prestations sociales en Haute-Loire pour l'APA (Allocation Personnalisée d'Autonomie), pour le RSA (Revenu de Solidarité Active) et pour la PCH (Prestation de Compensation du Handicap).
"Je trouve ça insupportable", poursuit-il, "car si des mesures ont été prises, elles sont bien loin de compenser les sommes en cause et pour de petits départements comme le notre, qui n'ont pas de grande richesse fiscale, c'est vraiment un poids très lourd et qui se fait aux détriments d'actions que l'on ne peut pas mener, que ce soit dans le social, dans le développement économique, dans le soutien au territoire ou encore dans la culture". L'ensemble des actions sociales représente 47 % du budget départemental, qui s'élève lui à 247 millions d'euros.

Augmentation des impôts inéluctable
Ce constat conduit-il forcément à une hausse des impôts ? "Nous avons calculé pour le département, en faisant des projections sur plusieurs années, qu'en augmentant les impôts au même rythme que le coût de la vie, c'est à dire en général de 1 à 1,4 %, on arriverait à peu près à passer les caps en faisant en parrallèle une gestion très serrée et peut être aussi des économies sur d'autres investissements".
Autrement dit, la hausse des impôts du foncier bâti décidée par le Conseil général devrait se situer cette année entre 1 et 1,4 %, et elle devrait être identique l'an prochain. "Comme il s'agit d'une année électorale, certains auraient préféré ne pas y toucher cette année et l'augmenter de 2% l'an prochain... C'est un peu se moquer des gens", tranche-t-il.

"Neuf chances sur dix que l'Auvergne soit rattachée à la région Rhône-Alpes"
Après la déclaration du Président de la République François Hollande, le sénateur UDI a été sondé sur ce virage centriste de l'exécutif. "Ça va tout à fait dans le sens de ce que préconise le centriste viscéral que je suis", dit-il dans un sourire. Il considère en effet les régions hexagonales trop petites par rapport à leurs voisines européennes et considère que passer de 22 à 15 régions en France est une bonne chose. Reste à savoir avec qui l'Auvergne serait rattachée ?
"Il y aurait peut être un redécoupement dans le département car à l'ouest du col de Fix, on se sent auvergnat et à l'est, on se sent rhônalpin mais quoi qu'il en soit, le plus vraisemblable, je dirais à neuf chances sur dix, c'est que l'Auvergne soit rattachée à la région Rhône-Alpes". Quant au département, il estime qu'il s'agit de "la collectivité d'excellence pour la proximité dans les départements ruraux". Ecouter sa réaction sur ces thématiques nationales. {{audio2}}

Hommage aux "fantassins de la République" et tacle pour les appareils politiques
Reste enfin deux sujets d'actualité, la loi sur le non cumul des mandats, votée ce mercredi, et les élections municipales qui se profilent en mars prochain. Il a ainsi souhaité rendre hommage aux "fantassins de la République, qui sont aimés dans leurs villages et qui fort heureusement échappent un peu au discrédit qui frappe la classe politique". Il a en même temps reconnu qu'il comprenait que bon nombre d'élus ne se représentent pas cette année, "tant la tâche qui leur incombe est difficile".
Quant à la loi sur le non cumul des mandats, il estime qu'elle risquerait d'amener "les grands partis politiques à voler la démocratie au peuple", les places des élus étant alors réservées exclusivement aux membres de l'appareil politique. Ecouter. {{audio3}}

Maxime Pitavy

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