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Brioude

Un ''tournant historique'' pour la Com' Com' du Brivadois

mer 13/04/2016 - 12:48 , Mise à jour le 27/11/2020 à 08:40

Longtemps vouée à réhabiliter les centre-bourgs et à doter le territoire d'équipements tels la Halle des sports, les abattoirs intercommunaux ou le centre aqualudique, la Communauté de communes du Brivadois (CCB) va désormais se tourner vers le fonctionnement. C'est ce qui était ressorti du débat d'orientations budgétaires, le 10 février dernier. Les grandes lignes ont été déclinées en chiffres, ce vendredi 1er avril, à l'occasion du vote du budget primitif 2016.

----Fiscalité 2016. Pas d'augmentation des taux d'imposition en 2016. Celui de la Taxe d’habitation restera à 8,74 %, celui de la Taxe foncière sur le non bâti à 3,32 %, et celui de la Contribution financière des entreprises à 27,82 %. Quant au taux de la Taxe d’enlèvement des ordures ménagères, il diminue pour la 7e année consécutive passant de 13,01 % à 12, 93 %. « On ne s'en plaindra pas », pour reprendre l'expression de Jean-Jacques Faucher.-----Pas de hausse des taux d’imposition
Et, comme annoncé, le fonctionnement est en hausse de 5,46%, s'équilibrant à 10.441.628 €. Parallèlement, les dépenses d'investissement, qui s'élèvent à 2.134.550 €, accusent une baisse de 30% par rapport à 2015, « ce qui confirme bien le tournant historique que prend la CCB », selon les termes de Jean-Noël Lhéritier, conseiller d'opposition de gauche à Brioude.
« La communauté de communes voit baisser les dotations de l'Etat et il faut faire une pause dans l'investissement », a souligné Jean-Jacques Faucher, président de l'intercommunalité. « C’est un budget difficile mais qui se porte bien ». Grâce, notamment, à une bonne tenue de la fiscalité locale et à une progression assez nette de celle des entreprises. Nul besoin d'augmenter les impôts, donc. Les taux resteront les mêmes qu’en 2015 (lire ci-contre).

Un peu moins de subventions pour les associations
Néanmoins, certains devront consentir un léger effort. C'est le cas de l'Office de tourisme, de la Mission locale, de Brin de Ficelle, du centre d'animation de la vie sociale Déclic, de la ludothèque Prête-moi ton jouet, de l'Office de commerce, de la SPA et de l'École de musique. Pour ces structures, qui vont tout de même se partager la rondelette somme de 440.835 €, les subventions versées par la CCB vont en effet diminuer de 5%. « Ils avaient des ressources disponibles de façon à pouvoir étaler dans le temps l'effort qu'on leur demande », a souligné Jean-Jacques Faucher. « Il fallait faire des économies et on a baissé un certain nombre de lignes. Il s'agissait de maintenir une capacité d'autofinancement ».

----Les chiffres.
Budget principal : 10.441.628 € en fonctionnement, 2.134.550 € en investissement.
Budget des ateliers relais : 15.974 € en fonctionnement, 42.840 € en investissement.
Budget du camping de La Bageasse : 153.507 € en fonctionnement, 737.842 € en investissement.
Budget des abattoirs publics : 312.200 € en fonctionnement, 952.663 € en investissement.
Budget du centre aqualudique : 1.087.446 € en fonctionnement, 1.362.660 € en investissement.
Budget du cinéma Le Paris : 243.025 € en fonctionnement, 43.680 € en investissement.-----Les projets des communes toujours soutenus
Car si les investissements lourds sont terminés, la CCB a encore un peu de travail à faire - et un peu d'argent à débourser - pour garantir un cadre de vie optimal à ses habitants. Ainsi la Maison de la petite enfance va-t-elle être reconfigurée pour un montant de 149.384 €. Des travaux de voirie seront entrepris pour 353.000 €, et 156.147 € seront consacrés au petit patrimoine.
Et puis il y a les fonds de concours, car la CCB entend bien continuer à soutenir ses communes membres. D'ici 2019, elle prévoit d’engager 1.350.000 € pour la réalisation ou le fonctionnement d'un équipement. Pour 2016, le montant des aides versées s'élèvera à 353.669 € pour un montant de travaux de 1.339.516 €. Au programme, notamment, l'aménagement de salles périscolaires à Lamothe et Cohade, la réfection de la chaussée à Javaugues, l'isolation de la mairie et de la salle polyvalente à Saint-Géron, la construction d'une cantine et de locaux associatifs à Saint-Beauzire, des opérations de voirie à Fontannes, Paulhac et Lubilhac...
Sans oublier Saint-Just-près-Brioude, où la municipalité envisage de racheter le bâtiment qui abritait un commerce et d’en conserver le logement à l’étage. Encore au stade embryonnaire, le projet pourrait conduire la CCB à aménager le rez-de-chaussée pour qu’un nouveau commerce puisse s’y installer.

Des budgets annexes dans le rouge au terme de l'exercice 2015
Bref, même si « les années fastes sont derrière nous », selon Jean-Noël Lhéritier, la CCB va bien continuer à investir, certes de façon moins conséquente que les années précédentes. Preuve que, l'un dans l'autre, elle se porte plutôt bien.
Restent tout de même quelques ombres au tableau, car au terme de l’exercice 2015, quatre budgets annexes sont dans le rouge.
Celui des ateliers relais accuse ainsi un résultat négatif de 48.000 €. Rien de bien méchant, surtout sur un montant global de 15 millions. La crêperie et l’épicerie de Fontannes paient leur loyer et le déficit devrait se résorber dans les années à venir.
Pour le camping de la Bageasse, avec 91.000 € de déficit, « ça commence à devenir inquiétant », si l’on en croit Gaston Farget, maire de Saint-Laurent-Chabreuges, que Jean-Jacques Faucher a tenté de rassurer. « La situation perdure et on ne peut pas faire l’autruche », a-t-il concédé. « Mais elle ne pèse pas plus que ça sur la trésorerie de la CCB. Pour un retour à l'équilibre, il n'y a pas 36 solutions, il y en a deux : c’est soit l’emprunt soit un virement du budget principal. Il faut se donner des objectifs de financement sur 3 ou 4 ans, d'autant qu'actuellement les taux d'intérêts sont bas ».
Quant au budget annexe du centre aqualudique, déficitaire de 662.000 €, difficile de se faire une idée. L'Aquabulle n'est ouvert que depuis l'été dernier et 2016 sera sa première année pleine de fonctionnement, avec des charges moins importantes.

« Quand une société marche bien, elle paye ce qu'elle doit »
Reste le cas des abattoirs publics intercommunaux. Globalement déficitaire de 80.000 €, le budget annexe donne néanmoins « beaucoup de satisfaction ». Dixit Jean-Jacques Faucher. Parce que les recettes vont croissant et finiront bien par couvrir les dépenses d'investissement réalisées, d'autant que la redevance d'abattage perçue par la CCB va passer de 80 € à 82 € la tonne à compter du 1er mai. « L'établissement fonctionne bien, les volumes augmentent de façon importante, et le budget est largement excédentaire en fonctionnement », a insisté Jean-Jacques Faucher. « On ne l'aurait pas parié il y a 7 ou 8 ans ». Un enthousiasme que Gaston Farget n'a pas partagé. « Quand une société marche bien, elle paye ce qu'elle doit », a-t-il remarqué, faisant référence aux indemnités que les abattoirs n'ont pas versées au Syndicat de gestion des eaux du Brivadois pour l'année 2015. « Ils paieront en fonction de la pollution mais on n'est pas d'accord sur la manière de la mesurer », a indiqué Jean-Jacques Faucher. « On est tous déterminé à sortir de cette situation. C'est intolérable que ce ne soit pas réglé. Il faut qu'on en sorte ! ».

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