Un Ponot de 25 ans entre au gouvernement

jeu 26/06/2014 - 20:07 , Mise à jour le 26/11/2020 à 19:23

Un Ponot au gouvernement. Depuis le 5 juin dernier, Grégoire Potton, natif du Puy-en-Velay, est le Chef de cabinet de Thierry Mandon, nouveau Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, en charge de la réforme de l’État et de la simplification. A 25 ans, il serait le plus jeune à occuper ce poste au sein du gouvernement.

Un Ponot (très) ambitieux
« Je suis né et j’ai grandi au Puy. » À 18 ans, ce Ponot de souche entame des études de droit à Saint-Étienne avant de terminer ses études à Paris. Il enchaîne ensuite les stages et expériences professionnelles diverses, notamment à la Cour des comptes et en cabinet d’avocat. Pendant la campagne des primaires pour désigner le candidat de la gauche aux présidentielles, en 2011, il commence à s’investir au sein du Parti Socialiste, du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et dans différentes associations. L’année suivante, il devient l’un des responsables des jeunes socialistes à Paris. Il gravit un échelon supplémentaire en 2013 en devenant collaborateur parlementaire à l’Assemblée nationale, d’abord avec Émeric Bréhier, député de Seine-et-Marne, puis avec Thierry Mandon alors député de la neuvième circonscription de l'Essonne. En 2014, pour l'élection municipale du Puy-en-Velay, son nom figure également sur la liste « Le Puy en avant », menée par Laurent Johanny.

François Hollande au bout du fil
« Lors de l’important remaniement qui avait suivi les élections municipales, beaucoup pensaient que Thierry Mandon allait entrer au gouvernement. Lui n’y croyait pas trop. » Mais l'intuition des Socialistes était bonne : le 3 juin, à 16h32, le téléphone de Grégoire sonne. « C’est le secrétariat particulier de la présidence de la République qui n’arrivait pas à le joindre sur son portable. » Grégoire explique que le député n’est pas joignable car il est en commission des finances. La secrétaire insiste, lui explique que c'est important, et c'est là que le Ponot réalise que François Hollande attend de l'autre côté de la ligne. Devant l'urgence de la situation, Grégoire descend en commission des finances ; Thierry Mandon sort de la salle au même moment. « Je compose le numéro et lui tends le téléphone ; il échange avec François Hollande et apprend qu’il va être nommé le soir-même. » A 17h40, une alerte du journal Le Monde annonce que le député de l'Essonne, également porte-parole du groupe socialiste à l'Assemblée Nationale, entre au gouvernement. « C’est devenu un peu la folie. Les téléphones pro et perso se sont mis à sonner et vibrer sans discontinuer. »

« Un super intendant » également « conseiller politique »
Dans la foulée, Thierry Mandon annonce à Grégoire son souhait de le garder à ses côtés. « Je ne m’attendais pas à ce que ce soit comme chef de cabinet. » Le quotidien de ce Ponot de 25 ans change du tout au tout : « C’est un job assez prenant. Les horaires sont variables mais en gros c’est du 8h-22h en semaine, et on travaille souvent le week-end. » Un sacrifice qu'il embrasse, conscient que ce genre d'emploi « ne dure qu’un temps », à savoir le temps du mandat de l'homme pour qui il travaille . « On peut aussi décider de partir de soi-même car la politique n’est pas censée être un métier. De tels rythmes sont difficilement compatibles avec une vie de famille et peuvent être préjudiciables pour la santé. » Il se définit lui-même comme « un super intendant » mais aussi « un conseiller politique ». Sa fonction : gérer le budget du ministère, le recrutement des collaborateurs et du personnel, l’agenda du Ministre, la répartition du travail et l’articulation avec les autres ministères. « C’est très formateur. »

Un autre objectif : devenir avocat au Puy
Comme il sait que ça « ne dure qu'un temps », Grégoire Potton pense à son avenir post-gouvernement. « L’expérience en ministère est donc juste une parenthèse je pense. Mais c’est une expérience qui vaut la peine d’être vécue. » Son objectif premier : devenir avocat... au Puy. « Je continue d’avoir pour objectif de pratiquer au Puy. Pour cela, il va falloir que je repasse le concours d'avocat raté de peu l’an passé. » Le Puy-en-Velay, une ville qu'il ne semble pas prêt de lâcher : « Je conserve de fortes attaches. Cette année, je revenais tous les vendredis soirs et les week-ends pour jouer au foot [au FC Espaly, ndlr] et je vais continuer l’an prochain. »

A.L.

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