Une 1ere en Haute-Loire : l’ablation d’une vessie par un robot

Par Nicolas Defay mer 16/11/2022 - 06:00 , Mise à jour le 16/11/2022 à 06:00

(Attention : âme sensible s'abstenir...). Ce mardi 15 novembre 2022, l’équipe soignante d’urologie à la Clinique Bon Secours au Puy est aussi fière que satisfaite. Pour la première fois dans le département, une cystectomie a été pratiquée avec l’aide d’un robot dont la précision dépasse de loin celle de l’humain.

Retour en vidéo et en photos de cette prouesse chirurgicale.

Une cystectomie consiste en l’ablation complète de la vessie atteinte d’un cancer étendu sur sa paroi. « Deux possibilités sont alors ensuite envisagées pour palier l’évacuation des urines, explique l’un des quatre urologues de la Clinique Bon Secours, Jacques Largeron. Soit la réalisation d’un Bricker qui est un abouchement d’un bout de l’intestin à la peau relié aux urétères (Le patient devra avoir une poche externe pour drainer les urines, Ndlr). Soit la réalisation d’une néo-vessie. Dans ce cas-là, une partie de l’intestin fera office de vessie ».

La réalité virtuelle et la précision de la robotique pour pratiquer cette cystectomie.
La réalité virtuelle et la précision de la robotique pour pratiquer cette cystectomie. Photo par Nicolas Defay

« L’intervention se fait ventre fermé où seul trois pinces robotiques et une caméra y sont insérées »

Entre l’ablation de la vessie et la reconstruction d’une des deux solutions, l’opération dure en moyenne 6 heures. En mode « standard », c’est à dire sans l’aide du robot Da Vinci, l’acte provoque une cicatrice de 15 centimètres sur le ventre. « Avec le robot, les traces laissées sont bien moindres, indique Jacques Largeron. L’intervention se fait ventre fermé où seul trois pinces robotiques et une caméra y sont insérées. »

Beaucoup moins de perte de sang, réduction des douleurs post-opératoires, réduction de la durée d’hospitalisation de 12 jours en moyenne pour une chirurgie conventionnelle à 7 jours en passant entre les pinces du robot. « D’autre part, le fait que les intestins ne subissent pas de différence de pression en restant à leur place, le patient accapare un transit normal dès le lendemain ».

« Quand nous faisons une intervention de ce type par le biais d’une cœlioscopie, notre vision est augmentée par trois. Avec le robot Da Vinci, celle-ci est multipliée par 10, appuyée par la technologie de la réalité virtuelle. C’est comme si le médecin était dans le ventre du patient ». Jacques Largeron

« Le robot devrait assurer environ 120 opérations par an »

Ce mardi 15 novembre, un patient ponot âgé de 73 ans a l’honneur d’inaugurer la première cystectomie robotique de la Haute-Loire. Si 5 000 robots Da Vinci sont actifs dans le monde dont 215 en France, la Clinique Bon Secours détient l’unique exemplaire du département. Ce monstre de technologie et de précision conçu par la société Intuitive a tout de même un coût : 1,2 millions d’euros.

« Nous l’avons depuis le mois de février 2020, précise Jacques Largeron. Nous procédons depuis aux prostatectomies (ablation de la prostate) et néphrectomies (ablation des reins). Avec la vingtaine de cystectomie robotique attendues en plus chaque année, le robot devrait assurer environ 120 opérations par an ».

Ci-dessous, la vidéo avec les urologues Jacques Largeron aux explications, Pierre Gayrel aux commandes du robot, le Docteur Jochen Walz, urologue à l’institut anticancéreux Paoli Calmette de Marseille et l’équipe soignante d’urologie de la Clinique Bon Secours ▼▼▼

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